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mardi 11 octobre 2011

Seule la qualification est belle

La France a obtenu sa qualification pour l'Euro 2012 ce mardi soir en concédant dans la douleur un nul face à la Bosnie-Herzégovine, qui devra passer par des barrages promis aux Bleus de la 40e à la 78e minute.

Inexistant en première période, Samir Nasri s'est réveillé
dans la dernière demi heure et a qualifié les Bleus
en obtenant et marquant un penalty. (photo Eq)
Avant toute chose, la France est qualifiée pour son huitième championnat d’Europe des nations, le sixième de rang. Elle avait besoin d’un point pour ne pas avoir à passer par les barrages, dans un mois. Elle a obtenu ce point, par un penalty transformé par Samir Nasri, suite à une faute aussi évitable, incontestable qu'à la limite de la surface du capitaine bosnien, Emir Spahic, sur le meneur de jeu des Bleus (78e). L’essentiel est donc assuré pour la bande à Blanc. Elle sera en Pologne et en Ukraine en juin prochain au milieu des seize meilleures nations du vieux continent. Et des anciens vainqueurs notamment, puisque seule la République Tchèque n'est pas encore qualifiée parmi des anciens lauréats représentant huit des dix qualifiés via les éliminatoires. D'ailleurs, tous les groupes ont été remportés par des anciens vainqueurs. La preuve que la hiérarchie ne bouge pas tant que cela. 
Mais franchement, heureusement que l’Euro ne débute pas dans quelques jours. Car le niveau de l’équipe de France fut clairement inquiétant, en première période, ce mardi soir au stade de France. Au point que l’on peut se demander si sans Karim Benzema elle ne serait pas satisfaite de passer par les barrages. Si contre l’Albanie, les Bleus peuvent peser offensivement sans le Madrilène, contre des nations consistances, en revanche…
Ce mardi soir, les Tricolores n’ont réellement inquiété les Bosniens que sur des coups de pied arrêtés et des contres en fin de match emmenés par des accélérations impressionnantes de Ménez, lorsqu'il était à gauche. Par contre, la fébrilité affichée lors du premier acte pose des questions sur ce groupe en construction depuis 14 mois. Alors qu'une défaite n'était pas éliminatoire, les Tricolores étaient comme inhibés par la peur d'un fiasco. Pourtant, le sélectionneur avait rappelé dans la semaine que ces jeunes gens n'étaient pas en âge, pour la plupart, de se souvenir du fameux France - Bulgarie de 1993.

Les Bleus dépassés au milieu

Sans les ratés de Dzeko (18e, 24e), les mauvais choix de Lulic et les arrêts du toujours bon Lloris, l’histoire de la course à la qualification aurait pu se poursuivre pour un mois encore. Rami, coupable d’avoir parlé avant, en traitant Pjanic de "pleureuse", a constamment été dépassé par l'avant-centre bosnien. Et sur le but, il se fait effacer en un mouvement avant que l’attaquant ne déclenche une frappe pure (40e). Un vingtième but en quarante sélections pour le grand Dzeko qui qualifiait les hommes de Safet Susic.
Le principal souci de la France aura été au milieu où Pjanic, Medunjanin, Mismimovic et Rahimic ont régné. Pourtant, Blanc avait opté pour un retour à un milieu à trois entre 4-2-3-1 et 4-3-3 avec M'vila, Cabaye et Nasri dans des positions variables. Partout parfois, nulle part souvent. Mais, privé de Diaby, une énième fois en phase de reprise et ayant laissé sur le banc Diarra, qui n'est plus que l'ombre de la sentinelle indispensable qu'il fut lors d'un passé assez lointain désormais, il n'avait pas les armes pour imposer un impact physique si important dans le succès de la France en Bosnie (le 7 septembre 2010, 0-2). Blanc avait donc choisi d'autres profils à la récupération, plus joueurs. Sans doute parce qu'il ne pensait pas être autant dominé par des joueurs encore plus joueurs, justement, puisque Susic avait aligné une formation offensive dès le coup d'envoi.
Même après la pause, les Bleus peinaient à sortir de cette léthargie collective. Finalement, le double changement à l’heure de jeu allait lancer cette équipe. Comme face à l’Albanie (3-0), quatre jours plus tôt, Marvin Martin a été intéressant lors de son entrée en jeu. Il fait partie de ces individualités qui devraient être testées lors des trois parties amicales qui vont s’enchaîner entre novembre (les USA sont évoqués pour l’un des deux matches) et février (contre l’Allemagne). Comme Ménez, Debuchy, Gameiro ou Rémy, sur un côté où il est tellement plus à l'aise que dans l'axe. Nasri s'est réveillé aussi et a pris les responsabilités propices à un cadre technique et mental, en obtenant et en tirant le penalty. Son troisième but en bleu, en 27 sélections, seulement. Gameiro aurait même pu faire gagner la France mais il était un peu court pour reprendre un centre de Ménez (87e) et ne cadrait pas sa frappe devant le très bon gardien bosnien entré après la pause, Begovic (88e). Comme Spahic aurait pu obtenir un penalty pour avoir été ceinturé (84e).
Ah, au fait, les Bleus en sont à quinze matches sans défaite et devraient aller à l’Euro avec Mexès, Benzema et, espérons-le, quelques certitudes engrangées d’ici là. D'autant que le quatrième chapeau leur est promis lors du tirage au sort (si le Portugal et la Croatie passent les barrages). Celui des "petits". Oui, des petits comme M'vila, Rami, Rémy, Ménez, Cabaye, voire Réveillère, tous titulaires avec moins de 15 sélections avant cette "finale", mais qui ne demandent qu'à grandir ensemble.



Le film du match
6: Réveillère a du mal à se dégager et est contré par Lulic dans sa surface. Le joueur de la Lazio se présente face à Lloris mais frappe dans le petit filet extérieur.
9: Idéalement lancé dans le dos de la défense adverse, Rémy peut filet seul face au but. Le Marseillais se présente face à Hasagic mais pousse un peu trop son ballon au moment de frapper.
19: Dzeko fait parler son physique et résiste à Rami, à l'entrée de la surface française, côté droit. L'attaquant se met finalement sur son pied gauche pour armer une frappe croisée qui file directement dans les bras de Lloris.
40: Sur un coup franc rapidement joué par Papac, côté gauche, le Bosnien sert Dzeko à l'entrée de la surface adverse. L'attaquant pivote et se met sur son pied droit pour ouvrir la marque d'une superbe frappe enroulée dans le petit filet opposé ! 0-1
58: Rémy hérite du ballon sur la gauche de la surface adverse. Le Marseillais se met sur son pied droit et arme une frappe croisée, à ras de terre, qui passe à gauche du but de Begovic.
66: Sur le coup franc, Pjanic recherche Dzeko au second poteau et la déviation du crâne du joueur de Manchester City passe juste à côté du but de Lloris.
70: Sur un coup franc, Martin arme une frappe enroulée du pied droit, parfaitement placée, qui oblige Begovic à s'allonger sur sa ligne de but.
72: Nasri se charge d'un coup franc aux 25 mètres, plein axe. Le joueur de City enroule son ballon du pied droit et la balle est repoussée par Begovic sur sa transversale avant d'être poussée en corner par un défenseur adverse.
76: Nasri est à la lutte avec Spahic dans la surface, Nasri s'écroule au contact du défenseur. Samir Nasri prend ses responsabilités et se présente face à Begovic. L'ancien Gunner choisit de frapper sur la droite du portier, parti à contre-pied ! 1-1
85: Ménez, idéalement lancé côté gauche, se joue de Maletic. Le Parisien se met sur son pied droit aux 20 mètres et arme une frappe enroulée qui passe juste à côté du but adverse.

vendredi 7 octobre 2011

En pole position

En battant l'Albanie (3-0) ce vendredi soir au stade de France, les Bleus ont conservé la tête du groupe D avant la "finale" pour la qualification à l'Euro 2012 face à la Bosnie, mardi, 21 heures.
Saint-Denis (stade de France). Nasri, Malouda, M'vila et Evra félicitent Rémy auteur du deuxième but français.
L’équipe de France a gagné le droit de ne pas gagner, mardi soir face à la Bosnie, pour le dernier match de poule qualificatif à l’Euro 2012. C’est une bonne chose, sans doute, même si elle devra obligatoirement ne pas perdre, pour ne pas se rajouter deux matches de barrage, en novembre. En fait, la tête du Groupe D a connu un statu quo, ce vendredi soir. En dominant l’Albanie 3-0, pendant que la Bosnie battait le Luxembourg 5-0, la France a conservé la première place, avec une unité d’avance sur la sélection dirigée par Safet Susic. Les deux pays ont déjà assuré leur survie, au pire, puisque la Roumanie et la Biélorussie, troisièmes, ne peuvent plus les rattraper.
Seulement, si arithmétiquement la soirée fut parfaite, des points sont venus noircir les songes de Laurent Blanc. La sortie d’Evra à la mi-temps puis celle de Cabaye, quelques secondes plus tard, pour des gênes musculaires laissant craindre deux nouveaux forfaits, alors que Benzema, Ribéry, Matuidi et Sagna sont déjà indisponibles et qu’Abidal, Gameiro mais aussi Rami sont incertains pour mardi. À ce rythme, Thierry Henry va être rappelé de New York pour dépanner…

14e match sans défaite

Encore que, face à l’Albanie, les absents n’ont clairement pas manqué. Il s’agissait de l’Albanie, certes, elle même diminuée et déjà éliminée. Mais Debuchy, préféré à Révéillère pour ses repères avec Rami et Cabaye, sans doute, a été convaincant à droite. Comme Nasri et Rémy devant lui. Car, comme prévu, les Bleus évoluaient dans un 4-4-2 imparfait, en première période. Avec Nasri en faux milieu droit, naturellement attiré par l’axe, laissant le couloir à Debuchy et Rémy. Ce dernier, heureux de créer des brèches pour Bafetimbi Gomis, aussi maladroit à Saint-Denis qu’à Paris, cinq jours plus tôt. D’ailleurs le duo a fait la différence. Rémy passeur pour Malouda (11e), puis buteur, sur un travail de Nasri (38e). Malouda buteur et à gauche. En difficulté aussi bien chez les Bleus que chez les Blues, il a démontré, par ce septième but en sélection, qu’il savait être décisif, même si son match fut très discret, encore une fois.
Quant à l'inédite charnière centrale, composée de deux stoppeurs, Kaboul-Rami, elle n’a pas rassuré, puisqu’elle fut trop peu testée par les Albanais. Contrôler Salihi et Hyka est une chose. Dzeko, Ibisevic, Pjanic en est une autre. Au moins, que ce soit un axe Rami-Kaboul, Rami-Abidal ou même Varane-Koscielny, il sera protégé par M'vila. Le Rennais, propre dans le jeu, a réussi à éviter de prendre un carton qui l'aurait privé de la finale face aux Bosniens. Vu l'état de forme actuel de Diarra, c'est à classer parmi les bonnes nouvelles. D'ailleurs, Lloris a pour la troisième fois (et la seconde de suite) remplacé le milieu marseillais, de plus en plus remplaçant en Bleu, dans le rôle de capitaine.
La victoire rapidement assurée, Blanc a demandé à son équipe de passer en 4-3-3 et de ralentir le rythme. Nasri a continué à orienter le jeu (116 passes réussies, son record en Bleu était de 69 jusque-là, ndlr) et les remplaçants se sont invité à la fête. Martin a décalé Réveillère, buteur depuis la gauche et… du gauche (3-0, 67e). Et pour compléter la fête, à la demande du public, Cissé est entré.
Bref, tranquillement, l’équipe de France a ajouté une quatorzième rencontre à sa série d’invincibilité. Une quinzième l’enverrait en Ukraine et en Pologne en juin 2012 avec l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Angleterre, déjà qualifiés. 


Le film du match
7e: Après une belle attaque en triangle, Gomis est lancé par Nasri plein axe. L'attaquant tente de piquer son ballon et lober Ujkani mais il ne cadre pas.
11e: Rémy s'échappe sur le côté droit et centre vers Gomis, trop court. Malouda reprend de volée du gauche et trouve le chemin des filets. Le tir est légèrement dévié par Daliku. 1-0
25e: Corner côté gauche tiré par Cabaye. Rami plus prompt qu'Ujkani, place sa tête des 5,50 mètres mais expédie le cuir à quelques centimètres des montants.
38e: Nasri perfore et fixe la défense puis lance Rémy dans l'intervalle. L'attaquant frappe de l'intérieur du droit vers le petit filet opposé. Ujkani aide le Marseillais en déviant le ballon dans ses propres filets d'une Madjer ! 2-0
40e: Suite à un arrêt de Lloris, sur une frappe de Lika, l'Albanie obtient un corner. Duro le tire au premier poteau. Lila ne parvient pas à reprendre de la tête et Lloris s'empare, avec un peu de chance, du ballon.
62e: Nasri chercher Gomis dans la surface d'une superbe passe lobée. L'attaquant essaye de reprendre l'offrande en pivot et de volée du gauche mais manque le cuir. Ujkeni s'empare du ballon.
66e: Suite à une belle séquence collective, Martin lance Réveillère dans le dos de la défense. Le latéral reprend de l'intérieur du gauche en direction du premier poteau. Le tir effleure le poteau et finit sa course au fond des filets ! 3-0

mardi 6 septembre 2011

Un point et c'est tout

Sans idée, l'équipe de France a concédé le match nul en Roumanie (0-0) et n'a plus qu'un point d'avance sur la Bosnie à deux journées de la fin des éliminatoires à l'Euro 2012.
Bucarest, National Arena, le 6 septembre
Laurent Blanc avait choisi de laisser Ribéry à gauche et d'envoyer Malouda sur le banc.
Sans réussite puisque ses Bleus ont concédé le nul avec la Roumanie.
Remarque liminaire : si la toute nouvelle National Arena est magnifique, la pelouse qui était aussi inaugurée avec ce quinzième Roumanie - France de l’histoire (le cinquième en trois ans) est rapidement devenue déplorable. Indigne d’une partie départementale. Ce qui excuse certaines erreurs techniques mais pas l’affligeant manque de spectacle (3 tirs cadrés, dont un français par Rami de 35 mètres, quand la moyenne de la compétition est de dix), ni que le premier soupçon d'occasion tricolore n'intervienne qu'à la 63e minute avec une frappe au-dessus de Cabaye, ni le manque d'imagination tricolore, bien imagé par cet entêtement à tirer les corners à deux.
Avec ce match nul ramené de Bucarest, les Bleus de Laurent Blanc ajoutent une treizième perle à leur collier d’invincibilité. La seule « bonne nouvelle » de la soirée. Car là, contrairement à vendredi dernier, le sélectionneur ne pourra pas rétorquer « rassurez-moi, on a gagné ? ». Un succès en Albanie (1-2) ayant perdu un peu plus de prestige encore avec la défaite de l’équipe de Lorik Cana au Luxembourg (2-1, ce mardi soir). Néanmoins, l’objectif public était de ramener au moins quatre points de ce double déplacement. La mission est remplie, donc. Celle d’assurer les barrages, non. Car les Roumains sont à cinq points des Bleus, à deux journées de la fin des éliminatoires. La réception de l’Albanie, le 7 octobre, devrait permettre, à minima, d’obtenir ce petit point manquant.
Pour la première place, en revanche, il convient désormais de se méfier de la Bosnie, vainqueur de la Biélorussie (1-0, Misimovic, 87e), auteur de trois succès de rang, et revenue à une unité de la France. Les Bosniens qui seront les derniers adversaires des Bleus (sans compter un éventuel barrage) sur la route de l’Euro 2012, le 11 octobre au stade de France.
Pendant que l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne sont déjà en Ukraine et en Pologne - alors que les Pays-Bas et l’Angleterre y sont quasiment - la France est partie pour souffrir jusqu’au bout. Comme d’habitude, en fait, puisque depuis 1995, elle ne s’est qualifiée avant l’ultime journée que pour l’Euro 2004. Mais depuis 1995, elle s’est toujours qualifiée.

Pas une occasion française

Un match nul face à une Roumanie sur le déclin, privée de Mutu et Chivu notamment, qui n’est pas un si mauvais résultat puisque jamais les Bleus n’ont inquiété Tatarusanu. Alors que Lloris a dû sortir deux parades en première période, sur deux coups francs et autant d'abandons de sa défense (5e, 28e). Le gardien lyonnais porteur du brassard pour la deuxième fois de l’ère Blanc. Car Alou Diarra, qui alterne entre le banc et le capitanat, faisait partie des cinq joueurs écartés de l’équipe de départ après la victoire en Albanie (1), pourtant convaincante selon les dires des Tricolores. La réelle modification apportée par le sélectionneur concernait l’animation offensive.
Pas dans l'animation puisque le 4-2-3-1 était conservé, alors que le 4-3-3 était attendu. Le virage à 90 degrés touchait les hommes. Florent Malouda, omniprésent lors des rencontres qui comptent (titulaire lors des sept premiers matches), et Samir Nasri, rapidement proclamé meneur de jeu indiscutable avant de décevoir d'être critiqué et de se rebeller, étaient ainsi invités à regarder Ribéry à gauche, Valbuena à droite et Martin dans le cœur du jeu. Des changements qui n’ont rien apporté. Ce très jeune et inexpérimenté milieu de terrain (M’Vila, Cabaye et Martin totalisaient 19 sélections au coup d’envoi) n’a jamais réussi à mettre le jeu français dans le bon sens. Pas plus que les ailiers. Ribéry a une nouvelle fois déçu, n'apportant le danger que sur un geste de classe (66e), alors que Valbuena, préféré à Rémy (pendant que Gameiro était en tribune), a été transparent.
Même Adil Rami de retour en défense centrale a été coupable de moments d’égarements inquiétants et souvent colmatés par Eric Abidal. Le Barcelonais, positionné dans l'axe pour la troisième partie consécutive, étant une des rares satisfactions de la soirée avec les deux seules certitudes bleues depuis des mois : Hugo Lloris et Karim Benzema, trop isolé ce mardi et décidément le seul atout d'une formation incapable de marquer sans son apport (1 but et 2 passes décisives sur les 3 buts de la France cette saison). Un gardien et un avant-centre comme deux piliers d’une reconstruction qui semble à l’arrêt en ce début de saison.

Toujours pas de meneur indiscutable

En effet, à part aux deux extrémités, il y a du travail. Au milieu notamment. Si les candidats ne manquent pas, personne ne semble indispensable. Adulé à ses débuts, Marvin Martin, trop timide malgré une qualité indéniable pour accélérer le jeu, n’a pas réussi à lancer sa carrière internationale en match officiel comme l’avait fait Yoann Gourcuff en 2008 à quelques kilomètres de Bucarest (2). Ce qui n’est pas rédhibitoire pour le Sochalien. D'ailleurs, Gourcuff, malgré son départ canon, est en difficulté depuis bientôt deux ans. Mais personne n’a pris la place du meneur lyonnais, actuellement en phase de reprise. Au point qu'il pourrait revenir dans le groupe pour les matchs décisifs du mois d'octobre.
Une preuve, parmi d’autres, que les Bleus manquent cruellement de certitudes. Et à force de ne plus avancer, cette équipe de France va finir par reculer. Attention à ne pas revenir en 1993, tout de même.


(1) Outre Diarra remplacé par Cabaye, Réveillère a laissé sa place à Sagna, Kaboul à Rami, Malouda à Valbuena et Nasri à Martin.
(2) 2-2, le 11 octobre 2008 en éliminatoires du Mondial 2010, à Costanta, 1 but de 30 mètres et 1 passe décisive pour le bordelais de l’époque.


Temps forts :
5e : Coup franc roumain qui traverse toute la surface. Goian, totalement oublié, feinte la déviation avant de laisser passer. Lloris intervient d'une parade exceptionnelle.
28e : Nicolita tire le coup franc depuis les 25 mètres. Lloris va chercher la balle sous sa transversale.
63e : Benzema perd le ballon à l'entrée de la surface en initiant un une deux mais les Bleus sont au pressing et cela profite à Cabaye qui jaillit aux vingt mètres pour frapper. La balle s’envole. C'est la première frappe dangereuse française.
66e : Les Bleus poussent et obtiennent un nouveau corner. Ce dernier est tiré à deux. La défense intervient mais le ballon revient sur Sagna qui le glisse à Ribéry. L’ailier gauche, dans le coin droit de la surface, réalise une talonnade et frappe. Mais le cuir passe devant le but et va mourir en six mètres.
71e : Sagna oublie Stancu sur un centre venant de la gauche. Le Roumain centre de volée pour Marica qui est repris in extremis par Abidal.
77e : Marica prend Abidal de vitesse et accélère le long de la touche. Il centre fort devant le but pour Stancu dont le tacle n’est pas cadré.


Bucarest, National Arena, le 6 septembre.
Yann M'Vila tacle Costin Lazar et arrache une nouvelle bande
de la toute neuve et déjà dégradée pelouse roumaine.
Réaction:
Laurent Blanc (sélectionneur de l'équipe de France):
«Etes-vous déçu par le résultat ?
Oui, dans la mesure où on prépare toujours les matches pour les gagner et quand on n'y arrive pas on est déçu. Je suis encore plus déçu au vu de la physionomie du match, même si on ne s'est pas créé beaucoup d'occasions de but. Le nul est le minimum qu'on pouvait prendre ce soir.

Voyez-vous ce match contre la Bosnie comme une finale ?
Oui, on l'avait plus ou moins préparé. On pensait que les deux matches à domicile seraient décisifs, ce sera le cas. On a un petit avantage car on est quand même premier au classement avec un point d'avance sur la Bosnie et on reçoit lors des deux derniers matches. C'est plus envisageable de gagner à domicile qu'à l'extérieur. On a vu ce soir que c'était difficile de gagner à l'extérieur.

Vous avez en tout cas quasiment l'assurance d'être au moins barragiste...

C'est vrai qu'on prend un point de plus. On avait l'ambition de prendre six points à l'extérieur et c'est quand même très ambitieux. On sait très bien que ce n'est jamais facile à l'extérieur, surtout dans un stade neuf et 55 000 Roumains qui poussent leur équipe. J'ai vu une équipe de France dominer les Roumains mais malheureusement le terrain ne nous a pas favorisés. Je ne dis pas que la pelouse est la faute de tout mais sur certaines actions, elle nous a plus gênés que l'équipe de Roumanie.

«Il faut prendre des décisions»

Etes-vous satisfait des changements effectués dans l'équipe-type ?
Sur deux matches, avec l'effectif de 23 joueurs, il est normal quand on n'est pas satisfait des joueurs de pouvoir en changer. On avait décidé d'avoir la maîtrise du jeu et il fallait avoir des joueurs capables techniquement d'avoir cette maîtrise. Au niveau de la maîtrise, il n'y a pas eu photo entre la France et la Roumanie. Les Roumains ont couru après le ballon et n'ont que défendu, mais ils nous a manqué un petit truc devant pour marquer un but. Ce soir, ce qui nous manque, c'est de marquer un but.

Mettre Samir Nasri et Florent Malouda sur le banc, ce sont des choix forts...

Ce sont des choix. C'est le travail du sélectionneur de faire la meilleure équipe possible. Quand il fait des changements, c'est pour donner une chance à certains et amener de l'émulation au niveau de la concurrence dans le groupe. Je n'avais rien dit mais je n'en pensais pas moins. Il y a des joueurs qui ont démontré ce soir qu'ils pouvaient prétendre à une place de titulaire en équipe de France.

Etait-ce un gros risque ?
Si prendre une décision, c'est prendre un risque, on ne fait pus rien et on espère, on espère. Il faut prendre des décisions, elles ne sont pas faciles à prendre. Cela a été des choix difficiles mais c'est le rôle du sélectionneur de faire ces choix, mais il faut les faire si on veut créer ce qu'on veut créer en équipe de France.

Etes-vous prêt à reconduire cette équipe sur une bonne pelouse ?
J'aurais aimé voir cette équipe sur une bonne pelouse. Mais la vérité de ce soir ne sera peut-être pas celle du mois d'octobre, avec toutes les échéances qui attendent les joueurs avec leurs clubs, la Ligue des champions etc. Il y aura certainement, et malheureusement, des blessures, d'autres peut-être reviendront, j'en doute mais on sera attentifs. Le groupe ne sera pas identique mais sera à peu près le même que celui présent sur les deux derniers matches.»  
(AFP)

vendredi 25 mars 2011

Rien à retenir

La sixième victoire consécutive des Bleus a été décrochée au terme d'une partie insipide au Luxembourg (0-2). Mais l'essentiel est assuré avec une première place qui est plus que jamais en leur possession.

Seule une "non'victoire" aurait été catastrophique. Donc, l’équipe de France n’a pas vraiment déçu. Elle a même assuré l’essentiel. En s’imposant 2-0, comme à l’aller, face au Luxembourg elle a fait un nouveau pas vers une qualification directe pour l’Euro 2012. Elle a aussi ajouté une sixième victoire à sa série en cours. Que de bonnes nouvelles au terme d’une soirée tellement ennuyeuse. Car il faut bien le reconnaître, les Bleus ont livré une prestation d’une langueur mortelle. D’une lenteur accablante et d’une imagination défaillante, le quintette offensif qui faisait frémir presque tout le monde a considérablement déçu. La preuve que ce n’est pas en empilant les créateurs que l’on crée, justement. Gourcuff transparent, sauvant son match par un but (son quatrième en Bleu, le troisième en cinq matchs), Malouda peu concerné, Nasri partout sauf en soutien de Benzema et Ribéry d’une faiblesse technique incroyable durant 65 minutes, avant, comme par miracle, de se réveiller lorsqu’il passa à gauche. Il fut même à l’origine du but de Gourcuff en éliminant pour la seule fois de la soirée un luxembourgeois dans la zone décisive. Même si le centre n’était pas destiné au Lyonnais, et que c'est Hoffmann qui l'a involontairement servi, c’est toujours intéressant à noter. Il est difficile de savoir si Ribéry a délibérément déjoué à droite pour prouver qu’il ne peut évoluer qu’à gauche ou s’il n’a réellement plus de repère sur le côté droit et qu’il convient de l’imaginer comme la doublure ou le concurrent de Florent Malouda et ainsi laisser Rémy, Valbuena ou Ménez s’installer sur l’aile déserte. Voire Nasri, habitué à ce côté à Arsenal et cinquième capitaine de l’ère Blanc, face au Luxembourg. Le Gunner a profité de cette première pour délivrer, sur coup franc, la passe décisive sur l’ouverture du score, signée de la tête par Mexès. Le grand blond qui s’impose match après match comme le taulier de l’arrière garde tricolore avec Rami à ses côtés, même si ce test fut léger, tant les luxembourgeois se désintéressaient de toute construction offensive, annihilant trop rapidement leur très bon travail de pressing. Mais leur plan était de ne pas prendre une raclée et écouter le public les ovationner à la fin conforte la thèse. Comme voir Benzema isolé au sein du double coffre fort du Grand-Duché, encore plus étanche que ceux de la banque d’affaire Clearstream.

Le chantier offensif n'avance pas

Dans ce genre de rencontre, il faut rapidement marquer pour ensuite dérouler jusqu’à un score flirtant avec le set de tennis. Comme à l’aller, les Bleus ont patiné mais ont réussi à lézarder le mur luxembourgeois en première période, sur un coup de pied arrêté. Comme l’aller ils n’ont pas su enchaîner. Le chantier offensif est toujours ouvert. Si Benzema est seul au monde en pointe, son entourage proche sur le terrain n’est pas défini. C'est certainement pour cela que Blanc n'a pas effectué de changement. Il a essayé de faire naître des automatismes qui sont clairement absents. Il pourrait vouloir continuer à travailler avec ces hommes-là dès mardi face à la Croatie, à moins que d'autres options ne soient envisagées avec Rémy à droite, Ménez à gauche et Gameiro dans l'axe par exemple. Et dire que toute la semaine, Ribéry et Evra ont occupé toute l’attention, promettant d’être des solutions et non des problèmes, pour sortir des prestations dignes de jeunes novices impressionnés par le stade Barthel et ses 8 000 âmes. Pour Abidal, dont les joueurs ont exprimé leur soutien à l'échauffement en portant des tee-shirts « Abi on pense à toi, courage », le retour d’Evra n’est clairement pas un problème. Celui de Ribéry pourrait le devenir rapidement si le débat du positionnement de l’ailier ressurgissait comme sous l'époque Domenech. Le premier petit problème émerge donc pour le sélectionneur. Mais il a le temps pour réfléchir et trancher. Il a au moins jusqu’au 4 juin et le déplacement au Bélarus qui sera décisif pour valider la première place de ce groupe D. Et surtout, il a les victoires avec lui, le meilleur allié. A confirmer dès mardi en amical au Stade de France. Avec la manière si possible, cette fois.

mardi 12 octobre 2010

Pour le panache, rendez-vous en 2011

La France a enchaîné une troisième victoire de rang, ce mardi face à une valeureuse formation du Luxembourg (2-0), sans être enthousiasmante.
Mardi, en France, c'était jour de grêve. Les bleus, privés des mutins en chef, ont donc consenti à descendre du bus pour se rendre sur la pelouse du stade Saint-Symphorien afin d'effectuer le service minimum. Rien de plus.
La malédiction des deux pointes sous Laurent Blanc n’est plus. Après les revers en Norvège (1-2) et contre le Bélarus (0-1), le sélectionneur avait choisi de réintroduire une animation à deux attaquants axiaux au coup d’envoi, avec un milieu en losange, comme la première période en Europe du Nord. Mais face à une sélection comme le Luxembourg, sans tomber dans une morgue insoutenable, le schéma tactique n’est pas forcément décisif. La patience et la volonté des joueurs sont au moins aussi importants.
Ainsi, restons concrets. La France a enchaîné une troisième victoire de rang, une première depuis novembre 2009. Des succès tous glanés sur le même score : 2 à 0. Sur le plan comptable, la France a neuf unités en quatre rencontres et occupe la tête de son groupe, suivi par la Biélorussie, qui a dominée l’Albanie en début de soirée (2-0). Sans atteindre les félicitations du jury, une mention pourrait poindre, sans un bémol consistant. Trois de ces parties se sont tenues à domicile, contre des adversaires plus qu’abordables (Bélarus, Roumanie et Luxembourg). Alors, c’est normal. Juste normal. D’autant que les Bleus ne furent guères enthousiasmants et encore moins rassurants ce mardi. Mais ils ont gagné, comme toujours dans ce genre de rencontre.

Peu d’occasions

Les Luxembourgeois n’avaient pas fait les 50 kilomètres séparant le Grand-Duché de Metz pour exhiber un jeu léché, fait de passes alertes et d’occasions continues. Mais même la France, n’est pas capable de produire une telle prestation sur l’ensemble d’une partie. Alors, le Luxembourg et ses dix amateurs ont défendu, comme face à la Biélorussie (0-0, le 8 octobre) avec un talent certain, une agressivité constante proposant parfois une innovante défense à six, avec les milieux excentrés servants de latéraux, rendant la surface de Joubert presque aussi inviolable qu’un coffre fort.
Durant ces instants, l’image de Samuel Eto’o avec l’Inter Milan contre Barcelone, en demi-finale de la dernière Ligue des Champions s’immisçait. Mais cette option, respectable, ne fonctionne qu’à une condition généralement : qu’un but ne soit pas encaissé trop rapidement. Pourtant, ce but est arrivé dès la 22e minute par l’intermédiaire de Karim Benzema, qui s’est illustré d’une volée surpuissante du droit sur un corner de Gourcuff (22e). Derrière, point de razzia offensive, comme attendu. Juste une frappe de Diaby, captée par Joubert.
Les visiteurs se compliquaient davantage la tâche juste après la pause. Le capitaine luxembourgeois, Peters, agressait Yoann Gourcuff à rendre jaloux un boucher néerlandais, alors qu’il avait été averti auparavant et que l’arbitre, M. Jug, après une courte réflexion décidait d’exclure l’homme de base de l’organisation du Luxembourg.

Payet trouve encore Gourcuff

Sans créer une réelle différence dans l'équilibre de la partie, les actions arrivaient, enfin. Gourcuff trouvait Joubert (65e), puis Hoarau, bien servi par Nasri manquait le cadre (70e). Des initiatives provenant d’un côté droit qui a pris le dessus depuis deux parties dans l’animation et l’efficacité française, avec un Réveillère intéressant.
Mais la France sait toujours se faire peur, même contre la 130e nation mondiale au classement FIFA. Blaise, sur le seul corner du Grand-Duché, concédé par Mexès, permettait à Lloris de tester sa concentration (74e). Mais, l’un des rares à avoir marqué des points en Moselle donnait le soupçon d’air frais qui semblait manquer dans les esprits bleus. Sur un coup-franc rapidement joué, Dimitri Payet trouvait Yoann Gourcuff qui expédiait une frappe flottante des 25 mètres dans la cage de Joubert (76e). En fin de match, Payet trouvait encore Gourcuff en pleine course, dont la tête était captée par Joubert (85e).
Donc, Gourcuff signe une deuxième rencontre avec une réalisation personnelle. Il a prouvé qu’il pouvait marquer contre une autre nation que la Roumanie. Mais qu’il avait désormais besoin de Payet comme passeur. De là, à ériger le meilleur marqueur de Ligue 1 et Stéphanois de surcroit comme prochaine cible du mercato lyonnais, il n’y a qu’un pas, qu’il convient de ne pas franchir, pour l’instant.
Autre perception entrevue en fin de rencontre, alors que le 4-2-3-1 était de retour, Nasri et Gourcuff pourraient être complémentaires, comme Benzema a semblé mieux s’entendre avec le Lyonnais, ce mardi qu’avec le Londonnien, samedi contre la Roumanie. Les deux meneurs, constamment opposés ont enfin évolué sous le maillot bleu en même temps. Gourcuff dans l’axe et Nasri se baladant sur les deux ailes. Et au moment où Ribéry est blessé et sans saveur depuis 2 ans et demi et que Malouda donne une sensation de motivation limitée actuellement, cette solution pourrait être creusée dans un futur proche.

Laurent Blanc va avoir du temps

Car désormais, Laurent Blanc a du temps, une denrée rare en football. Jusqu’au 25 mars, son équipe restera en tête du groupe D, sans jouer. Le jour de se rendre au Luxembourg, on en saura plus sur les sorts de Benzema au Real Madrid et de Mexès à la Roma ou sur les possibles retours en forme et en grâce de Ribéry, Abidal voire Evra.
Mais d’ici là, au cœur d’une hibernation aussi méritée que nécessaire, la France aura droit à deux matches de gala. Contre l’Angleterre, qui n’a pas dominé le Monténégro à domicile, mardi soir (0-0) à Wembley (le 17 novembre), puis au stade de France face au Brésil (9 février). Après, demandons aux syndicats de ne rien prevoir à ces dates-là, afin d'avoir un service maximum.

lundi 11 octobre 2010

Trois points et au lit

Sur la bonne voie depuis deux rencontres, l'équipe de France reçoit à Metz le Luxembourg, ce mardi. Pour clore 2010 sur une indispensable bonne note, un large succès est attendu.


Trois points avant une hibernation heureuse, tel est le scénario exigé aux hommes de Laurent Blanc. Le dernier match officiel en cette satanée année 2010 est attendu avec une angoisse si minimale que la Fédération a délocalisé l’affiche an province, à Metz, un signe que l’adversaire n’est pris que modérément au sérieux, comme les Féroé qui étaient venus à Guingamp (5-0), dans le fief de Noël Le Graet pour deux jours durant lesquels les Bleus avaient souri et signé des autographes, déjà. Après la formalité luxembourgeoise, il conviendra d’oublier tout ce qui s’est passé pour ne retenir qu’une seule image au fond de son cortex cérébral, un tableau même où la France présentera entre un et trois points d’avance sur le second dans la lutte à la qualification pour l’Euro 2012.
L’excès de suffisance pourrait même poindre, mais comment faire autrement. Le Luxembourg n’est qu’une nation mineure du football et ce n’est pas lui faire injure que d’imaginer une victoire avec un écart minimal de trois buts, alors qu'en 103 rencontres officielles, il n'a reussi à s'imposer qu'à huit reprises - douze matches nuls. Le Luxembourg a 32 500 licenciés et 135 clubs, elle est 48e nation continentale, juste devant les Iles Féroé. La France, même en déclin, à 20 000 clubs et près de 2 millions de licenciés. La comparaison est difficilement tenable. Mais au petit des comparaisons justement, en suivant, avec une pointe de malice, les derniers résultats, le Luxembourg est favori. Oui, comme la Biélorussie a battu la France (1-0) et le Luxembourg a tenu en échec ces mêmes Biélorusses (0-0), le Luxembourg devrait l’emporter 1 à 0 à Saint-Symphorien. Logique.

Contourner un bloc très bas

Plus sérieusement, après deux succès 2 à 0 dessinés dans les dernières minutes, les Bleus vont devoir plaire, sans le moindre bémol. Jouer, tirer, gagner et faire vibrer, surtout. Face à cette mission, Laurent Blanc pourrait privilégier une animation extrêmement offensive, contre une équipe qui devrait faire passer les derniers adversaires des tricolores pour des adeptes du football total. Car le Luxembourg ne va faire que défendre, mais vraiment défendre, très bas, limitant les espaces, annihilant toute profondeur.
Dans ces conditions, la qualité technique sera prépondérante. D’où la possibilité d’écarter Alou Diarra, pourtant point d’équilibre de l’équipe depuis deux matches et capitaine exemplaire au profit d’Abou Diaby. Le peu souriant et concerné Florant Malouda retrouverait peut-être un brassard et donc l'envie de jouer, qui sait? L’aile droite bien tenue par Valbuena pendant une mi-temps samedi devrait échoir Rémy, voire Payet. Quand au rôle de meneur de jeu, Nasri et Gourcuff sont en concurrence, même contre les nations faibles. Une titularisation de concert avec Diaby comme seul élément défensif au milieu serait tout de même osé, lorsque les certitudes sont si fragiles dans l’animation globale de l’équipe. Quant à Benzema, comme tout buteur, il a besoin de jouer et de marquer. Cette rencontre est comme un quitte ou double pour lui. S'il joue et ne marque pas, son statut de seul solution en attaque pourrait être remis en cause. S'il ne joue pas et que son remplaçant flambe, il serait dejà sous pression.
Finalement, la bonne solution n’existe pas avant le match, comme toujours. Samir Nasri au début du rassemblement voulait « donner mal à la tête à Laurent Blanc ». Attention tout de même à ne pas trop prendre d’aspirine. Le grand sommeil jusqu’au 25 mars et un déplacement officiel au Luxembourg est pour mardi, à partir de 23 heures, pas avant. Deux réveils de prestige face à l’Angleterre (17 novembre à Wembley) et face au Brésil (9 février au stade de France) seront tout de même requis. L'exigence est comme la victoire, elle devient vite indispensable.