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vendredi 7 octobre 2011

En pole position

En battant l'Albanie (3-0) ce vendredi soir au stade de France, les Bleus ont conservé la tête du groupe D avant la "finale" pour la qualification à l'Euro 2012 face à la Bosnie, mardi, 21 heures.
Saint-Denis (stade de France). Nasri, Malouda, M'vila et Evra félicitent Rémy auteur du deuxième but français.
L’équipe de France a gagné le droit de ne pas gagner, mardi soir face à la Bosnie, pour le dernier match de poule qualificatif à l’Euro 2012. C’est une bonne chose, sans doute, même si elle devra obligatoirement ne pas perdre, pour ne pas se rajouter deux matches de barrage, en novembre. En fait, la tête du Groupe D a connu un statu quo, ce vendredi soir. En dominant l’Albanie 3-0, pendant que la Bosnie battait le Luxembourg 5-0, la France a conservé la première place, avec une unité d’avance sur la sélection dirigée par Safet Susic. Les deux pays ont déjà assuré leur survie, au pire, puisque la Roumanie et la Biélorussie, troisièmes, ne peuvent plus les rattraper.
Seulement, si arithmétiquement la soirée fut parfaite, des points sont venus noircir les songes de Laurent Blanc. La sortie d’Evra à la mi-temps puis celle de Cabaye, quelques secondes plus tard, pour des gênes musculaires laissant craindre deux nouveaux forfaits, alors que Benzema, Ribéry, Matuidi et Sagna sont déjà indisponibles et qu’Abidal, Gameiro mais aussi Rami sont incertains pour mardi. À ce rythme, Thierry Henry va être rappelé de New York pour dépanner…

14e match sans défaite

Encore que, face à l’Albanie, les absents n’ont clairement pas manqué. Il s’agissait de l’Albanie, certes, elle même diminuée et déjà éliminée. Mais Debuchy, préféré à Révéillère pour ses repères avec Rami et Cabaye, sans doute, a été convaincant à droite. Comme Nasri et Rémy devant lui. Car, comme prévu, les Bleus évoluaient dans un 4-4-2 imparfait, en première période. Avec Nasri en faux milieu droit, naturellement attiré par l’axe, laissant le couloir à Debuchy et Rémy. Ce dernier, heureux de créer des brèches pour Bafetimbi Gomis, aussi maladroit à Saint-Denis qu’à Paris, cinq jours plus tôt. D’ailleurs le duo a fait la différence. Rémy passeur pour Malouda (11e), puis buteur, sur un travail de Nasri (38e). Malouda buteur et à gauche. En difficulté aussi bien chez les Bleus que chez les Blues, il a démontré, par ce septième but en sélection, qu’il savait être décisif, même si son match fut très discret, encore une fois.
Quant à l'inédite charnière centrale, composée de deux stoppeurs, Kaboul-Rami, elle n’a pas rassuré, puisqu’elle fut trop peu testée par les Albanais. Contrôler Salihi et Hyka est une chose. Dzeko, Ibisevic, Pjanic en est une autre. Au moins, que ce soit un axe Rami-Kaboul, Rami-Abidal ou même Varane-Koscielny, il sera protégé par M'vila. Le Rennais, propre dans le jeu, a réussi à éviter de prendre un carton qui l'aurait privé de la finale face aux Bosniens. Vu l'état de forme actuel de Diarra, c'est à classer parmi les bonnes nouvelles. D'ailleurs, Lloris a pour la troisième fois (et la seconde de suite) remplacé le milieu marseillais, de plus en plus remplaçant en Bleu, dans le rôle de capitaine.
La victoire rapidement assurée, Blanc a demandé à son équipe de passer en 4-3-3 et de ralentir le rythme. Nasri a continué à orienter le jeu (116 passes réussies, son record en Bleu était de 69 jusque-là, ndlr) et les remplaçants se sont invité à la fête. Martin a décalé Réveillère, buteur depuis la gauche et… du gauche (3-0, 67e). Et pour compléter la fête, à la demande du public, Cissé est entré.
Bref, tranquillement, l’équipe de France a ajouté une quatorzième rencontre à sa série d’invincibilité. Une quinzième l’enverrait en Ukraine et en Pologne en juin 2012 avec l'Espagne, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie et l'Angleterre, déjà qualifiés. 


Le film du match
7e: Après une belle attaque en triangle, Gomis est lancé par Nasri plein axe. L'attaquant tente de piquer son ballon et lober Ujkani mais il ne cadre pas.
11e: Rémy s'échappe sur le côté droit et centre vers Gomis, trop court. Malouda reprend de volée du gauche et trouve le chemin des filets. Le tir est légèrement dévié par Daliku. 1-0
25e: Corner côté gauche tiré par Cabaye. Rami plus prompt qu'Ujkani, place sa tête des 5,50 mètres mais expédie le cuir à quelques centimètres des montants.
38e: Nasri perfore et fixe la défense puis lance Rémy dans l'intervalle. L'attaquant frappe de l'intérieur du droit vers le petit filet opposé. Ujkani aide le Marseillais en déviant le ballon dans ses propres filets d'une Madjer ! 2-0
40e: Suite à un arrêt de Lloris, sur une frappe de Lika, l'Albanie obtient un corner. Duro le tire au premier poteau. Lila ne parvient pas à reprendre de la tête et Lloris s'empare, avec un peu de chance, du ballon.
62e: Nasri chercher Gomis dans la surface d'une superbe passe lobée. L'attaquant essaye de reprendre l'offrande en pivot et de volée du gauche mais manque le cuir. Ujkeni s'empare du ballon.
66e: Suite à une belle séquence collective, Martin lance Réveillère dans le dos de la défense. Le latéral reprend de l'intérieur du gauche en direction du premier poteau. Le tir effleure le poteau et finit sa course au fond des filets ! 3-0

lundi 3 octobre 2011

Paris prend la tête


Grâce à des réalisations de Pastore et Jallet, Paris a remporté le duel au sommet qui l'opposait à Lyon (2-0), ce dimanche soir au parc des Princes.

Ce dimanche soir, le PSG a tranché la question de l’égalité absolue entre lui et l’Olympique Lyonnais ; co-leaders du Championnat avec des parcours identiques (5 victoires, 2 nuls et 1 défaite) et les mêmes nombres de buts marqués (14) et encaissés (7). On a d’abord pensé que le trône de la Ligue 1 resterait partagé. Parce que la différence entre les deux formations fut infime lors d’une agréable première période. Deux équipes préférant la contre-attaque à l’attaque placée et aimant s’illustrer par des raids solitaires de leurs solistes favoris (Bastos, Pastore et Ménez principalement). Les occasions se succédaient, sans que l’une des deux formations ne réussisse à prendre le dessus.
Pourtant, Rémi Garde avait prévu une petite surprise en préférant Lacazette à Pied pour épauler Gomis. Un choix plutôt judicieux puisque le jeune homme (20 ans), qui honorait sa première titularisation de la saison, a réussi à semer le trouble entre les lignes parisiennes, sans être décisif. Comme sur une tête non cadrée (22e). Mais l’inefficacité lyonnaise du soir est plutôt à reprocher à Gomis. En état de grâce cette saison, l’avant-centre aux huit buts toutes compétitions confondues, rappelé par Blanc en sélection pour les deux matches décisifs, a constamment péché dans le dernier geste, ne trouvant pas le cadre, alors qu’il était dans des positions enviables et servi par son fournisseur attitré de caviars, Michel Bastos (50e et 71e principalement). Le concurrent de Gomis pour occuper la pointe de l’attaque tricolore face à l’Albanie en cas de forfait de Benzema n’était pas davantage en réussite. Gameiro trouva Lloris sur la trajectoire de ses frappes puissantes (5e, 20e).

Pastore, évidemment

Seulement, la différence fondamentale entre les deux équipes est que l’une pouvait compter sur son Argentin. Pas l’autre. Lisandro, qui aime tant ce genre de matches, était absent, toujours blessé. Javier Pastore, lui, était bien sur la pelouse du Parc des Princes. Et s’il a gâché quelques munitions en première période, se montrant parfois un brin trop individualiste, il a surgi alors que l’intensité de la partie était tombée depuis l’entame de la seconde période. À la 65e, il déposa Koné, auteur d’un bon match, et profita de la seule petite erreur de Lloris. Le potier de l’OL anticipa un centre du numéro 27 du PSG pour Ménez ou Gameiro et laissa un espace entre son premier poteau et lui. L’Argentin saisissait cette chance, en force.
Pastore, en six titularisations en Ligue 1, c’est déjà cinq buts et deux passes décisives. Et justement, décisif, il l’est. Par ses réalisations, qui font de lui le 3e meilleur marqueur du Championnat (à égalité avec son coéquipier Gameiro), il a apporté un bonus de cinq points, soit le quart du total du PSG ! À ce rythme, les 11 buts inscrits par « El Flaco » la saison dernière sous le maillot de Palerme vont être atteints avant la fin de l'année civile.

Lyon sans solution de rechange

Le parc des Princes, comble, pouvait exulter après le nouvel exploit de son si cher meneur de jeu. Même si Lyon avait des opportunités de revenir, l’absence de banc de touche compétitif a semblé annihiler les chances lyonnaises. Malgré la faillite d’un milieu de terrain lyonnais très bon en première période, seul Belfodil a été lancé par Garde, pour remplacer Lacazette, dont l’endurance est le principal manque. Dans le temps additionnel, d’une volée sur un coup franc tiré par Nene, Jallet (qui venait de sortir d’un banc parisien plus fourni puisque Sissoko et Chantôme sont aussi entrés alors qu’Erding est resté assis) n’a fait qu’entériner la prise de pouvoir du club de la Capitale sur la Ligue 1, avec trois points d’avance sur Montpellier, Toulouse et Lyon.
Des Lyonnais, sur deux défaites de rang en Ligue 1 à l'extérieur (à Caen, 1-0) et qui n’ont signé que deux succès à l’extérieur en sept matches, toutes compétitions confondues. Après avoir battu Marseille (2-0), qui a encore prouvé ce dimanche après-midi qu’il avait d’autres soucis que celui de penser au titre, la jeune et en reconstruction formation de Rémi Garde n'a pas manqué son premier grand test, malgré la défaite, en étant ambitieux et dangereux. Mais alors que le Championnat va dépasser son premier quart dans deux semaines, l’OL a désormais trois unités à rattraper sur le PSG. C’est peu, mais ce Paris Saint-Germain n'est pas encore au point et se repose surtout sur ses individualités, notamment Sirigu et Pastore. Cette première place est donc une promesse formidable.

Le film du match

5: Ménez décale Gameiro aux 16 mètres grâce à un petit pont sur Cissokho. La frappe en force de l'avant-centre parisien est repoussée des poings par Lloris.
20: Gameiro s'infiltre dans la surface, décale Pastore qui est un peu court et ne peut que pousser le ballon du bout du pied. Kallstrom détourne le cuir sur son poteau avant que lloris, battu dans un premier temps, récupère le ballon.
22: centre tendu de Cissokho pour Lacazette, seul au premier poteau. Sa reprise de la tête est passe au-dessus.
29: Pastore s'approche des 18 mètres, se débarrasse de Lovren d'un crochet intérieur puis enchaîne avec un petit pont sur Briand qui le touche légèrement. L'Argentin s'écroule dans la surface ... mais l'arbitre donne un coup franc sur la ligne des 16,50 mètres. Le coup-franc ne donne rien.
42: Lugano avance et, n’étant pas attaqué, il frappe de 30 mètres. Lloris détourne en corner.
50: Bastos, décalé à gauche, lève la tête et voit Gomis au 2e poteau. Camara est trop court pour couper la trajectoire du ballon, mais le tête croisée de l'attaquant passe à 20 centimètres du poteau opposé.
60: combinaison Pastore-Nene qui décale Bodmer aux 18 mètres. Légèrement excentré le milieu de terrain décoche une frappe lourde qui passe à côté du but de Lloris.
65: Pastore débloque la situation en enrhumant Koné sur le côté gauche de la surface d'une feinte de corps avant de battre Lloris d'une frappe du gauche précise. Le portier avait sans doute anticipé un centre et ferme mal son angle. 1-0
70e : contre-attaque parisienne avec un deux contre un Pastore-Gameiro face à Lovren. L'Argentin sert parfaitement son coéquipier qui bute sur une sortie parfaite de Lloris en face à face.
71: sur l'action suivante, Bastos se joue de Ceara sur le côté gauche avant d'offrir sur un plateau le ballon de l'égalisation au point de penalty à Gomis mais celui-ci ne trouve pas le cadre d'une tête placée qui termine à quelques centimètres.
75: Pastore sert Ménez dans la profondeur. L'ancien Romain, au duel avec Reveillère, ouvre trop son pied et manque le cadre.
79: Nene sert Gameiro dans la surface, qui tente une reprise instantanée qui passe au dessus.
90: sur le coup franc tiré par Nene, le ballon survole la défense lyonnaise et arrive au deuxième poteau où Jallet surgit et marque du pied droit. 2-0

mardi 22 février 2011

Gomis offre un quart d'espoir

La réalisation tardive et méritée de Bafetimbi Gomis permet à Lyon de conserver un espoir de voir les quarts de finale en éliminant le Real Madrid pour la deuxième année consécutive. Mais son compatriote, Karim Benzema avait assuré l’essentiel en marquant le fameux but à l’extérieur. Lyon devra être encore plus fort le 16 mars pour passer.
C’est mal payé. Oui, 25% de chances de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des Champions après avoir fait trembler le recordman de victoire de la compétition (neuf), c’est peu. Et encore, à huit minutes du terme de la rencontre, la situation était bien plus compromise.
Invité désormais inconditionnel de la phase finale de la C1, l’Olympique Lyonnais démontre une maîtrise toujours aussi surprenante lorsque l’on ne parierait pas un seul centime sur sa qualification. Comme désinhibés par le statut de victimes expiatoires, les Lyonnais ont attaqué la partie avec envie et panache. Maîtres du jeu et de l’entre jeu surtout, ils ont semé le désordre dans l’organisation de Mourinho, le regard noir et le calepin en main pour essayer d’enrayer les chevauchées de Delgado et de Cissokho. Mais si l’OL connaît trop bien ce niveau, il sait que le réalisme est le bâton de pèlerin à tout espoir. Alors les occasions sont passées, la faute à un détail, comme le bout du coude de Casillas déviant la frappe de Gomis (34e).
Une débauche d’énergie enviable en première période qui n’était pas viable pour la suite. Ainsi Gourcuff, Delgado et Bastos (suspendu au retour) se trouvèrent dans un creux physique au même moment, permettant au Real Madrid d’enfin étaler sa supposée supériorité. En l’espace d’une minute, Ronaldo trouva le poteau (49e) et Ramos la transversale (50e). Adebayor, lui, sevré de ballon par un bon Cris, errait sur tout le front de l’attaque, avant de laisser sa place à Benzema, chaleureusement applaudi par son ancien public, qui allait se rassoir 47 secondes plus tard. Le temps pour l’avant-centre des Bleus de valoriser encore davantage ce mois de février, le plus court de l’année, mais le plus abouti de sa jeune carrière madrilène. Ozil piqua la balle à Toulalan, la passa à Ronaldo qui servit instantanément Benzema, solide face au retour de Reveillère et opportuniste devant Lloris en passant le cuir entre les jambes du portier, alors qu’il glissa sur sa frappe (65e). Félicité par tous ses coéquipiers, Benzema marquait son cinquième but dans la compétition, le quatrième face à un club français (triplé face à Auxerre, 4-0) et s’affichait un peu plus comme un titulaire plausible, à défaut d’être incontournable.

Gomis répond à Benzema devant Gasset

C’est dans ce genre de situation que Lyon peut se targuer d’avoir une vraie force mentale. Avant, Juninho aurait mené la révolte, avec un coup franc à la clé. Là, ce fut Briand et Pied, des remplaçants pleins d’entrain, qui sonnaient la charge et Gourcuff au coup franc. S’il n’a pas le talent du Brésilien, le jeune breton, repositionné en meneur de jeu dans un 4-2-3-1 après 15 minutes de jeu, sait s’avérer décisif depuis quelques semaines. Même si l’exécution du coup de pied arrêté était anodine, il parvenait sur la tête de Cris, dominant Xabi Alonso et passeur un brin involontaire pour Gomis. Seul à six mètres, il faisait un plat du pied parfait pour battre Casillas, immobile, les bras en l’air pour quémander un hors-jeu alors que son camarade champion du monde, Sergio Ramos, couvrait le buteur (83e), récompensé pour son énorme travail. Le début d’une furia lyonnaise qui s’avérait peu dangereuse, si ce n’est à prendre rendez-vous pour le 16 mars au stade Santiago Bernabeu.
Bien sûr, la tâche ne sera pas aisée. Le quart de héros ayant renversé la situation après avoir concédé le nul 1-1 à la maison n’a pas eu sa majesté madrilène à éliminer. Mais Lyon est toujours invaincu face au Real, après sept rencontres. Et un petit 1-1, comme l’an dernier au même stade de la compétition, pourrait une nouvelle fois suffire. À condition de passer par les tirs au but. Avec le retour de Lisandro - maître dans l’art de frapper comme un sourd dans le ballon, à se martyriser les adducteurs -, les Lyonnais peuvent espérer et penser à tous les scénarios possibles. C’est déjà une petite victoire…