mardi 19 juin 2012

Qualifiée, c'est tout

Comme la Grèce, la France s'est qualifiée pour les quarts de finale avec seulement quatre points. Face à la Suède, elle a frôlé la catastrophe en perdant logiquement 2 à 0. Heureusement, l'Angleterre a battu l'Ukraine (1-0).
Zlatan Ibrahimovic devance Mexès et inscrit le plus beau but
de la phase de groupe de l'Euro 2012.
Quelques remerciements liminaires. Merci Andreï Shevchenko pour son deuxième but face à la Suède (2-1 pour l’Ukraine, le 11 juin). Merci Danny Welbeck pour son but face à cette même Suède (3-2 pour l’Angleterre, le 15 juin). Merci Wayne Rooney d’avoir éloigné les espoirs d’un succès ukrainien dès le début de la seconde période, ce mardi soir. Et merci M. Kassaï d’avoir refusé le but de Devic, lors de ce même match, alors que le ballon était bien entré (62e), anéantissant les derniers espoirs du pays coorganisateur de l’Euro de se hisser en quart de finale, alors qu’un succès par un but d’écart lui suffisait pour passer devant la France. De la part de toute l’équipe de France, merci. Vraiment. Sans eux, rien n’aurait été possible. L’Espagne serait une destination touristique pour quelques Bleus, un possible point de chute lors du mercato pour d’autres. Mais pas un adversaire à affronter samedi à Donetsk. Car ce sera l’Espagne, champion du monde et d’Europe en titre. Un moindre mal après un non match.
Le choix, les Tricolores l’avaient. Une victoire face à des Suédois déjà éliminés aurait suffit à se mesurer à l’Italie, dimanche à Kiev. Seulement, pour gagner, il faut le vouloir individuellement et collectivement. Or, du haut de leurs vingt-trois rencontres sans défaites, les Français ont abordé sans passion ni pression cette partie. Les Suédois ont rapidement pris le dessus physiquement.
Rassurant lors des deux premières sorties, Philippe Mexès s’est liquéfié. Fautif sur la frappe sur le poteau de Toivonen (10e), il était trop loin d’Ibrahimovic pour l’empêcher de réaliser un ciseau aussi magnifique que décisif (54e, 1-0). Il était aussi trop loin mais de son but (75 mètres) à la 68e, pour charger Toivinen et ainsi prendre un carton jaune le privant du quart de finale. Son ami et compère de l’axe défensif, Adil Rami, sera donc épaulé par Koscielny dans quatre jours. Un bien peut-être tant la paire Rami-Mexès souffre. Mais la doublette Koscielny-Rami n’a que 108 minutes de vécu en commun (90 minutes contre les USA le 11 novembre 2011, 1-0 et 18 minutes contre la Serbie le 28 mai 2012, 2-0). Avant de penser à leurs faibles automatismes pour réguler Torres, Iniesta, Silva ou Fabregas, revenons à Toivonen, Larsson et Ibrahimovic. Ils ont constamment mis en difficulté la défense française. Et encore, Lloris a repoussé l’échéance tant qu’il a pu avec des arrêts de classe.

Lloris, le seul au niveau
Le capitaine a été le seul au niveau d’un match international. Ribéry a bien commencé, inquiétant même Isaksson (8e), avant de disparaître. Le reste ? Nasri, en meneur de jeu, porte encore et encore et encore le ballon. Comme Hatem Ben Arfa, préféré à Menez à droite. Au point que la France a détenu la possession du ballon pendant 56%. Dont la majeure partie à enchaîner les dribles et les passes sans avancer. Leur compère de la fameuse génération 1987, Karim Benzema, a beaucoup bougé, décroché mais si peu pesé, encore une fois, là où il est attendu, devant le but. Même Giroud s’y est davantage montré en plaçant sa tête sur son premier ballon (83e).
Le pire était encore à venir. Alors qu’une défaite par un but d’écart qualifiait dans tous les cas de figure les hommes de Laurent Blanc, Larsson était le plus réactif dans la surface pour reprendre un ballon ayant rebondi sur la transversale de Lloris après une frappe de Holmen (90e+1, 2-0). Heureusement, l’Angleterre n’a pas perdu d’un but face à l’Ukraine. Et heureusement, la Suède n’avait pas réussi à obtenir un seul petit point avant ce match. Sinon, les Bleus auraient retrouvé leurs femmes ou leurs compagnes le soir à l’hôtel pour faire leurs valises et planifier leurs vacances. Là, l’essentiel est ailleurs. Ils vont aborder un match à élimination directe sans pression, ni attentes excessives. Alors, comme l’a signalé Ben Arfa : « on va profiter de nos femmes ce soir et penser à l’Espagne à partir de demain. » Et espérer conclure, même sur un malentendu. Samedi soir, bien sûr.

vendredi 15 juin 2012

Ça s’arrose !

L’équipe de France a logiquement dominé l’un des pays hôtes de la compétition ce vendredi soir grâce à des buts de Ménez et Cabaye.
Yohan Cabaye (à gauche, félicité par son ancien coéquipier
à Lille, Mathieu Debuchy) a inscrit son premier but en bleu.
Ce Ukraine - France a déjà marqué l’histoire de l’Euro 2012. Parce que la cinquième minute de jeu a commencé à 18h04 et s’est terminée à 19h02. Cinquante huit minutes à regarder la pluie tomber et surtout l’orage s’éloigner. Face au déluge vertical et aux éclairs de plus en plus violents, l’arbitre, M. Kuipers, a préféré renvoyer les vingt-deux acteurs à l’abri et les spectateurs s’abriter.
Laurent Blanc avait laissé planer le mystère, ne fermant aucune porte. Reconduire les onze joueurs alignés d’entrée contre l’Angleterre (1-1) ou apporter des modifications. Lors du dernier entraînement, à huis-clos, il avait testé Ménez à droite, Martin en milieu relayeur et M’vila en sentinelle. Seul le premier essai a été transformé.
Car le sélectionneur a changé, un peu. Deux changements de joueurs concernant trois postes. Ménez et Clichy entrants et Nasri revenant dans l’axe. Les deux victimes furent Evra et Malouda. Peut-être à cause de leur prestation quatre jours plus tôt, discrète au mieux. Décisive même pour Évra, auteur d’une faute inutile amenant le but de Lescott. Or, le côté droit ukrainien avec Gusev et Yarmolenko était considéré comme le point fort de l’équipe locale. Peut-être juste pour les préserver. À respectivement 31 et 32 ans, Evra et Malouda sont les deux joueurs les plus âgés du groupe et dans une compétition où les rencontres s’enchaînent tous les quatre jours, parfois à plus de 30°C, la fraîcheur physique compte. Or, le dernier match face à la Suède sera décisif pour la qualification, qu’importe le résultat de ce second match. 


Les droitiers marquent du gauche
L’entame des Bleus était particulièrement attendue. Timorés face aux Anglais durant vingt minutes au point d’être menés, ils ont réussi la première et surtout la seconde, après l’orage. Avec un duo Ribéry - Ménez à l’œuvre dans des rôles définis. Le premier à la passe, le second à la frappe. Ménez pensant même ouvrir la marque, en partant avec un bon mètre d’avance sur la défense lorsqu’il fut servi par Ribéry (17e). Pas de hors-jeu forcément, quand le Munichois trouva en retrait le Parisien qui tira au-dessus (26e). Ni sur ce service à ras de terre repris par Ménez et repoussé par Piatov (29e). Le gardien ukrainien également auteur d’un arrêt sublime sur une tête de Mexès (39e). Après ses trois échecs, Ménez frôla l’expulsion pour une faute sur Shevchenko annihilant un contre (40e) et un pied appuyé sur la jambe de Selin (44e). Seule la première intervention lui valut un avertissement.
Heureusement pour la France. D’autant que l’entame de la seconde période fut aussi réussie dans les intentions. Et Ménez, lancé par le discret Nasri, buta encore sur le gardien (49e). De quoi se résigner ? Au contraire. Ribéry accéléra encore et Benzema trouva Ménez sur la droite. La cinquième fut la bonne pour le Français qui effaça Selin avant de revenir vers l’axe et de tirer du gauche (1-0, 53e).
Privé d’occasion franche et régulièrement sur les côtés ou à la hauteur des milieux, Benzema se mua en passeur de la soirée. Il lança en profondeur Cabaye. Le milieu ouvrit son compteur but chez les Bleus d’une frappe du gauche (56e). Il fut proche du doublé en fracassant le poteau droit (65e) avant de sortir pour regarder ses partenaires gérer leur avance. Sans forcer, ni être trop inquiété.


Premier succès à l’Euro depuis le 21 juin 2004
Alors, oui, les Tricolores méritent ce succès. La marge est même minimale. Seulement, supérieurs dans le jeu face à des Ukrainiens émoussés après leur grosse performance contre la Suède (2-1), les Bleus se sont fait peur défensivement avec des mésententes, une fébrilité constante à l’image d’un mauvais alignement permettant à Shevchenko de s’échapper sur le côté gauche, de frapper et de trouver Lloris (34e). Le capitaine ukrainien, après avoir effacé Rami, vit aussi le ballon effleurer la lucarne gauche française (50e). Un accrochage avec Rami, encore lui, aurait pu donner un penalty à Sheva (52e). À côté d'un Rami encore inquiétant, Mexès, à part une passe en retrait délicate pour Lloris (2e), a une nouvelle fois rassuré. Comme Clichy, propre dans son positionnement défensif et n'hésitant pas à apporter son écho offensif.
Bref, pas de quoi remettre en questions le vingt-troisième match sans défaite de cette équipe. La première victoire après quatre défaites et trois nuls en phase finale, Euro et Mondial confondus. Pour le seul Euro, il s’agit du premier succès depuis Suisse-France, le 21 juin 2004.
Et puis, ce Ukraine-France a marqué l'histoire de l’Équipe de France. Après quatre nuls et six défaites, elle s’est enfin imposée en phase finale de l’Euro sans Platini ou Zidane sur le terrain. Reste à savoir si le numéro dix actuel, Karim Benzema, rejoindra ses illustres compatriotes au palmarès de la compétition. Lui et ses camarades en sont à quatre parties. Et la première contre la Suède, dès mardi, conditionnera la possible suite. Une défaite par un but d'écart suffira à entrevoir les quarts de finale.

dimanche 25 mars 2012

Paris perd la tête

Au terme d'un match quelconque, Paris a seulement réussi à sauver un point face à Bordeaux (1-1) mais laisse Montpellier reprendre la première place du Championnat, à la différence de buts.
Maurice-Belay, par ses accélérations, a posé des problèmes aux Parisiens, ici Sissoko.
Le grand gagnant de ce Paris - Bordeaux était devant sa télévision et il est possible qu'il se soit ennuyé devant le peu de spectacle proposé par les deux formations au Parc des Princes. Mais il a apprécié le résultat, même si de la 77e à la 81e minute il était encore plus intéressant pour lui. Il s'agit de Montpellier, bien sûr, qui retrouve la tête de la Ligue 1 après l’avoir laissée trois journées au PSG. Avec vingt-sept points encore à prendre et seulement trois buts d’écart au goal-average (+26 pour le MHSC, +23 pour le PSG), la lutte pour le titre promet d’être intense et indécise lors des prochaines semaines. 
À condition que Paris se reprenne, alors qu’il vient de clore une semaine à trois matches sans en gagner un (deux nuls en L1 entrecoupés d'une élimination en Coupe de France par Lyon, 1-3). Ce dimanche soir, Paris a seulement réussi à répondre, encore une fois. Répondre à la domination bordelaise en première période en réorganisant son milieu de terrain à la mi-temps. En 4-2-3-1 version Kombouaré, le PSG a subi face à Nguemo, parfait récupérateur et rampe de lancement devant la défense, alors que Plasil et Obraniak harcelaient bien Motta et Sissoko, coupant l’équipe parisienne en deux blocs. Il faut dire que les solistes Ménez et Nene et le très effacé Pastore n'ont pas aidé à donner de la cohésion au jeu de leur équipe. L’entrée de Matuidi à la place de Ménez (touché au genou) après la pause eut le mérite de rééquilibrer la formation parisienne, alors organisée en 4-3-2-1, mais pas de la rendre plus spectaculaire, à part lors des quatre premières minutes du second acte où Sissoko fit briller Carrasso (48e). Car les Parisiens n’ont presque jamais réussi à contourner le bloc girondin, appliqué et solidaire. Francis Gillot avait une nouvelle fois opté pour un schéma tactique en 3-5-2, avec le retour d’Henrique à droite de la défense et la titularisation de Diabaté pour remplacer Gouffran, blessé à la cheville, devant. Et comme ces dernières semaines, Bordeaux s’est montré aussi convaincant à l’extérieur (une défaite en 2012) pour bien défendre, contrer et aérer le jeu via Trémoulinas, très en vue en première période, qu’il est décevant à domicile pour dominer et construire. 

Hoarau, l'homme en forme

Surtout, les Parisiens ont répondu à l’ouverture du score des Girondins. Déjà, Plasil toucha la transversale avec une belle frappe enroulée (70e). Puis, Obraniak mena un contre et lança Maurice-Belay, très remuant dimanche, qui devança la sortie de Sirigu pour servir Diabaté, seul à ses côtés, et buteur d’un plat du pied alors qu’il fut fantomatique jusque-là. Paris enflamma alors la partie quelques minutes et Bordeaux se trouva aculé devant sa surface. Un service lumineux de Bodmer pour Hoarau et une main pas suffisamment ferme de Carrasso sur la frappe du gauche suffirent pour que l’avant-centre inscrive son cinquième but en six journées de Championnat (81e). Son cinquième but cette saison, tout court. C’était aussi le dix-neuvième but du PSG dans le dernier quart d’heure, un record en L1. 
Ensuite, les Parisiens n'avaient ni les ressources ni l'orgueil pour arracher un dix-huitième succès cette saison face à leur deuxième bête noire historique au Parc derrière Monaco avec moins de 45% de victoires en 38 matches. D’ailleurs, Diabaté eut la balle pour inscrire son deuxième doublé en L1 (après Toulouse 2-3, le 17 septembre 2011) mais Sirigu s’interposa (83e). Quant à Ben Khalfallah, juste entré, il fut un peu court et un peu déséquilibré par Tiéné (90e) pour reprendre un centre de Plasil. 
Alors, Bordeaux se contenta de ce point, le dix-huitième sur la phase retour (quatrième bilan) qui lui permet de rester devant Marseille au classement. Mais une nouvelle fois, il ne parvient pas à se rapprocher des places européennes. Il est désormais à neuf points de Toulouse, actuel quatrième et donc dernier européen. Un gouffre, lorsque l'on vient de prendre cinq unités en quatre parties.
Temps fort
25: Ménez, côté gauche, centre au second poteau. Hoarau est trop court mais Jallet, dans son dos, récupère le ballon et, sans contrôle, cherche Nene devant le but qui ne peut ajuster sa reprise, gêné par le retour de Henrique.
29: coup franc en faveur du PSG. Nene dépose le ballon sur la tête d'Alex, oublié par Diabaté. Mais le coup de tête du Brésilien passe à côté du poteau droit de Carrasso.
30: actif offensivement, Trémoulinas déborde côté gauche et centre en retrait à ras de terre pour Plasil qui reprend en première intention du gauche. Sirigu se couche et parvient bloquer le ballon.
Mi-temps : 0-0
46: centre de Tiéné, dégagé de la tête par Ciani sur Pastore dont la reprise passe au-dessus.
49: frappe de Sissoko détournée en corner par Carrasso. Nene le frappe vers Sakho dont la reprise de la tête s’envole.
66: coup-franc de Nene que Carrasso capte sans problème.
70: déboulé de Maurice-Belay côté droit. Le Bordelais, dans la surface, préfère centrer en retrait. Diabaté est trop court mais pas Plasil qui contrôle et frappe du droit. La balle s’écrase sur la transversale de Sirigu, battu.
77: Obraniak lance Maurice-Belay dans le dos de la défense parisienne mal alignée. L'ancien Sochalien devance la sortie de Sirigu avant de servir Diabaté qui marque d'un plat du pied dans le but vide. 0-1
81 : Thiago Motta sert Bodmer à l'entrée de la surface. L'ancien Lillois, d'une talonnade inspirée, prolonge dans son dos pour Hoarau dans la surface qui marque d'une frappe sèche du gauche. Carrasso détourne le ballon dans sa lucarne. 1-1
83 : parade de Sirigu sur une frappe tendue de Diabaté depuis un angle fermé, à droite.
Fin : 1-1

jeudi 26 janvier 2012

Le Real séduit, le Barça se qualifie

Mené 2-0 à la mi-temps, le Real Madrid a fait trembler Barcelone au Camp Nou, ce mercredi soir. Mais les Catalans ont sauvé leur billet pour les demi-finales de la coupe du roi.
Mercredi 25 janvier, Barcelone (Camp Nou) - Alexis, Cesc, Pedro, Piqué, Puyol, Busquets et Xavi peuvent exulter,
ils sont en demi-finales de la Coupe du Roi. Mais ils ont souffert pour éliminer le Real Madrid.

Ce qui est bien avec un clasico, c’est que malgré son caractère de plus en plus récurrent, on n’est jamais déçus. Encore une fois ce mercredi soir, pour le numéro cinq de la saison, il y a tout eu. Comme à l’aller, Ronaldo a marqué et Messi, encore discret, a accéléré pour donner un but décisif. Comme souvent, les cartons jaunes se sont succédés, malgré la tempérance pour les deux camps de M. Fernando Teixeira et le Real n’a pas terminé à onze. Ç’aurait dû être Diarra avant la mi-temps, ce fut Sergio Ramos en fin de match pour un léger coup de coude sur Busquets.
Contrairement à l’aller, en revanche, et pour la première fois depuis des années, le Real a proposé un jeu plaisant et offensif face aux Catalans. Pour son vingtième match face à Barcelone, Mourinho a peut-être trouvé une piste à explorer pour les prochains clasicos, s’il y en a plus qu’un, puisque des médias espagnols annoncent le départ du "special one" à la fin de la saison.
Tous les regards étaient tournés vers Pepe avant le match. Apte ? Blessé ? Titulaire ? Remplaçant ? Mourinho l’avait soutenu publiquement après son geste insensé sur la main de Messi. Il a même décidé de le titulariser. Mais Pepe (qui a encore simulé avoir reçu un coup de coude à la 35e sur un corner) était en défense centrale, à côté de Sergio Ramos. Car pour se qualifier, le Real devait obligatoirement marquer plusieurs fois (1-2 à l'aller). Alors, Kaka, Ozil, Ronaldo étaient placés en soutien de Higuain. Une ambition offensive au coup d'envoi plus affichée depuis la "manita" du 29 novembre 2010. Même si Benzema était sacrifié, Mourinho a présenté un 4-2-3-1 plus conforme au Real habituel. Celui qui domine la Liga avec cinq longueurs d’avance sur les Catalans. Des Barcelonais avec la même équipe qu’à l’aller, soit la meilleure du moment, avec Pinto dans le but, comme d’habitude en Coupe du Roi.

Le Barça s'envole en quatre minutes
Un Real offensif, donc. Et entreprenant. Dès les premières secondes, Higuain ne profita pas d’une mésentente entre Alves et Pique et Ronaldo trouva à plusieurs reprises Pinto sur sa route. En fait, Kaka et Ozil orchestraient bien le jeu de Merengues plus présents, alors que le Barça, fébrile, tenta même de jouer en contre, en lançant en profondeur Alexis. Le Real aurait mérité d’ouvrir le score lors des trente premières minutes. Ozil, d’une frappe sèche de 25 mètres, trouva la transversale (23e) et Higuain (28e) buta sur un Pinto, qui trop sûr de sa technique lui passa la balle en voulant relancer sa formation. La soirée s’aggrava même pour les Barcelonais avec la sortie sur blessure d’Andrès Iniesta (au biceps fémoral de la cuisse droite à la 31e, remplacé par Pedro qui revenait tout juste de blessure). Ce qui coïncida avec le réveil des Blaugranas, enfin capables d’enchaîner des passes en petit périmètre. Sans être trop dangereux, jusqu’à un nouvel éclair de Messi. Le triple ballon d’or accéléra, provoqua toute la défense madrilène aspirée par le joyau argentin. Il servit Pedro seul à sa gauche. L'ailier trompa Casillas (43e). Messi omniprésent à la fin de la première période. Il tacla Pepe à retardement et prit un carton jaune. Il accéléra et se fit faucher par Lassana Diarra, qui ne prit pas un second carton jaune. Mais le Français contra le coup franc et l’envoya vers Alves, dont la reprise d’une pureté géniale, termina dans la lucarne droite de Casillas (2-0, 45e+2).
Deux tirs cadrés, deux buts. Forcément cruel pour le Real, obligé de remporter la seconde période 3-0 pour se qualifier. Encore plus cruel lorsque l’arbitre annula le but de Ramos, coupable d’avoir un peu tiré Alves par le bras (51e). Toujours plus cruel quand le Barça se mit à monopoliser la balle latéralement et sous les chants des 95 486 spectateurs du Camp Nou.

Le Real revient en trois minutes
Alors Mourinho tenta le tout pour le tout avec les entrées de Granero, Callejon et Benzema aux places de Diarra, Kaka et Higuain, pendant que Barcelone retombait dans un faux rythme un peu trop récurrent cette saison. Le Real en profita. Parfois effacé lors des grands matchs mais très bon ce mercredi, Ozil servit Ronado dans le dos de la défense. Le Portugais effaça Pinto pour réduire l’écart (2-1, 68e). Une lueur d’espoir transformée en illumination lorsque Benzema passa Puyol d’un sombrero et égalisa (2-2, 71e). À cet instant, le Real Madrid était à un but de la qualification et même à quelques centimètres lorsque l’avant-centre français fut repris de justesse par Puyol avant de pouvoir armer devant Pinto (75e).
Sentant son équipe vaciller, Guardiola, contrairement à sa philosophie, sortit un attaquant (Alexis) pour faire entrer un défenseur (Mascherano). Et l’arbitre, diplomate en oubliant des cartons et même des penalties tout le match, finit par expulser Sergio Ramos, embrasant un peu plus des dernières minutes déjà bouillantes.
Méritants ce mercredi, les Madrilènes ont abandonné le seul trophée conquis la saison passée mais ont certainement éteint l’incendie qui s’était déclenché la semaine dernière. Et puis le Real n’a pas tout perdu. En obtenant un score de parité, il a maintenu un bilan équitable avec son meilleur ennemi (86 victoires chacun, 46 nuls). Alors, rendez-vous le 22 avril, même lieu…

mardi 6 décembre 2011

Après la L1, Al-Jazira s'offre la C1

Al-Jazira a acheté presque l'intégralité de la Ligue des Champions pour la période 2012-2015, privant Canal+ d'un produit phare.
Contre un chèque annuel de 61 millions d’euros, le groupe Al-Jazira a acheté les droits de 133 des 145 matches des éditions 2012-2013 à 2014-2015 de la Ligue des Champions (1). Des rencontres assorties de magazines. Soit l’offre actuellement proposée par le groupe Canal+.
Justement, les plus optimistes diront que Canal + va économiser 31 millions d’euros lors des trois prochaines années et ainsi abaisser le coût de sa grille. Une opération déjà entamée avec la Ligue 1 (420 millions de 2012 à 2016 contre 465 millions actuellement), ou alors développer son pôle cinéma et série. Les plus pessimistes répondront que cette économie devrait être attribuée à combler la perte d’abonnés qui risque de découler de la privation de la plus grande compétition continentale de football. Avec cette somme, Canal peut supporter un déficit de 600 000 abonnés environ. Même si le fait de conserver deux matches de Ligue 1 par journée, dont l’affiche du dimanche soir, devrait retenir les amoureux du ballon rond, dans un premier temps.
Car les Qataris ne devraient pas s’arrêter à la C1. Ils lorgnent avec gourmandise sur la quasi totalité du catalogue de droits de la chaîne cryptée. D’ailleurs, la Liga et le Calcio sont en vente pour la saison prochaine. Il apparaît plus que plausible que Canal+ diffuse l’un de ses derniers clasicos ce samedi (22h) tant Al-Jazira est intéressé par ce produit, acheté 6,5 millions d'euros. L’Europa Ligue, aussi diffusée par le groupe Canal, à l’exception du meilleur match (groupe M6) suscite également l’intérêt de la future chaîne dirigée par Charles Biétry. Et la Premier League sera en vente dans un an (Canal dispose de l’intégralité des droits pour plus de 15 millions). Et puis il y a l’Euro 2012 de football qui pourrait échoir en partie à Al-Jazira, certainement aux côtés de TF1.
Bref, c’est une razzia qu’espère opérer le groupe qatarien sur les droits du football, voire du sport puisque la chaîne sera omnisports. Ainsi, les masters de tennis, actuellement détenus par Orange Sport pourraient également atterrir dans l’escarcelle du groupe présidé par Nasser Al-Khelaïfi. Autant de compétitions pourvoyeuses d’abonnements.

Canal+ pillé?
En fait, Al-Jazira est en train de distordre ou de relancer la concurrence sur le sol français, touché par la crise et les échecs successifs de TPS et Orange, laissant jusque-là Canal dans une position de quasi-monopole. L’erreur de Canal+ se situe peut-être là, justement. A trop signaler qu’il allait baisser sa contribution au football français, le groupe préside par Bertrand Meheut a mis la Ligue de Football Professionnel en alerte, obligée de chercher une solution miracle, face au retrait d’Orange. Alors le président de la LFP, Frédéric Thiriez, a quémandé aux Etats-Unis, en Angleterre, à l’Élysée, puis finalement dans le Golfe.
Il a trouvé, dans la foulée du projet de reprise du PSG, le miracle que beaucoup n’imaginaient plus. Mais Nasser Al-Khelaïfi, aux moyens aussi illimités en télévision que sur le marché des transferts, doit encore peaufiner son arrivée sur le marché de la télévision française. Il a nommé Charles Biétry, ancien directeur des sports de Canal+ de 1984 à 1998, à la direction de la future chaîne sportive, qui devrait être baptisée « avec un nom occidental » selon Biétry, d’ici la fin de l’année.
D’ailleurs, les Qataris envisagent de lancer un bouquet complet, s’attaquant donc au cinéma, l’autre source d’abonnements du groupe Canal. Néanmoins, actuellement, Al-Jazira n’a pas de source de diffusion. La reprise d’Orange Sport devient de plus en plus improbable, Stéphane Richard, le président d’Orange, se montrant réticent. Il y a aussi l’option Eurosport, détenue par TF1, compliquée juridiquement à cause de la présence de la chaine sportive sur la TNT payante. Les pistes Ma Chaîne Sport (Numéricable) voire CFoot (LFP) sont encore plus floues. Si la future chaîne devait démarrer de zéro, elle devrait rapidement trouver des accords avec les fournisseurs d’accès internet pour être diffusée dès mai ou juillet 2012. Quant à la télévision par satellite, le monopole de CanalSat rend improbable l’installation d’Al-Jazira sur le bouquet, à moins que Canal ne prenne un risque supplémentaire pour gonfler son parc d’abonnés sur cette offre.
Il reste donc de nombreuses zones d’ombres autour du projet de télévision mené par les Qataris. Un peu comme sur l’avenir de Canal + qui risque de s’assombrir dans les mois à venir s'il ne trouve pas une parade.  

(1) La meilleure affiche de chaque journée, dont la finale, reste à acquérir. Les chaînes en clair sont privilégiées. TF1 (25M par an actuellement) est favori. A moins que le groupe Canal, via sa future acquisition Direct 8 ou directement via Canal+, ne se positionne.

mardi 22 novembre 2011

Lyon au bord du précipice

En concédant un nul 0-0 contre l'Ajax d'Amsterdam, Lyon a presque dit adieu aux huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Il faudra un miracle le 7 décembre.
Les huitièmes de finale de la C1 se sont éloignés
 pour Yoann Gourcuff et les Lyonnais. 
Comme à l’aller, Lyon et l’Ajax n’ont pas su se départager, ni même prendre à défaut la défense adverse. Du coup, 0-0 + 0-0 = la tête dans la le sceau. Et dans la calculette. Pour un total lui aussi proche du néant. Oui le total de chances d’entendre la célèbre musique en février à Gerland est presque nul à l’issue de cette cinquième journée. Mais l’espoir subsiste, malgré tout. Alors, il faudra marquer encore et encore en Croatie le 7 décembre. Cela tombe bien puisque les Gones n'ont su le faire que contre le Dinamo Zagreb dans cette phase de groupes. 
Seulement, contrairement à Lille pour qui un succès même 1-0 serait suffisant contre Trabzonspor, ce sera sans certitudes. Ni du nombre, ni de la nécessité. Car Lyon, pour se qualifier en huitièmes de finale pour la neuvième fois de rang doit remonter trois points et sept buts. Soit l’écart entre sa différence de buts (-4) et celle de l’Ajax d’Amsterdam (+3). Et encore, les Néerlandais ont inscrit six buts contre deux pour Lyon (30e attaque de la compétition). Et comme la meilleure attaque et le critère départageant les formations à égalité aux confrontations directes et au goal average, c’est peut-être même huit buts qu’il faudra effacer. Avec l’aide indispensable du Real Madrid qui se rendra à Amsterdam pour la dernière journée. 

Symbole du déclin?
Un Real étrillant tout le monde, restant sur douze victoires. Ce mardi, ce fut au tour du Dinamo Zagreb (6-2) avec une équipe très remaniée puisque Varane et Diarra étaient titulaires en défense et que devant Higuain et Benzema étaienr associés, ce qui est rare. Ronaldo et Casillas étaient remplaçants et malheureusement pour les Lyonnais, ils devraient également être préservés, comme beaucoup d’autres, le 7 décembre, pour un match sans enjeu puisque le Real a déjà validé la première place. Mourinho a évoqué « le respect » à propos de ce futur match. Oui mais à trois jours du Clasico à Bernabeu, l’ordre des priorités sera vire fait. Lyon devra donc compter sur son ancien joyau, Karim Benzema, pour marquer ou motiver ses camarades à le faire.
D’ailleurs, pour rester sur le sujet merengue, au moment de faire le bilan de cette campagne européenne, les Lyonnais pourront regretter d’avoir affronté les Espagnols au cœur du calendrier, quand ils n’étaient pas encore qualifiés et donc affamés. Mais depuis huit ans, Lyon a toujours su contourner ou profiter du calendrier. Pas cette saison. Comme le symbole d’une équipe sur le déclin, qui pourrait encore s’alléger cet hiver de Källström, Cissokho ou Gourcuff pour résorber un déficit sans fin. En attendant Bastos, Lovren ou Lisandro l’été prochain. D’une équipe qui reste sur quatre matches sans victoire. D’une équipe qui n’a battu « que » Saint-Etienne, à deux reprises en quatre jours, depuis cinq semaines (1-2 en Coupe de la Ligue; 2-0 en Championnat).

Des regrets en fin de match
Alors certes, les Gones auraient pu arracher la victoire ce mardi soir. Ils ont terminé très fort, c’est certain. Ils ont tout donné, enflammé Gerland, mais trop tardivement. Que ce soit Lisandro (9e), Bastos (81e) ou Lacazette (90e), ils trouvèrent un excellent Vermer qui avait portant pris huit buts en deux rencontres avant de venir à Gerland. Enoh déséquilibra aussi Ederson dans la surface (89e) alors que Gourcuff manqua le cadre dans la continuité. Néanmoins, dans l’ensemble, l’OL a montré trop d’insuffisance, trop peu de maîtrise technique et collective pour emballer ce match et la qualification qui aurait été certainement avec. 
Les Néerlandais, dans leur 4-3-3 classique, ont su monopoliser la balle, sans être particulièrement dangereux si ce n'est au début du second acte par Sulejmani (51e, 66e). Normal pour une équipe restant sur trois victoires en treize rencontres, dont la double confrontation contre le Dinamo (0-2, 4-0).
Lyon a trop souffert à la récupération. Gourcuff, comme contre Rennes vendredi (1-2), était devant la défense, à côté de Källström. Et comme contre leur ancien club, leur association en l’absence de Gonalons a été insuffisante même si le Suédois a livré un gros travail. Parce que l’on ne voyage pas en Europe sans un pur milieu défensif, ou alors contre des formations largement inférieures. L’Ajax a Enoh dans ce rôle. Il l’a plutôt bien fait. En revanche, Amsterdam n’avait pas d’avant-centre puisque Lodeiro, meneur de jeu, était seul en pointe. Et, là aussi, ça s’est vu.
Garde avait aussi titularisé Lisandro - très combatif - et Bastos, en phase de reprise. Et ça, ça s’est senti. Mais il n’avait guère le choix puisque le banc, avec Fofana, Lacazette et les autres revenants, Grenier et Ederson, était trop tendre. Comme si Lyon, plus proche de l’Europe League que de la Champions League était à sa place, dix huit mois seulement après avoir disputé la demi-finale de la C1, face au Bayern Munich, qui s’est qualifié pour les huitièmes de finale, devançant Naples et Manchester City dans le groupe de la mort. Ce que Lyon n’est pas. Encore…


lundi 7 novembre 2011

Paris stagne... au sommet

Paris pouvait prendre cinq points d'avance en tête de la L1. En ramenant un match nul assez heureux de Bordeaux, il garde une victoire de marge.
Kevin Gameiro n'a pas réussi à passer la défense bordelaise,
dimanche soir, ici Sané et Chalmé.
Toutes les séries ne se sont pas arrêtées ce dimanche soir à Bordeaux. Les sept victoires d’affilée du PSG en Ligue 1, si. En revanche, les six matches sans victoire à domicile pour Bordeaux, non. Elle est désormais de sept, dont six partages des points. Un bilan plaçant les Girondins à la 19e place du classement à domicile et comme étant la seule formation toujours sans succès dans son stade.
Mais, ce n’est pas le plus important, pour une fois. Si les Bordelais rééditent de telles prestations, ils devraient bien finir par vaincre à Chaban-Delmas, que ce soit face à Caen ou Nancy prévus successivement dans trois semaines et un mois. Et ils devraient même réussir à éviter une descente en Ligue 2. Car, un peu comme face à Montpellier (2-2 le 1er octobre), Bordeaux a montré du cœur, de la solidarité et même du talent, parfois. D’ailleurs, le duo Trémoulinas - Maurice-Belay s’impose comme le moteur des offensives girondines. Une aile du désir ayant amené presque toutes les occasions. Et notamment le but de Yoan Gouffran, son quatrième en trois matches. Soit l’intégralité des réalisations bordelaises en championnat ces 36 derniers jours… Les Marine et Blanc semblent s'être trouvé un buteur. Voire une équipe type puisque le onze aligné par Gillot était identique à celui à Ajaccio (0-2). 

Pastore transparant
Le but de Gouffran, de la tête (14e) sur un centre parfait de Trémoulinas, répondant à un autre coup de tête de Sissoko qui reprit un corner de Nene (11e) pour inscrire son premier but sous les couleurs parisiennes. Le problème pour Paris, c’est qu’à part une frappe de Nene, boxée par Carrasso, il n’y eut guère d’autres occasions franches. Pis, si ce n’est l’entame de la seconde période, le leader du Championnat a subi. Notamment au milieu où Nguemo et Plasil, bien aidés par une équipe jouant enfin en bloc, ont fourni un gros travail de harcèlement pendant que Pastore marchait et râlait, jusqu'à prendre son premier carton jaune en Ligue 1 pour contestation. La star argentine, fatiguée depuis quelques matches, n’a pas sauvé sa partition d’un but, comme contre Bratislava jeudi en Europe League (1-0). Comme Ménez à droite, aussi absent défensivement qu’effacé offensivement. Les deux recrues ont laissé s’épuiser Gameiro à la pointe de l’attaque, à multiplier les appels dans un axe composé de Planus et Sané rarement pris à défaut. Ce qui est rare à Bordeaux cette saison. Même Nene, malgré de la volonté, n’a pas réussi le geste de génie faisant basculer un match.
Et ce ne sont pas les entrées de Jallet et Bahebeck qui ont modifié la léthargie parisienne. Mais, en sauvant un point, alors que dans l’après-midi Lyon et Toulouse s’étaient inclinés et que Montpellier, Rennes et Lille, la veille, avaient concédé des nuls, Paris a conservé sa marge de trois unités sur le MHSC, à défaut d’envoyer un signe à ses concurrents. Alors oui, après treize journées, la Ligue 1 n’est pas terminée, elle est juste en pause deux semaines. 

lundi 24 octobre 2011

Et si Bordeaux était à sa place?

Après deux saisons compliquées achevées aux 6 et 7e places, Bordeaux poursuit sa chute et se retrouve dans la zone rouge depuis deux journées. Crise de résultat ou simple déclin?
Benoit Trémoulinas avait subi la foudre de Nicolas de Tavernost, président de M6,
pour avoir jugé son équipe incapable de viser la qualification européenne.
Trois mois plus tard, Bordeaux est relégable...
Les semaines se suivent et les mots restent inchangés. Après chaque nouvelle désillusion, les joueurs passent devant la presse pour affirmer le désir collectif de remonter la pente. Et après les rares soubresauts, pas de doute, le match du déclic, c’est reparti. Depuis près de deux ans, le constant est invariable. Cet effectif a de la qualité, n’est pas à sa place. Alors, les excuses s’enchaînent. La finale de la Coupe de la Ligue, d’abord, où les habituels titulaires avaient été préférés aux remplaçants, à trois jours du quart de finale aller de la Ligue des Champions, ce qui aurait cassé le groupe en deux au printemps 2010 (1-3 contre Marseille). Puis le départ de Laurent Blanc à la fin de la saison 2009/2010, tellement prévisible qu’il n’a pas été anticipé. Ensuite, c’était la faute de Jean Tigana, trop rigide au point de sanctionner financièrement les retards à l’entraînement ou d'obliger ses internationaux à revenir le lendemain du dernier jour du rassemblement, comme dans tous les clubs. Un coach accusé de ne pas être assez chaleureux avec ses joueurs et de ne pas s’entendre avec son adjoint, Michel Pavon, qui lui s’entendait trop bien avec certains cadres du vestiaire.
Et maintenant que l’équipe est relégable depuis deux journées dans une indifférence presque générale, quelles sont les excuses ? Des défaillances individuelles, un manque de chance, des erreurs arbitrales, un moral touché… Tout y passe, avec mauvaise foi, dans les bouches de ceux qui acceptent encore de parler plus de 48 secondes en conférence de presse.
Chamakh, Gourcuff et Cavenaghi le trio offensif du titre de 2009,
 ont été remplacé par Modeste, Ben Khalfallah et Diabaté...
Sauf une, que Francis Gillot ose suggérer depuis sa prise de fonction. Cette équipe est peut-être juste à sa place. Que Lamine Sané, malgré des premiers matches encourageants en 2010 dans une défense qui fonctionnait encore bien, n’a pas le niveau. Ni en défense centrale, ni à droite ni au milieu. Que Michaël Ciani, malgré des atouts physiques indéniables, a des difficultés de concentration trop fréquentes pour être un cadre de la défense. Il doit avoir un « cerveau » à côté de lui. Que Marc Planus, ce cerveau libéro, n’a plus réalisé deux bons matches de rang depuis deux ans parce que son corps le lâche trop souvent. Et qu’en plus, il accumule les fautes grossières, handicapant lourdement son équipe (contre Marseille l'an dernier, Montpellier récemment), quand l'arbitre le voit. Que Mathieu Chalmé livre des matches d’une telle indigence que Gillot a préféré utiliser le jeune Krychowiak au poste de latéral droit à Nice (0-3) alors qu’il est milieu défensif, voire défenseur central de formation. Que Fahid Ben Khalfallah et Anthony Modeste, les deux « remplaçants » de Marouane Chamakh et Yohan Gourcuff étaient bons à Angers, en Ligue 2. Mais, que c’était de la Ligue 2, justement. Que la cellule de recrutement, depuis le départ de Charles Camporo en 2006, remplacé par Michel Pavon puis Jérôme Bonnissel, n’a pas un trouvé un bon joueur, laissant les entraîneurs utiliser leurs propres réseaux pour sauver les apparences (Fernando, Alonso et Wendel par Ricardo ; Gourcuff et Plasil par Blanc ; Maurice-Belay et Nguemo par Gillot) ou se tromper.
Que la formation bordelaise, depuis le départ de Guy Hillion, est incapable de sortir un bon joueur au point que les deux plus grands espoirs au Haillan se nomment Sala et Castro, issus du Proyecto Crecer, club filial des Girondins en Argentine. Que l'entraîneur essaye un peu tout et n'importe quoi à force, comme Krychowiak latéral alors qu'il n'était pas à l'entraînement les deux semaines précédentes ou Modeste et Diabaté associés devant, le tout à Nice. Gillot a déjà utilisé 25 joueurs dont 21 comme titulaires (seuls Ciani et Sané n'ont raté aucune minute) mais n'a dégagé que peu de certititudes. Sauf Nguemo, déjà indispensable à la récupération.

10 millions d'euros cet hiver?
Alors, le stade se vide. Face à Brest, Chaban-Delmas n’a même pas affiché 50% de taux de remplissage. 16000 personnes se déplacent encore pour voir Bordeaux ne jamais gagner et rarement convaincre, si ce n’est par bribes de matches, quant il y avait 16000 abonnés pour contempler le FCGB, il y a deux ans. Et en plus, les joueurs prennet mal les reproches des plus fidèles. Bellion a critiqué la banderole du virage sud ("Maillot souillé, honneur bafoué. Sauvez le FCGB ou dégagez"), signalant « qu’une supporter devait supporter son équipe » samedi soir.
Des rumeurs, relayées par France 3 Aquitaine, annoncent un bilan des dirigeants sur l’action de Francis Gillot dans deux matches, après la réception du Paris Saint-Germain, un soir de grève annoncée par les supporters, quant ces mêmes dirigeants oublient de faire leur propre bilan. Jean-Louis Triaud a prolongé les contrats, avec augmentation salariale (Planus, Bellion, Henrique, Jussiê, Chalmé) pour ne pas revivre l'épisode Chamakh, parti librement (comme Trémoulinas en 2013?). Il a certifié que son équipe avait du talent, puis a critiqué encore et encore ces jeunes gens. Désormais, il s'efface, comme s'il était totalement dépassé par ce football peut être trop professionnel pour lui. 
L’hiver dernier, l’actionnaire principal, M6, avait accordé 12 millions d’euros pour recruter un attaquant, si possible Gameiro et atteindre le podium final. Le Lorientais de l’époque voulait aller à Valence et avait poliment décliné l’offre girondine. Mais Bordeaux a insisté sur cette piste, n’en a creusé aucune autre avant de s’en prendre publiquement à l’attaquant international et d’obtenir dans l’urgence le prêt payant (2 millions d’euros) du jeune Brésilien André, certainement très bon, mais hors de forme.
Maillot souillé, honneur bafoué. Sauvez le FCGB ou dégagez,
tel est le dernier message de protestation
des supporters girondins, samedi.
Et voilà que l’histoire se répète. Après un mercato estival historique (0 euro dépensé, seul club de Ligue 1 dans ce cas), 10 millions d’euros sont murmurés pour renforcer dans l’urgence une équipe à la dérive et ainsi sauver le club de la relégation.
Seulement, pour obtenir un attaquant, un latéral droit voire un milieu, la somme pourrait être un peu étriquée. Surtout que Diabaté, Sané et Traoré seront absents plus d'un mois à cause de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations). 
Car c’est connu, le marché d’hiver est plus cher. Les bons joueurs son installés dans leurs clubs et les autres, à court de forme et de confiance n’ont pas forcément le profil pour lutter pour le maintien. Il faut des cadres, des battants autant que de bons joueurs. Un latéral ? Pourquoi pas Jeunechamp. On plaisante bien sûr. Sauf que si Bordeaux prend des cartons (21 jaunes et 3 rouges), elle manque de caractère, comme l'atteste son incapacité à conserver un score. Si les matches s'arrêtaient à la mi-temps, Bordeaux serait septième. Mais ils durent 94 minutes et Bordeaux est dix-huitième, avec une seule victoire arrachée avec chance à Valenciennes (2-1, le 27 août), en plus. Costa, Smertin, Jemmali, Jurietti, Fernando voire Diarra ces dernières années étaient ces cadres prêts à insuffler l’envie de se battre aux autres. Même Plasil s’efface, après avoir forcé sa nature. Il parle moins sur le terrain, est moins décisif, comme résigné par tant d’efforts inutiles depuis des mois. La résignation. Le mal qui peut être fatal aux Girondins. Il reste 27 matches. C’est largement suffisant pour se sauver et même terminer au milieu d’un Championnat très moyen où Dijon, Ajaccio, Brest, Valenciennes, Nancy, Evian, Nice et Caen n'ont pas beaucoup plus de talents que Bordeaux. Sauf que le maintien est dans les gènes de ces équipes et de leurs joueurs. Ils ne pensent qu'à cela depuis début juillet. Or il ne l’était pas dans ceux de Nantes, Lens ou Monaco. Et il n’est pas à Bordeaux qui parlait encore d'Europe cet été...

mardi 11 octobre 2011

Seule la qualification est belle

La France a obtenu sa qualification pour l'Euro 2012 ce mardi soir en concédant dans la douleur un nul face à la Bosnie-Herzégovine, qui devra passer par des barrages promis aux Bleus de la 40e à la 78e minute.

Inexistant en première période, Samir Nasri s'est réveillé
dans la dernière demi heure et a qualifié les Bleus
en obtenant et marquant un penalty. (photo Eq)
Avant toute chose, la France est qualifiée pour son huitième championnat d’Europe des nations, le sixième de rang. Elle avait besoin d’un point pour ne pas avoir à passer par les barrages, dans un mois. Elle a obtenu ce point, par un penalty transformé par Samir Nasri, suite à une faute aussi évitable, incontestable qu'à la limite de la surface du capitaine bosnien, Emir Spahic, sur le meneur de jeu des Bleus (78e). L’essentiel est donc assuré pour la bande à Blanc. Elle sera en Pologne et en Ukraine en juin prochain au milieu des seize meilleures nations du vieux continent. Et des anciens vainqueurs notamment, puisque seule la République Tchèque n'est pas encore qualifiée parmi des anciens lauréats représentant huit des dix qualifiés via les éliminatoires. D'ailleurs, tous les groupes ont été remportés par des anciens vainqueurs. La preuve que la hiérarchie ne bouge pas tant que cela. 
Mais franchement, heureusement que l’Euro ne débute pas dans quelques jours. Car le niveau de l’équipe de France fut clairement inquiétant, en première période, ce mardi soir au stade de France. Au point que l’on peut se demander si sans Karim Benzema elle ne serait pas satisfaite de passer par les barrages. Si contre l’Albanie, les Bleus peuvent peser offensivement sans le Madrilène, contre des nations consistances, en revanche…
Ce mardi soir, les Tricolores n’ont réellement inquiété les Bosniens que sur des coups de pied arrêtés et des contres en fin de match emmenés par des accélérations impressionnantes de Ménez, lorsqu'il était à gauche. Par contre, la fébrilité affichée lors du premier acte pose des questions sur ce groupe en construction depuis 14 mois. Alors qu'une défaite n'était pas éliminatoire, les Tricolores étaient comme inhibés par la peur d'un fiasco. Pourtant, le sélectionneur avait rappelé dans la semaine que ces jeunes gens n'étaient pas en âge, pour la plupart, de se souvenir du fameux France - Bulgarie de 1993.

Les Bleus dépassés au milieu

Sans les ratés de Dzeko (18e, 24e), les mauvais choix de Lulic et les arrêts du toujours bon Lloris, l’histoire de la course à la qualification aurait pu se poursuivre pour un mois encore. Rami, coupable d’avoir parlé avant, en traitant Pjanic de "pleureuse", a constamment été dépassé par l'avant-centre bosnien. Et sur le but, il se fait effacer en un mouvement avant que l’attaquant ne déclenche une frappe pure (40e). Un vingtième but en quarante sélections pour le grand Dzeko qui qualifiait les hommes de Safet Susic.
Le principal souci de la France aura été au milieu où Pjanic, Medunjanin, Mismimovic et Rahimic ont régné. Pourtant, Blanc avait opté pour un retour à un milieu à trois entre 4-2-3-1 et 4-3-3 avec M'vila, Cabaye et Nasri dans des positions variables. Partout parfois, nulle part souvent. Mais, privé de Diaby, une énième fois en phase de reprise et ayant laissé sur le banc Diarra, qui n'est plus que l'ombre de la sentinelle indispensable qu'il fut lors d'un passé assez lointain désormais, il n'avait pas les armes pour imposer un impact physique si important dans le succès de la France en Bosnie (le 7 septembre 2010, 0-2). Blanc avait donc choisi d'autres profils à la récupération, plus joueurs. Sans doute parce qu'il ne pensait pas être autant dominé par des joueurs encore plus joueurs, justement, puisque Susic avait aligné une formation offensive dès le coup d'envoi.
Même après la pause, les Bleus peinaient à sortir de cette léthargie collective. Finalement, le double changement à l’heure de jeu allait lancer cette équipe. Comme face à l’Albanie (3-0), quatre jours plus tôt, Marvin Martin a été intéressant lors de son entrée en jeu. Il fait partie de ces individualités qui devraient être testées lors des trois parties amicales qui vont s’enchaîner entre novembre (les USA sont évoqués pour l’un des deux matches) et février (contre l’Allemagne). Comme Ménez, Debuchy, Gameiro ou Rémy, sur un côté où il est tellement plus à l'aise que dans l'axe. Nasri s'est réveillé aussi et a pris les responsabilités propices à un cadre technique et mental, en obtenant et en tirant le penalty. Son troisième but en bleu, en 27 sélections, seulement. Gameiro aurait même pu faire gagner la France mais il était un peu court pour reprendre un centre de Ménez (87e) et ne cadrait pas sa frappe devant le très bon gardien bosnien entré après la pause, Begovic (88e). Comme Spahic aurait pu obtenir un penalty pour avoir été ceinturé (84e).
Ah, au fait, les Bleus en sont à quinze matches sans défaite et devraient aller à l’Euro avec Mexès, Benzema et, espérons-le, quelques certitudes engrangées d’ici là. D'autant que le quatrième chapeau leur est promis lors du tirage au sort (si le Portugal et la Croatie passent les barrages). Celui des "petits". Oui, des petits comme M'vila, Rami, Rémy, Ménez, Cabaye, voire Réveillère, tous titulaires avec moins de 15 sélections avant cette "finale", mais qui ne demandent qu'à grandir ensemble.



Le film du match
6: Réveillère a du mal à se dégager et est contré par Lulic dans sa surface. Le joueur de la Lazio se présente face à Lloris mais frappe dans le petit filet extérieur.
9: Idéalement lancé dans le dos de la défense adverse, Rémy peut filet seul face au but. Le Marseillais se présente face à Hasagic mais pousse un peu trop son ballon au moment de frapper.
19: Dzeko fait parler son physique et résiste à Rami, à l'entrée de la surface française, côté droit. L'attaquant se met finalement sur son pied gauche pour armer une frappe croisée qui file directement dans les bras de Lloris.
40: Sur un coup franc rapidement joué par Papac, côté gauche, le Bosnien sert Dzeko à l'entrée de la surface adverse. L'attaquant pivote et se met sur son pied droit pour ouvrir la marque d'une superbe frappe enroulée dans le petit filet opposé ! 0-1
58: Rémy hérite du ballon sur la gauche de la surface adverse. Le Marseillais se met sur son pied droit et arme une frappe croisée, à ras de terre, qui passe à gauche du but de Begovic.
66: Sur le coup franc, Pjanic recherche Dzeko au second poteau et la déviation du crâne du joueur de Manchester City passe juste à côté du but de Lloris.
70: Sur un coup franc, Martin arme une frappe enroulée du pied droit, parfaitement placée, qui oblige Begovic à s'allonger sur sa ligne de but.
72: Nasri se charge d'un coup franc aux 25 mètres, plein axe. Le joueur de City enroule son ballon du pied droit et la balle est repoussée par Begovic sur sa transversale avant d'être poussée en corner par un défenseur adverse.
76: Nasri est à la lutte avec Spahic dans la surface, Nasri s'écroule au contact du défenseur. Samir Nasri prend ses responsabilités et se présente face à Begovic. L'ancien Gunner choisit de frapper sur la droite du portier, parti à contre-pied ! 1-1
85: Ménez, idéalement lancé côté gauche, se joue de Maletic. Le Parisien se met sur son pied droit aux 20 mètres et arme une frappe enroulée qui passe juste à côté du but adverse.