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jeudi 17 juin 2010

L'argentine vole

L’Argentine est en forme, c’est sur. Comme toujours ou presque elle est présente dès le début du tournoi. En plus, Messi est au sommet en équipe nationale. Enfin dises les critiques, mais pour un gamin (23 ans le 24 juin) son bilan de 47 sélections pour 13 buts est plus que correct. Et en ce début de Mondial, il ne brille pas directement mais fait briller les autres. Ces deux matches s’approchent de la perfection. Face à la Corée du Sud il a mis un désordre incessant et installé un danger permanent dans l’arrière garde coréenne. A ses cotés, Higuain a pris feu, légitimant la comparaison de Ronaldo entre les buts et le ketchup. Après un match terne devant le but face au Nigéria, il y est allé de son triplé. Le troisième joueur argentin a réalisé une pareille performance en Coupe du Monde a repris la main face à Milito. Ce dernier au rôle indispensable sur le banc puisque Maradona se tourne toujours vers lui, en premier, à chaque but inscrit par l’Argentine.
Pas encore qualifié mais proche du second tour tout de même, l’Albiceleste tient une partie de l’avenir du groupe B entre ses mains. Car seule une impasse argentine lors de la dernière journée laisse une chance crédible aux Grecs qui ont signé leur première victoire en Coupe du Monde face au Nigéria (2-1). Sinon la Corée aurait besoin d’un match nul face au Nigéria pour poursuivre. Des Nigérians qui sont toujours en course. Sa courte défaite face à l’Argentine pouvant être décisive si les trois équipes (Corée, Grèce et Nigéria) se trouvaient à égalité avec trois unités.

samedi 12 juin 2010

Deux favoris, deux tests, un doute


L'Angleterre et l'Argentine ont débuté leur Mondial de la même façon, par un but rapide. Mais l'Angleterre n'a pas tenu là où l'Argentine a maîtrisé.

Un début de Mondial sert, notamment, à tester le niveau de forme et le mental des favoris, à jauger les outsiders et à calculer les progrès des équipes du tiers-monde footballistique.
En ce 12 juin, l’Angleterre et l’Argentine étaient forcément scrutés, eux, deux des chouchous des bookmakers. Et en quelques minutes ils ont effacé tous les doutes apparents ou naissants. L’Angleterre d’abord, en quatre minutes, au terme d’une action collective conclue par le milieu « récupérateur » et capitaine Steven Gerrard. Mais une équipe peut-elle aller loin, déjà, et gagner, surtout, sans un gardien de but de haut niveau ? Si le débat vaut pour l’Argentin Romero, que dire de la formation de Capello. Trois portiers, aucun titulaire déclaré entre le vieillissant et raillé David James (39 ans, 50 sélections), l’inexpérimenté Joe Hart (3 sélections, 23 ans) et le contesté Robert Green (10 sélections, 30 ans). Finalement, c’est ce dernier qui a commencé et qui a fait la première « toile » de la compétition. Dempsey en profitant pour ajouter un 19e but à son bilan international. Alors, l’Angleterre était plus proche de gagner ce match. Mais son jeu parfois stéréotypé vers une caricature du jeu « à l’Anglaise » de l’ancien régime. Comprenez avant l’arrivée de Fabio Capello. Un régime peu victorieux. Et même sans trophée depuis 1966. Surprenant qu’Emile Heskey (1,88m) soit si souvent cherché dans les airs, même si sa titularisation prenait tout son sens par ce style de jeu. Et son remplacement par Peter Crouch (2,01 m) allait dans un sens analogue. Côté confirmation, le « soccer » Américain est dans un progrès constant. Une ascension signalée lors de la Coupe des Confédérations 2009 (finaliste devant le Brésil 2-3) en Afrique du Sud, déjà. Le deuxième billet, au pire, est dans leur corde.

Maradona en costume

Autre favori, l’Argentine. La qualification difficile, obtenue lors de la dernière journée de la zone Amsud, la centaine de joueurs appelée par Maradona, les compétences de ce dernier, les absences volontaires de Cambiasso ou Zanetti, le rendement insuffisant de Messi… Tout a été balayé en l’espace de six minutes, le temps pour que Heinze, d’une tête plongeante, ouvre la marque et ferme tout suspense. La faible réplique Nigériane n’étant pas suffisante pour faire tomber la veste à un Diego Maradona élégant dans son costume gris agrémenté d’une cravate assortie - pour ses filles il parait. Maradona et tout le show qui va avec, avant, pendant et après la rencontre. Le 4-3-3 ultra offensif annoncé était sur la pelouse, mais avec des allures de 4-2-3-1, l'Albiceleste a présenté des garanties offensives avec Messi libre de ses déplacements sur toute la largeur. En revanche, si Messi était en jambe, Higuain s’est montré maladroit, comme sous le maillot du Real Madrid lors des matches importants. N’oublions pas qu’il est né à Brest. Une excuse certainement par les temps qui courent. Seulement, avec Milito - dont c'était l'anniversaire - sur le banc, son statut d’attaquant de pointe titulaire pourrait être remis en cause rapidement. Derrière, les interrogations demeurent. Les Super Eagles étant trop timorés et donnaient parfois l’impression de se satisfaire de ce court revers. Après tout, la différence de but, premier critère en cas d’égalité au classement, n’est que peu dégradé. Et Kalu Uche, se rappela aux (mauvais) souvenirs des supporters Girondins par une reprise au dessus alors qu’il état seul à neuf mètres (83e).
Finalement, le premier essai pour l’Argentine pourrait se dérouler le 17 juin face à la Corée du Sud. Car le demi-finaliste de son mondial en 2002 a étrillé la Grèce. Un pays où tout va mal. Et ce n’est pas le football qui redonnera le moral à la population. Pour Georges Papandreou, il faudra plancher sur une autre stratégie pour que le plan de rigueur initié depuis plusieurs mois passe enfin dans l’opinion. En tout cas, que les Grecs sont faibles. La dernière place du groupe B leur est réservée de toute évidence. Au moins réussiront-ils à inscrire un but, le premier de l’histoire du pays en Coupe du Monde ? Pendant que la Grèce se fermait presque tout espoir de qualification, la République de Corée exhibait un visage davantage séduisant. La star mancuniene Park Ji-Sung y allant de son but (52e) après que le défenseur Lee Jung-So (7e) eut ouvert la voie pour donner à la Corée l’honorifique titre de premier vainqueur de cette coupe du Monde.

jeudi 10 septembre 2009

Aïe, Dieu perd pied


Depuis le 28 octobre, l'Argentine piétine. La bonne performance enregistrée au Vélodrome (0-2), face à la France, en février, n'est qu'un lointain souvenir. L'équipe dirigée par Maradona enchaîne les contre performance et risque de rater la prochaine Coupe du Monde.

Le grand coup de bluff tenté par la fédération Argentine est en train de tourner au fiasco. Diego Maradona, l’idole de tout un peuple, n’arrive pas à mener à bien sa mission, à la tête de la sélection. Avant même sa nomination en octobre 2008, les avis étaient divisés sur ce choix. Aucune expérience d’un côté, contre charisme suffisant de l’autre. Après une année, il semble que le charisme ne suffise pas, comme le passé. Un bon joueur, voir une légende vivante, n’a pas forcement les qualités d’un bon entraîneur ou d’un bon sélectionneur. En effet, il est peu probable que Zinedine Zidane soit très performant dans un tel costume.

Une erreur ?
Pour revenir au cas de Maradona, un problème est en train de se créer. L’image sulfureuse mais pleine de respect, voir d'idolâtrie que lui vouent ses compatriotes et même l’ensemble des passionnés de foot sur terre, est en train de se ternir. Pis, la jeune génération ne reçoit comme image que celle d’une ancienne gloire qu’ils ne connaissent pas ou peu, qui est incapable de gagner avec Messi, Tevez, Mascherano… Car le réservoir de joueur dont dispose Diego est assez impressionnant. Seulement, depuis un an il tâtonne. Aucun titulaire ne se dégage dans les cages, ni dans l'axe de la défense, ni ailleurs. Seuls quelques cadres semblent indéboulonnables. Demichelis dans l’axe, Zanetti à droite (recordmen de sélection Argentin, 132, ndlr), Heinze à gauche ou dans l’axe dernièrement. Mascherano, el jeffe, en capitaine avec Veron, et ses 34 ans, à ses côtés, suite au désistement de Riquelme, et Maxi à droite. Et devant le joyau Messi avec Aguëro ou Tevez ou Milito ou Lavezzi. Pour compléter l’équipe les profils se succèdent, Datalo, buteur face au Brésil, en ailier, Papa à gauche de la défense, Rodriguez dans l’axe, Gago à la récupération… Les pistes ne manquent pas. Avec deux titres olympiques successifs, l'Argentine a la quantité de jeunes talents. De fait, il en résulte un des problèmes des Argentins. L’équipe change à mesure que le schéma tactique se transforme, match après match ou même durant les rencontres. Le 4-4-2 qui recueille le plus souvent les préférences du staff ne semble pas une solution satisfaisante. Aucun style de jeu n'émerge. Les insomniaques ou passionnés de foot, ont pu s’en apercevoir, en l’espace de quatre jours. Devant le Brésil, le jeu présenté à domicile à Rosario, fut affligeant. À donner des regrets de ne pas être sortie faire la fête ou d'être dans son lit, entre 2h et 4h du matin, c'est selon. Une défaite (3-1) face à une équipe peu offensive et surtout, sans mettre réellement en danger César, le gardien de la selecao.



(résumé du match, Argentine - Brésil, 1-3)

Le but de Datolo, d’une frappe de l’extérieur de la surface en est le symbole (vidéo, voir ci dessus). L'exploit individuel semble la seule solution à ces maux. En effet, l’équipe ne sait pas bien défendre mais surtout, et c’est un comble vu l’armada, ne sait pas attaquer. Messi n’a pas son rayonnement catalan. Il est attaquant central en sélection et non pas ailier et surtout il n’est pas aussi bien entouré. Point d’Inesta ou Xavi à la distribution. Il tente des exploits individuels qui n’aboutissent pas. Pour le reste, il risque un torticolis à regarder les centres lui passer très largement au dessus.

En barrage ?
Pour ajouter un peu de grisaille au paysage, l’Argentine a pris l’habitude de composter les billets pour l’Afrique du Sud à ses adversaires. Après le Brésil, samedi, c’est le Paraguay qui s’est assuré une présence à une quatrième coupe du monde de rang. Une sélection qui a proposé un visage autrement plus lumineux que celui de son adversaire (voir la vidéo ci dessous).
Face à cette situation, Diego Maradona reste sobre et optimisme." Nous ne sommes pas encore éliminés du Mondial. Nous avons encore une bonne chance", a-t-il déclaré à Ascunsion. Je n’ai pas peur des critiques. Je n’ai peur de personne. Je fais mon travail, j’ai mon équipe et je vais aller de l’avant", a-t-il affirmé. " Depuis que j’ai 15 ans, je n’ai peur de personne. J’en ai 48 et je vais continuer à me battre contre eux ", a-t-il ajouté, en faisant référence aux journalistes.
De plus, il continue de protéger ses joueurs et notamment son successeur. " Ne jetez pas la pierre une nouvelle fois à Messi ", a-t-il encore déclaré pour défendre l’attaquant du FC Barcelone, une fois de plus transparent sous le maillot argentin. " Les joueurs paraguayens et Martino savaient qu’il était dangereux. Ils étaient trois ou quatre sur lui. Ils l’ont bien neutralisé et il n’a pas pu briller comme il sait le faire".
Malgré cet optimisme, l’Argentine est actuellement en position de barragiste. Une place qu’ils peuvent améliorer et récupérer la quatrième, synonyme de qualification directe, détenue par l’équateur, pour un point. Mais attention, ils n’ont qu’un point d’avance sur l’Uruguay et le Venezuela, et deux sur la Bolivie. Le déplacement en Uruguay, le 13 octobre en clôture des éliminatoires risque d’être explosif et surtout décisif, pour Maradona et pour toute une nation qui n’aimerait pas brûler leur pibe de oro.



Le résumé du match Paraguay - Argentine, du 9 septembre 2009.