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jeudi 10 juin 2010

L'argent, quel tabou !

En France, c’est bien connu, parler d’argent est tabou. Dès qu’un salaire ou une prime d’un artiste, d’un chef d’entreprise, d’un politique est révélé la polémique explose. Ainsi, Christine Boutin touche 9 500 euros par mois pour une mission sur la mondialisation. Un revenu qui s’ajoute notamment aux 6 000 euros de retraite en tant qu’ancienne parlementaire. Mais cette controverse n’égalera pas les remous causés par le sport. Et en premier lieu, le football. Et lorsque les politiques s’en mêlent, la polémique grandit. « Je n’aurais pas choisi cet hôtel » a déclaré le 6 juin Rama Yade au micro de Radio J. La secrétaire d’Etat aux sports ajoutant : « L'Espagne, par exemple, a choisi un campus universitaire (...) J'avais appelé les instances du football à la décence (…) En temps de crise, il faut y penser (...) Ce qui compte pour l'instant, c'est le résultat sportif des Bleus, que l'équipe montre son meilleur visage sur le plan sportif et qu'elle nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant de ses hôtels ». Alors que ni le contribuable ni la Fédération ne supporte le coût de la location du Puxula, mais la FIFA par une enveloppe déterminée avant l’épreuve. Même si la France est championne du Monde avec 590 euros par nuit et par joueur, devant le Japon (390 euros) alors que le Honduras est la plus économe (75 euros). Sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot, les joueurs en profitant pour reprendre de volée, la même qui sera en Afrique du Sud le 11 juin pour France-Uruguay et le lendemain pour France - Afrique du Sud de rugby et qui pourrait dormir dans l'indécente demeure tricolore entre les deux matches ! Pas à une contradiction près, elle était l’une des rares politiques à soutenir le maintien de la future ex niche fiscale du Droit à l’image Collectif (DIC), qui se termine à la fin du mois. Une mesure plus symbolique que nécessaire pour montrer qu’en temps de crise, nos chers millionnaires en shorts ne sont pas exempts à tout effort. La maxime, "quand un ministre n'est pas d'accord il démissionne" est souvent usitée en politique mais si peu appliquée. Et quand un ministre, voire un secrétaire d'Etat, est incompétent à tel point qu'il frise la bêtise, la démission ne serait-elle pas la bienvenue?

Polémiques à la chaîne

Sans oublier la prime de Domenech de qualification de 826 222 euros, la prime par joueur de 300 000 en cas de victoire en Afrique du Sud le 11 juillet, les sommes ahurissantes des transferts…
Seulement les entreprises et les diffuseurs payent les instances et les équipes pour soutenir ou diffuser les événements. Alors que faire de cet argent qui entre dans le milieu du football? Le plus juste est de le réinjecter, en partie, auprès des principaux acteurs des événements : Les joueurs et les entraîneurs. Alors certes, ils ont des revenus indécents. Comme un chanteur qui vend des albums et garnit les salles, comme un acteur qui remplit les salles de cinéma et qui vit, si souvent, en Suisse, quand le footballeur est en France ou dans un pays de l’Union Européenne à payer des impôts qui servent, par exemple, au plan de sauvetage de la Grèce, ou à la Politique Agricole Commune. Alors oui, l'argent ronge jusqu'à la moelle le football et doucement les autres sports, il rend les footballeurs froid, se coupe du public par paranoïa excessive -surtout en france - gonfle leurs ego, leur fait perdre toute notion de la réalité, mais il est là et ils travaillent pour offrir du rêve. D'où comme seule remède aux polémiques contre les Bleus, une victoire finale en Afrique du Sud...

Le collectif "Internet pour les Bleus" soutient l'Equipe de France avec son hymne "Sortez-vous les doigts du cul"

vendredi 6 novembre 2009

Y a comme un DIC

Le Droit à l'image collectif (DIC), qui permet d'exonérer jusqu'à 30% des revenus d'un joueur, pourrait disparaître dès le 31 décembre alors qu'il devait se poursuivre jusqu'en 2012. Une idée qui entraîne une rébellion du sport français.

"Inefficace, injuste et incontrôlable" a déclaré Roselyne Bachelot, mais de quoi parlait-elle ? De son plan contre la grippe A ? De son action au ministère de la santé et des sports ? Du rôle de Rama Yade au sécréterait des sports ? Bien que toutes ces réponses soient plausibles, elle visait le DIC (Droit à l’image collective). Cette fameuse niche fiscale instaurée par un gouvernement de droite en 2004 sur la proposition du ministre des sports de l’époque Jean-François Lamour, actuel député.
Seulement, depuis, le monde fait face à une grande instabilité économique. De fait, chaque euro est bon à prendre pour l’état et chaque mesure populaire est intéressante politiquement. Alors toucher aux multi millionnaires footballeurs (une poignée sont dans ce cas), quitte à oublier les salaires classiques du foot et surtout les autres sportifs, dont les salaires varient entre 1200 et 20 000 euros selon les disciplines, sur sept à dix ans. Le tout pour récupérer 30 millions d'euros. Sans surprise, 65% des français soutiennent cette suppression contre 27% qui y sont défavorables. Seuls les français intéressés par le sport (40% de la population) sont partagés avec 49% pour la suppression et 50% contre (sondage réalisé par le CSA pour l’Équipe).
Mais le gouvernement en soutenant l’amendement en provenance de Marc Le Fur (UMP) a mis le feu au sport français. Un sentiment de révolte renforcé par le vote positif de l’assemblée (91 voix pour, 22 contre) et des propositions du sénat. Ce dernier préconise, parle biais de deux commissions, le choix entre une entrée en vigueur au 30 juin 2010 (soutenue par le gouvernement), au lieu du 31 décembre 2009, ou une disparition progressive jusqu’à la date initialement prévue, en 2012.

Conséquences politiques
La mesure n’a pas seulement provoqué des tensions au sein du sport français. Rama Yade et Xavier Bertrand ont rejoint le point de vue des sportifs. La secrétaire d’état est même passée à deux doigts du licenciement pour avoir signalé que "le DIC a démontré son efficacité puisqu'il a permis de retenir ou de faire revenir certains joueurs professionnels en France". Nadine Morano, secrétaire d’état à la famille, allant même d’un « on se tait ou on démissionne. » Son prédécesseur et ami du président Bernard Laporte a d’ailleurs déclaré qu’il aurait démissionné s’il était toujours en fonction.
Mais la critique initiale de la ministre semble profondément "inefficace, injuste et incontrôlable". Car ses propos traduisent un manque cruel de connaissance du milieu sportif. Elle juge la compétitivité des clubs "pas renforcé", la semaine où Bordeaux et Lyon se qualifient, à deux journées de la fin de la phase de poule de la C1, pour les huitièmes de finale. Un timing plutôt désastreux. Surtout qu’elle avait déclaré à l’assemblée, quelques jours auparavant, que le DIC n’avait pas permis « de conserver les meilleurs joueurs de football. » Alors comment analyser les retours de Yoann Gourcuff, Gregory Coupet, Claude Makelele ou Ludovic Giuly, les arrivées de Lucho ou Lisandro, la conservation de Niang, Diarra ou Bastos ? Et dans les autres sports ? Car le DIC touche aussi le rugby, le handball et le basket-ball, un fait qui semble être oublié par les autorités. En rugby, Chabal, Dupuis et Michalak sont revenus en France, Wilkinson, Stein, Carter (reparti en Nouvelle-Zélande après 10 mois à Perpignan) ou Kelleher y sont venus. Et en handball, le meilleur joueur du monde en 2008, Nikola Karabatic est revenu dans son club formateur, Montpellier, grâce au dispositif.
Dans les faits, Lyon perdrait 6 millions d’euros par ans, Bordeaux 2,7 millions et Boulogne au bas de l’échelle, 0,4 million. En rugby, le Stade Français aurait une perte de 0,8 million. En basketball, le champion de France Villeurbanne perdrait 150 000 euros. Et en handball, le manque à gagner pour Montpellier serait de 280 000 euros. De quoi provoquer une grève dans le sport français? Une possibilité. En attendant, le rugby a déployé des banderoles avant chaque matches de la 12e journée du Top 14 "DIC supprimé, le rugby en danger."

Le sport en déclin ?
Jean-Louis Triaud, président des champions de France de football, a précisé "Je ne veux plus entendre un seul député dire que l’on est nul en coupe d’Europe." A moins que les autres nations n’imitent l’exemple français. En ce sens, en Espagne « la loi Beckham » - puisque l'anglais fut le premier cas d’envergure médiatique à en profiter, lors de sa signature au Real Madrid - qui fait tomber le taux d’imposition de 43% à 24% pour tout nouveau travailleur étranger. Or le parlement envisage de plafonner cette ristourne pour tout salarié touchant moins de 600 000 euros par ans, soit peu de footballeurs et surtout pas les Kaka, Ronaldo et Ibrahimovic qui les reçoivent au bas mot par mois. Mais quand l’Allemagne prévoit des baisses d’impôts et la Russie ou l’Ukraine, aux clubs progressant ou dominant les sports de salles, n’envisagent pas de telles mesures.
Alors, pour assurer un minimum d’égalité dans la société, il serait peut être temps de songer à regarder du côté des artistes, qui eux aussi bénéficient de certains avantages, quand ils ne sont pas carrément partis à l’étranger. Comme le feront dans les prochains mois les meilleurs sportifs exerçant jusqu'alors en hexagone.

lundi 14 septembre 2009

Place au jeu


La nouvelle secrétaire d'état aux sports accentue sa visibilité après un été à travailler les dossiers. Un travail insuffisant ou incomplet. Car si elle y met de la bonne volonté, les couacs s'enchaînent à mesure qu'elle se rend devant un micro ou une caméra. De quoi ressortir les anti sèches sur la paume de la main, comme dans "on n'est pas couché", lorsque qu'elle était aux droits de l'Homme ?

« Le football est un jeu. » Qui a bien pu prononcer cette phrase. Vous ne voyez pas ? Un petit indice alors. Cette personne à de hautes responsabilités dans la hiérarchie du sport en France, néanmoins elle n’est pas ministre des sports, un titre qu’elle revendique pourtant lorsque qu’elle se présente. Je pense que vous voyez un peu mieux. Le temps de réflexion est écoulé... Cette personne n’est autre que la secrétaire d’état au sport, Rama Yade.
De prime abord, cette petite phrase prononcée sur un plateau télé n’est pas choquante. Elle contient une part de vérité. Qui n’a pas tapé dans un ballon pour s’amuser ? D’ailleurs, on dit jouer au foot et non pas travailler au foot, même les professionnels jouent.
Seulement, alors que cette phrase venait dans une discussion autour de l’équipe de France, peut-on sciemment évoquer le football comme jeu, à ce degré d’importance. Car le football professionnel n’est pas un jeu, c’est même tout le contraire. Lorsque l’on regarde les sommes misent « en jeu », à chaque rencontre. Quand une victoire en match de poule de ligue des Champions rapporte 800 000 € contre la moitié en cas de défaite. Quand Marseille empoche 35 millions d’euros de droit T.V, pour la saison 2008-2009, contre moins d’un tiers pour La Havre.
Et le débat n’est pas qu’économique. Quand des incidents explosent dans une enceinte sportive, souvent footballistique, d’ailleurs quand des banderoles mettent le feu à la République, quand des larmes coulent sur les joues des supporters frustrés d’une défaite concédée après un déplacement de plusieurs centaines de kilomètres en bus, ou pis en stop.
Tous ces facteurs éloignent le football professionnel d’un joli monde de plaisir, de vanité, bref de jeu.
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Rama Yade : Raymond Domenech


Le problème dans le « cas Yade » est qu’il ne s’agit pas de son premier dérapage. Elle soutient publiquement le sélectionneur des bleus, oubliant son devoir de réserve (voir lien vidéo ci dessus). Elle s’en prend aux médias, les accusant de vouloir la perte de l’équipe de France de football du fait des polémiques qu’ils créent. Mais quand il s’agit d’une révélation touchant la classe politique, les journalistes sont-ils accusés publiquement de souhaiter la perte des personnes visées, quand les faits sont avérés. Rarement. Surtout que si Mme. Yade se déplace en Serbie, adresse un message de félicitation aux bleus après une victoire aux Iles Féroé, 1 à 0, fait le tour des médias (France, Canal+, BFM TV, Europe 1, RTL…) pour expliquer que le foot est un jeu mais qu’il serait bien d’obtenir l’organisation de l’Euro 2016, sans dévoiler la moindre esquisse de plan ou de budget. Un dossier qui semble au ralenti depuis le départ du si mauvais Bernard Laporte, accusé de ne pas être assez sérieux pour un poste si prestigieux. Seulement, Bernard Laporte n’oubliait pas les sports mineurs comme des championnats du monde de natation par exemple, au contraire d’une actuelle secrétaire d’état, alors que le déplacement était… à Rome.
Mais elle n'oublie pas tous les sports. En effet, elle envisage "un déplacement en Jamaïque pour étudier le phénomène", suite aux résultats de la nation aux championnats du Monde d'athlétisme. Et puis elle s'inquiète de ne pas voir "le Portugal de Ronaldinho (sic) à la coupe du Monde en Afrique du Sud" (Europe 1) et refuse de répondre à une question qu'elle trouve indigne, de la part de Jean-Jacques Bourdin (vidéo ci dessous): "Combien y' a t-il de jours sur un terrain de handball?" Une question au combien polémique.


quand Rama Yade ne joue pas le jeu (RMC-BFM TV)
envoyé par LePostfr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Mais la secrétaire d'état a des idées bien précises sur l'avenir du football, notamment concernant la vidéo. Un sujet sur lequel elle ne sait pas quelle décision prendre, alors que le pouvoir incombe uniquement au Board et à la Fifa. Même Michel Platini qu'elle cite en exemple n'a pas de pouvoir officiel (voir lien vidéo ci -dessous).

Rama <span class=Yade : la vidéo dans le football" src="http://img1.catalog.video.msn.com/Image.aspx?uuid=90502171-e4ae-4f1b-beed-6d033d1b7f2a&w=112&h=84" width=112 height=84>
Rama Yade : la vidéo dans le football

Le temps de son intronisation semble si proche (le 24 juin 2009). Mais si Owens qui aurait levé le point en protestation contre Hitler en 1936. Une entrée en matière sobre (vidéo ci-dessous).



Rama Yade, cette cruche, ce héros
envoyé par nationspresse. - L'info internationale vidéo.

Alors progressera t-elle ? Se révélera t-elle une femme de dossier ? La candidature à l'Euro 2016 de football ou encore l'ouverture du marché des paris, sont quelques uns des dossiers qui permettront de réellement juger le potentiel de la personnalité politique préférée des Français.
A suivre...