mercredi 9 février 2011

L'histoire continue

La France a engrangé une bonne dose de confiance pour la suite de l'année 2011 en battant le Brésil, réduit à 10 en fin de première période.

Comme un fil ininterrompu, Laurent Blanc avait appelé les hommes forts de l’automne 2010 pour débuter l’année 2011 de l’équipe de France. L’état de forme étant relégué à un critère transitoire, sauf pour le rebelle de Saint-Etienne, Payet. Comme un fil ininterrompu, neuf des onze titulaires du succès du 1è novemlbre 2010 à Wembley face à l’Angleterre (1-2) étaient au coup d’envoi face au Brésil, ce mercredi. Les absents, Valbuena et Nasri, étant blessés et remplacés par Ménez et Diarra. Comme un fil ininterrompu, Alou Diarra était capitaine. Ce qu'il est automatiquement quand il est titulaire, même s’il la fonction n’est pas officiellement la sienne, cela y ressemble.
Tant de certitudes nouvelles, après des années de floues, venant se heurter à deux certitudes d’un passé plus ou moins récent ayant trouvé des confirmations, ce mercredi, au Stade de France. D’abord, la France est bien la bête noire du Brésil. Pour la sixième fois consécutive, elle ne s’est pas inclinée face aux quintuples champions du monde. Des Brésiliens frustrés depuis le 26 août 1992 qui, en plus, n’ont toujours pas inscrit le moindre but au Stade de France, en trois tentatives face aux Bleus. Heureusement, un soir de match d’ouverture de Coupe du monde 1998, le Brésil avait battu l’Ecosse (2-1, le 10 juin) dans l’enceinte dionysienne. Sans quoi une malédiction aurait certainement été évoquée par les hommes de Mano Menezes. Et toute nouvelle proposition de joute amicale rejetée sur le champ.
Autre fait qui s'encre, Karim Benzema est bien le meilleur attaquant français. Ce qui veut tout et rien dire à la fois, tant Gameiro, Rémy ou Hoarau ne sont pas des ballons d’or en puissance. Et tant mieux pour eux, si le futur vient infirmer cette affirmation. En sept parties depuis l’intronisation de Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France, le joueur du Real Madrid a inscrit quatre des dix buts des Tricolores. Face au Brésil, il fut l’unique vecteur de danger dans une deuxième période dominée par les Bleus, à défaut d’avoir été survolée. Logiquement, il a marqué sur un service parfait de Ménez.

Un rouge qui tue le match

Mais en réalité, le match aura duré 40 minutes. Et de s’apercevoir qu’il était autorisé de s’essuyer ses crampons sur le torse de son adversaire en finale de coupe du monde (De Jong sur Xabi Alonso en 2010) mais pas en match amical. L’arbitrage anglais illustré par M.Webb en Afrique du Sud doit être à ce point plus clément que l’allemand, représenté par M. Stark, ce mercredi. Ou alors, l’un des deux s’est trompé. A moins que ce ne soit les deux… Hernanes fut ainsi exclu pour ce geste, tout sauf excusable, sur Karim Benzema.
Jusqu’à ce fait majeur, les Bleus jouèrent en mode mineur. Comme des enfants, aurait dit le capitaine de l’ère Knysna, Patrice Evra, malgré une entame intéressante, distinguée par une frappe de Benzema, bien servi par Gourcuff. Mais ce dernier n’est pas sorti de son profond puits. Ou par intermittence. Juste pour humer l’air de Saint-Denis et entendre les sifflets à sa sortie. Malgré une activité louable, il a subi dans un cœur du jeu dépassé pendant 40 minutes. Ses compères, M’Vila et Diarra, dans des formes passables, au mieux, ont aussi été en souffrance, multipliant les pertes de balle. Le plus rassurant se situa certainement derrière avec une paire Rami - Mexès complémentaire et autoritaire face aux trublions Robinho et Pato.

Le Brésil encore tendre

Pour le reste, le premier acte fut dominé par les Brésiliens, trop éteints par le carton rouge. Sans être très percutants, ni même outrageusement dangereux, ils manoeuvraient avec calme la partie. Santos démontrait qu’encore aujourd’hui au Brésil les termes latéral et ailier ont une origine consanguine, André Luiz qu’un défenseur est le premier attaquant, Julio César qu'un gardien brésilien peut être bon et régulier et Robinho qu’il pouvait être le capitaine crédible de ce jeune Brésil tourné vers 2014 et le mondial qu’il organisera. Ainsi, six joueurs ne dépassaient pas les 25 ans au coup d’envoi (quatre pour la France) alors que Ganso et Neymar, les prodiges de Santos, sont actuellement avec le Brésil pour la Copa America des moins de 20 ans…
Mais tout cela n’a pas d’importance. Le seul souvenir de ce 14e France - Brésil restera ce but victorieux de Karim Benzema dans un stade de France plein. Même l’état de la pelouse, indigne pour des footeux mais normale après le passage des rugbymen de la France victorieux de l’Ecosse.
Surtout, comme un fil ininterrompu, cette équipe de France en reconstruction sait gagner face aux nations de son rang, même sans démontrer une assurance extraordinaire. Certes les succès contre une Angleterre décimée et le Brésil étaient en amical. Et alors ? Dans le passé, l’Espagne était ralliée pour briller lors de ces rencontres sans enjeux et craquer dans les matches décisifs. Actuellement, elle est en tête du classement FIFA avec les derniers Championnat d’Europe et Coupe du monde dans sa vitrine. Il y a des modèles moins enthousiasmants. Film du match.-
9e : Énorme occasion pour Benzema suite à une déviation de Gourcuff. Il place un bon tir à ras de terre croisé qui passe à quelques centimètres du poteau droit de César.
13e : Pato hérite d'un bon ballon aux abords de la surface. Il s'emmène le ballon du pied droit jusqu'aux 16 m avant d'enrouler une frappe en cherchant la lucarne opposée. Mais le ballon s'envole de peu au dessus de la transversale.
36e : Rami manque une intervention de la tête, profitant à Robinho, seul aux 16 mètres, qui manque le cadre de très peu.
40e : Hernanes est expulsé directement pour avoir laissé traîner ses crampons sur la poitrine de Benzema.
48e : Centre de Malouda pour Benzema au point de penalty. Le Madrilène réussit son contrôle de la poitrine avant d'enchaîner sur une reprise du gauche mais Thiago Silva se jette et contre le ballon du dos.
54e : Ménez s'infiltre entre trois adversaires sur le côté droit. Le Romain fait la différence et offre un caviar à Benzema qui n'a plus qu'à pousser le ballon au fond des filets du gauche, seul aux six mètres. 1-0
58e : Superbe intervention réflexe de Julio César sur une tête à bout portant de Benzema. Sagna centre de son aile droite, Gourcuff est au duel aérien avec Thiago Silva mais c'est Benzema qui est à l'affût et qui catapulte du crâne le ballon qui traîne.
61e : Benzema est intenable et oblige une nouvelle fois Julio César à s’employer sur une frappe puissante à ras de terre.
90e : Belle intervention de Lloris dans les pieds de Hulk qui avait échappé à la vigilance de la charnière centrale en partant à la limite du hors jeu.


Réactions.-
Laurent Blanc
(sélectionneur de l'équipe de France):
Qu'avez-vous pensé de cette rencontre ?
Quand tu gagnes, tu es satisfait. Le fait d'avoir joué à onze contre dix a été plus facile pour nous. Après, dans le contenu, j'ai aimé ce que j'ai vu. Il y avait une intention de jeu, on a voulu rivaliser avec les Brésiliens, notamment dans la possession du ballon. Je retiens beaucoup de positif.

L'équipe de France a battu l'Angleterre et le Brésil. Cela a quelle valeur pour vous ?
Pour notre objectif, la qualification à l'Euro 2012, ces deux victoires ne rapportent rien. Mais ces deux matches doivent nous permettre de capitaliser de la confiance pour les joueurs et le collectif. La suite, ce sont des matches de qualification et il faudra qu'on s'en serve énormément.

Que retenez-vous de la prestation de Karim Benzema ?
Il a marqué un but qui nous a fait gagner. Et il aurait pu en marquer plus. Chaque fois qu'il touche le ballon, il est dangereux, très dangereux même. Karim a réalisé un grand match ce soir.

Philippe Mexès a été élu homme du match. Comment l'avez-vous trouvé ?
Forcément quand la victoire est au bout, les productions individuelles sont meilleures. Le bloc défensif a été solide. La défense a réalisé un grand match. Adil (Rami) aussi a été bon. Et Hugo (Lloris) a réussi la parade qu'il fallait.

Jérémy Ménez a été actif et plus efficace que d'habitude. Est-ce aussi votre avis ?
Il a été décisif sur le but. Il est capable de grandes choses et on le sait. Je l'ai senti un peu timoré en début de match. Je tiens à dire que ce n'était pas sa seconde chance, contrairement à ce qui a été dit ou écrit. C'est un garçon de talent, il joue dans un grand club et il a un potentiel énorme. Mais il doit s'améliorer.

Quant à Yoann Gourcuff, il est sorti sous les sifflets. Ils étaient justes ou sévères ?
Sa prestation m'a plu, il a été au diapason de l'équipe. Il s'est rendu disponible, a montré de l'envie mais il a raté des choses. Le niveau qui est le sien à la base ne va pas revenir d'un coup de baguette magique. Il doit faire plus. Il travaille.» (L'Equipe.fr)

Mano Menezes (sélectionneur de l'équipe du Brésil):
Votre équipe vient de perdre contre la France après s'être inclinée face à l'Argentine (0-1). Etes-vous inquiet ?
Les défaites sont toujours difficiles à vivre mais il faut séparer chaque match. Là, nous avons été privés d'un joueur pour une grande partie de le rencontre. Il était alors compliqué de trouver ses marques après ça. Mais les joueurs ont su réagir et nous avons eu deux ou trois occasions pour égaliser. Cependant, il nous manque un peu d'habitude. Nous n'avons pas beaucoup de temps pour préparer ces matches. Pour les grandes compétitions, comme la Copa America, j'aurais plus de temps pour choisir mes joueurs et alors nous verrons.

Pensez-vous que l'expulsion de Hernanes a faussé la partie ?
Cette expulsion a influencé les choses, c'est certain. Dans un premier temps, la Seleçao a bien joué. Nous avons récupéré pas mal de ballons et lancé plusieurs offensives. En seconde période, il a fallu se sacrifier. C'était une erreur mais ça arrive. Nous aurions dû gérer la partie avec plus de calme.

Cette défaire remet-elle en cause votre stratégie, qui est de faire confiance à de très jeunes joueurs ?
Non, je n'ai pas de doute quant à la stratégie employée. Nous sommes dans une phase de risques. Des joueurs comme Kaka ou Ronaldinho pourraient résoudre certains problèmes, mais ce n'est pas ce que je recherche. Nous sommes en train de travailler pour le futur et je veux voir ces joueurs là. Certains ont commis des erreurs, mais nous n'allons pas abandonner après ce genre de matches. C'est bon pour leur expérience et cela va leur forger un esprit plus fort.» (L'Equipe.fr)

Karim Benzema (buteur de l'équipe de France):
"On est très content. De la manière aussi parce qu’on a fait un très beau match. Je pense que tout le monde est satisfait sur le terrain et également les supporters qui sont venus voir un très beau match de football. C’est toujours un grand plaisir (ndlr : de marquer face au Brésil). C’est une grande équipe du football. Je suis super content comme tous les joueurs de l’équipe de France." (TF1)

mercredi 26 janvier 2011

Bordeaux sans berger?

Bordeaux traverse une crise - de résultat et de confiance - qui ne cesse de s'aggraver, faute de sérénité dans la gouvernance.
Le Haillan a perdu de sa splendeur tranquillité. Le nid imperméable à la mièvre pression médiatique a pris feu. Comme si la présence quotidienne du président Jean-Louis Triaud et de la moitié de l’effectif dans les journaux pour convaincre Kévin Gameiro de rejoindre les Girondins avait retourné la Garonne. Le Lorientais a poliment décliné l’enterrement au cœur des vignes. Et avec ce refus, la machine s’est emballée un soir de défaite sur la Cannebière. Le match de la dernière chance perdu, le vestiaire s’est ouvertement fracturé. Les brouilles entre des égos surdimensionnés ont explosé et tout un effectif, ou presque, s’est carrément désolidarisé de son entraîneur pour sortir piteusement en Coupe de France à Angers. Entre deux revers, Moussa Maazou a avoué qu’il se « battait les couilles » du mécontentement des supporters et que ses coéquipiers ne lui donnaient pas de bons ballons.
Alors que Paris, Lyon, Saint-Etienne et Marseille tiennent leurs rangs, les médias ont tourné leurs caméras vers le Sud-Ouest. Logique. Surtout quand le club ne sait pas gérer les crises depuis si longtemps.
Alors tout sort. Que Michel Pavon, l’adjoint et accessoirement directeur sportif, a retourné le vestiaire du FCGB contre l’entraîneur principal, Tigana. Pourquoi ? Pour prendre sa place, pardi. Son cuisant échec de 2003 à 2005 (12e et 15e) n’a pas suffit. Il attend depuis que le train repasse. Triaud y est favorable. Pas Nicolas De Tavernost, le PDG de M6, actionnaire du club. Alors le président a pensé à Courbis, au casier judiciaire trop lourd pour l’actionnaire. Baup, alors. Les longs mois de procédures aux prud’hommes ont irrité M6, qui préférerait Ricardo. Soit quatre des six derniers entraîneurs Girondins. Que d’imagination. Surtout que Blanc est pris et ne reviendra jamais et que Stéphan est désormais adjoint de Deschamps à Marseille.
Du coup, comme pour le recrutement d’un attaquant, faute d’accord, on mise sur le statu quo assumé.


Les supporters deviennent chèvres


Seulement les supporters sont entrés en résistance. Contre Maazou, qui est désormais exclu du groupe. Et contre les joueurs en général. Pas forcément l’entraîneur. Jean Tigana aime Bordeaux. Il n’a jamais triché avec ce maillot sur les épaules. Il est revenu pour aider son club. Certes, c’est un échec sportif et son départ paraît inévitable tant la fracture avec son groupe est profonde. C’est peut-être même ses méthodes, trop froides et rigides, qui sont révolues. Mais entendre Diarra vouloir un « déclic » et dire qu’il ne veut pas rester deux ans sans jouer la Ligue des Champions est insupportable. Qu’il soit irréprochable sur le terrain. Il la jouera peut-être même à Bordeaux. Ciani rêve d’Arsenal et des Bleus deux jours après avoir offert deux buts à Marseille. C’est au mieux drôle. Au pire pathétique. Alors, les supporters ont tagué le centre d’entraînement. Ils l’ont rebaptisé la "bergerie". La seule réponse du club fut d’instaurer un huis clos généralisé. Pour le dialogue et les excuses, veuillez repasser.
En début de saison, Lyon a traversé une crise bien plus violente. Les plus fidèles supporters demandaient le départ de l’entraîneur à chaque match, même à l’extérieur. Le journal L’équipe a visé Puel. Aulas s’est énervé, trop sûrement. Mais depuis 13 matches en L1, Lyon ne perd plus. Et l’OL pourrait bien remporter le titre en mai prochain. C’est bien connu, on apprend plus de ses échecs. Bordeaux s’est découvert des failles à tous les étages. Dans le haut de la bergerie, surtout…

mardi 28 décembre 2010

Mon onze cheap de la phase aller

Seule règle pour appartenir à ce onze du pire de la Ligue 1: jouer. Donc pas de Planté, Licata, Ederson, Bellion ou autres.... Trop facile. Enfin, être à Arles-Avignon est fortement handicapant. On ne tire pas trop sur les ambulances, en somme.

Gardien:
Runje c'est un match de folie contre Bordeaux pour finir six mois très faibles. Et en plus, il trouve le moyen d'être en première ligne des joueurs révoltés par le public lensois. Valverde a vécu une fin d'année un peu difficile alors que Sorin n'a pas été décisif comme la saison dernière.

Défenseurs:
Si Runje est le plus mauvais gardien, il le doit aussi à sa défense. Ainsi, Bédimo et Chelle l'accompagnent dans l'équipe du pire de la L1. Gace à Nice souffre aussi régulièrement. Le voisin monegasque n'a pas la défense la plus rassurante de France. Et Adriano, qu'il soit à droite à gauche ou dans l'axe, n'y est pas étranger. A Toulouse, Fofana n'est as davantage brillant.

Milieux:
Erbate est le seul de l'ACAA dans l'équipe. Pourtant les Grecs Charisteas et Basinas auraient mérité le brassard de cette équipe. Mais leur apport a été tellement insignifiant. En revanche, le marocain a signe un deuxième échec en deux tentatives en France. Après six mois à l'OM, le voici renoncé au bout de six nouveaux mois à Arles-Avignon. Mais après un retentissant raté en défense, il semblait s'imposer au milieu. Une énigme. Dans cette catégorie tous les milieux de Monaco ont leur plcae (Haruna, Coutadeur, Mangani, Gosso, Costa...). Sessegnon a logiquement perdu sa place dans l'équipe type du PSG, s'est fait insulté par son entraîneur et on l'empêche quitter la capitale. Six vrais mois de merde pour un faux talent. Le Okocha du "cheap".

Attaquants:
Il y a des postulants, malheureusement pour la Ligue 1. Mbokani n'est vraiment pas le Dieu de l'ASM. Avec un but pour trois avertissements, les 7 M€ sont loin d'être amortis. Bordeaux a obtenu le pprêt de Maazou. Une sacrée bonne idée tant l'attaquant passé par Monaco est désespérant. Yoan Gouffran (2 buts en 17 matches) traîne sa maladresse sur l'aile droite de Bordeaux comme Braaten à gauche à Toulouse qui a brillé trois matches avant de redevenir pataud (4 buts mais 1 sur ses 13 dernières rencontres). Il espérait succéder à Gignac. Raté. Justement, André-Pierre (1 but en 13 matches) collectionne les sifflets et les échecs. Il n'a pas assimilé l'emblème de l'OM "Droit au but". Vahirua (3 buts en 13 matches) a aussi un problème d'intégration à Nancy alors que Rivière (3 buts en 19 matches) ne confirme pas les espoirs placés en lui à Saint-Etienne. Enfin, une question, à quand remonte la dernière bandelette sortie par Maoulida? Le 7 août pour une défaite contre Nancy (1-2). Depuis, 14 matches sans la moindre réalisation.

lundi 27 décembre 2010

Mon onze type de la phase aller

Gardien :
Sans lui, Bordeaux serait certainement relégable. Cédric Carrasso est le seul - avec Plasil et Fernando et Trémoulinas à un degré moindre - à être au niveau dans une équipe en déliquescence depuis un an. Ultra-décisif lors face à Paris, Marseille, Lyon, Sain-Etienne, Arles-Avignon, il est installé en équipe de France et mériterait une première sélection. Mais Lloris et Mandanda sont aussi dans le rythme cette saison. Ospina, quant à lui a levé les quelques doutes datant de la saison passée.

Défenseurs:
L'axe est aussi prolifique que les ailes sont déplumées. De fait, quatre actuels axiaux prennent place dans cette défense idéale. Paul Baysse est une des vrais révélations des six premiers mois. Parfois à droite, parfois dans l'axe, l'ancien sedanais est un élément essentiel de la réussite brestoise. Comme Ecuele Manga à Lorient. Lui aussi ancien de L2, il a déjà fait oublié Koscielny et Marchal pour devenir le maitre de la défense des merlus. Preuve que la défense est une spécialité bretonne, Mangane réalise aussi une bonne saison. Le capitaine de la meilleure défense de L1 est le sage indispensable au milieu de jeunes (Catherine, Kana-Biyik, Danzé...). Enfin Armand, positionné à gauche, est devenu indispensable à Paris dans l'axe, formant avec Sakho une charnière de gauchers très complémentaire et performante. Mais le couloir gauche est tellement déserté en L1. Cissokho est décevant, Trémoulinas ne revient que depuis deux mois, Taiwo et Heinze sont irréguliers, Grichting est en deça et a été blessé... Et à droite ce n'est guère mieux, Azpilicueta a vécu une intégration compliquée à la Ligue 1 avant de se blesser, Fanni enchaîne les parties au mieux correctes. Reveillère, Baca et Hengbart ont eu le mérite d'être réguliers.

Milieux:
Cabaye et Pedretti sont justes bons. Comme d'habitude, sans faire de bruit. Proches d'eux, il y a M'vila, Kallstrom, N'dinga, Cohade, Capoue, Matuidi ou Plasil. En revanche, Chantome est LA révélation. Irrégulier jusque là, il a poussé Clément et Bodmer sur la banc. Seul hic, il n'est pas encore décisif (0 but et 0 passe).
Plus haut, Marvin Martin symbolise la jeunesse talentueuse de Sochaux (avec Cros, Boudebouz, Anin...). Il est aussi le meilleur passeur du Championnat. Dans la ligné des Pedretti et Meriem.

Attaquants:
Moussa Sow meilleur buteur après 19 journées, la cote était monstrueuse. Parfois catalogué maladroit et donc placé sur les ailes, il a prouvé son réalisme avec 14 buts. Une confirmation est attendu pour ne paz connaître une suite à la Poussilou ou à la Bellion... El Arabi est aussi une révélation. Mais après un début de saison canon, la Caennais marque un peu le pas, comme toute son équipe. Comme Payet à Saint-Etienne qui s'est éteint en même temps qu'il enchaînait les sélections. Le contraire de Lisandro qui porte une large partie du retour lyonnais du bout de sa barbichette ou Hazard qui a effacé un bien terne début. Par contre, Nenê a plutôt été crescendo. Recruté 6M€ à Monaco, Paris suit les performances de son brésilien qui vampirise les ballons et l'attention, comme un cran en dessous de Mounier à Nice.

mercredi 15 décembre 2010

CFoot, c'est quoi?

A partir de l'été 2011, une nouvelle chaîne de football va voir le jour en France. Nommée CFoot, elle sera dirigée par la Ligue de Football Professionnel. Objectif : faire peur à Canal +.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) s’est immiscé bien malgré lui dans la guerre des droits télévisuels. Et a offert à la Ligue de Football Professionnel (LFP) un cadeau qui pourrait rapidement devenir empoisonné en lui confiant la fréquence sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT) payante qui était libre. Ce choix peut être surprenant. D’abord à la vue de la concurrence. Le groupe Canal + avait proposé une chaîne existante - Canal + Family - afin de combler son offre Canal + 3 étoiles (avec Canal +, Canal + Sport et Canal + Cinéma), un abonnement via la TNT. Une chaîne familiale comme son nom l’indique qui aurait complétée l’offre de la TNT payante déjà riche d’information (LCI), de sport (Eurosport), de découverte (Planète) et de chaînes généralistes variées (TF6, Paris Première, TPS Star). Mais octroyer une fréquence supplémentaire à Vivendi (maison mère de Canal + mais aussi de Multi thématiques qui détient Planète) aurait été compliqué puisque le groupe aura avec TF1 et M6 une chaîne supplémentaire à l’extension définitive de l’analogique. Dans quelques mois, le groupe Canal aurait donc pu contrôler sept chaînes de la TNT. Et puis cette candidature avait l’apparence d’un contre projet pour priver la LFP de la place. Quant à Numeric TV, la candidature était trop floue pour être sérieusement dans la course.
Pourtant, la Ligue n’avait pas forcément un dossier plus lisible, à court terme. Entre un financement incertain et une grille des programmes fluctuante, rien n’indique que cette chaîne soit pérenne, ni n’apporte un réel plus à la TNT payante qui peine à trouver son public (12,90 € par mois), contrairement à la gratuite. D’ailleurs, à partir de l’été 2011, CFoot (son nom provisoire qui pourrait être définitif) sera bien sur la TNT mais aussi sur tous les réseaux câblés et ADSL au prix de 4 € par mois. Pour être viable dès 2012 - l’objectif de la Ligue – un parc d’abonnés de 3,5 de foyers est espéré à horizon 2014.

De la Ligue 2 et des matches en différés

Concernant les programmes, la LFP souhaite nouer des accords commerciaux avec les 11 clubs disposant d’une chaîne (OM TV, OL TV, Onzeo, Girondins TV…), proposer des reportages forcément bienveillants, des documentaires historiques, mais aussi diffuser neuf des dix rencontres de chaque journée de Ligue 2 (un magnifique découpage des journées sur trois ou quatre jours devrait être nécessaire). Et les clubs de Ligue 1 ? Ils seront visibles en différé dans un premier temps avec deux rencontres par tour de Coupe de la Ligue et deux matches de chaque journée de Ligue 1.
Puis peut-être en direct, lorsque les droits du championnat arriveront à leur terme. Et c’est bien pour être prêt pour le prochain appel d’offre - vers fin 2011 - que cette chaîne voit le jour dès juillet prochain. Avec un canal en état de marche, la Ligue espère créer la peur dans les bureaux de Canal +, à Boulogne-Billancourt, alors qu’Orange, qui paye 203 millions d’euros pour l’affiche du samedi soir (et les droits mobiles que l’opérateur souhaiterait conserver) ne sera pas candidate, offrant à la chaine cryptée un possible monopole, ce qui n’était plus arrivé depuis 1996 et l’apparition de TPS (rachetée en 2005 par Vivendi).
Seulement Canal +, peut-être avec de l’intox, assure ne pas souhaiter mettre davantage d’argent qu’actuellement, soit 460 millions d’€ (l’affiche du dimanche soir, huit matches sur Foot + et trois magazines). Une position assumée depuis de longs mois, ayant poussé Frédéric Thiriez, le président de la LFP, à explorer plusieurs pistes. Après le rachat avorté d’Orange Sport, c’est finalement une chaîne autonome, suivant le modèle de l’Eredivisie aux Pays-Bas, qui a difficilement convaincu les présidents de club professionnels.
Maintenant que le CSA a donné une fréquence à CFoot, la LFP a donc son arme de pression mais a aussi octoyé un argument supplémentaire pour que Canal + se contente de réellement remettre la même somme pour le même contenu. (4,2 millions d'abonnés à 4€ seraient nécessaires à la Ligue pour obtenir les 203 millions d'Euros versés par Orange). Surtout que si la Ligue envisage de davantage disperser la journée de championnat à travers le week-end (le samedi après-midi notamment), la chaîne cryptée a, avec le Top 14 de rugby et la Premier League, des programmes qui marchent à un coût bien moindre. D’ailleurs, la Ligue de rugby (qui reçoit 29 millions annuels jusqu'à la fin de cette saison pour l’intégralité des matches du Top 14) veut aussi une nette augmentation de ses recettes audiovisuelles… Or, même si les abonnements des bouquets de Canal vont augmenter, il n’y aura pas de l’argent pour tout le monde.

mardi 14 décembre 2010

Le Barça dit 33

Le Barça avait contourné une règle historique en 2006 en sacrifiant la virginité de son maillot au profit de l’Unicef (le club arborait déjà le logo de son équipementier et celui de la chaîne catalane TV 3 sur sa manche droite). Un geste plein de générosité puisque l’Unicef ne donnait aucune somme. Mieux, le club catalan verse 2 millions d’€ à l’association.
Mais ce comportement avait peut être aussi pour objectif de préparer les socios à l’arrivée d’un « vrai » sponsor. Ce qui sera effectif la saison prochaine avec l’association à but non lucratif, Qatar Foundation, qui trônera sur le devant du maillot blaugrana - avec l’Unicef - pour la modique somme de 33 millions d’€ par an pendant cinq saisons. Un montant qui fait de la tunique du F.C. Barcelone la plus chère du monde. Normal pour la meilleure équipe du monde.

Les maillots les plus chers d’Europe
1. Barcelone (Qatar Foundation) 33M€
2. Manchester United (Aon) 23,6M€
3. Liverpool (Standard Chartered Bank) 23,6M€
4. Real Madrid (Bwin) 23M€
5. Bayern Munich (T-Home) 22M€
6. Chelsea (Samsung) 16,3M€
7. Tottenham (Autonomy et Investec) 15M€
8. Lyon (BetClic et Everest Poker) 12,5M€
9. Milan A.C. (Fly Emirates) 12M€
10. Schalke 04 (Gazprom) 11,8M€
11. Manchester City (Etihad Airways) 9,2M€
12. Paris S.G (Fly Emirates et Winamax) 9M€
13. Inter (Pirelli) 8,7M€
14. Juventus (Bet Clic) 8M€
15. Arsenal (Fly Emirates) 7,7M€
… OM (Betclic) 6,9M€

Au niveau des sélections, la France avec son partenariat qui débutera en 2011 avec Nike sera en tête avec 42,6 M€ (voir le nouveau maillot ci dessous, document Le Parisien).

lundi 13 décembre 2010

Le top 20 des footballeurs les mieux payés

Le classement des footballeurs les mieux payés selon le magazine Forbes.
Revenu annuel total (salaire et contrats annexes).

1 David Beckham 29 millions
2 Cristiano Ronaldo 22 millions €
3 Ricardo Kaka 18 millions €
4 Ronaldinho 18 millions €
5 Thierry Henry 18 millions €
6 Lionel Messi 15 millions €
7 Frank Lampard 13 millions €
8 John Terry 12 millions €
9 Zlatan Ibrahimovic 12 millions €
10 Steven Gerrard 11 millions €
11 Wayne Rooney 11 millions €
12 Samuel Eto'o 10 millions €
13 Fabio Cannavaro 9 millions €
14 Rio Ferdinand 8 millions €
15 Francesco Totti 8 millions €
16 Michael Ballack 8 millions €
17 Carlos Tevez 7 millions €
18 Daniel Alves 7 millions €
19 Karim Benzema 7 millions €
20 Raul Gonzalez 7 millions €

lundi 29 novembre 2010

La main des Dieux

Barcelone a largement dominé le Real Madrid ce lundi sur la pelouse du Camp Nou (5-0) et prend dans le même temps la tête d'une Liga dont il devient le grand favori.C’est ce qui s’appelle une gifle. Mais alors une sacrée. Les cinq doigts écartés, avec de l’élan et qui laisse une trace intemporelle, dans la tête notamment. Un peu comme le 6 à 2 infligé à Bernabeu par ce même Barça, il y a deux saisons (le 2 mai 09).
Pourtant, le Real Madrid s’est équipé cet été pour ne plus revivre pareille humiliation. Mais que les Khedira, Carvalho, Ozil ou Di Maria ont semblé petits. Aussi petits que tous leurs coéquipiers en somme. Aussi petits que José Mourinho sur son banc. Un siège en cuir qu’il n’a que rarement quitté pour ce qui est sa première défaite avec le Real. Le visage grave et le regard dans le vide. Comme tous les Merengues. Mais plus que toutes les recrues, plus que Ronaldo, le « special one », devenu le « Mou » en juin était attendu. Après son braquage à la milanaise au printemps dernier avec l’Inter sur cette même pelouse du Camp Nou, en demi-finales de la Ligue des Champions (3-1, 0-1) qu’allait sortir de son tableau le messie pour bloquer Messi and co? Et bien rien. Une composition classique en 4-2-3-1. Comme pour confirmer qu’il tenait compte de la fameuse culture du club. Le Real est offensif et n’a pas peur du Barça, surtout. Seule modification, Benzema étant en pointe à la place de Higuain, diminué par une lombalgie. Le Français qui n’a pas saisi sa chance. S’il a eu très peu d’opportunités, il n’a pas su les bonifier par une technique souvent approximative, se heurtant à un Puyol déchaîné qui n’a pas lâché Ronaldo non plus, réalisant des courses de 50 mètres, juste pour tamponner le grand Cristiano.
Si le Real était classique, Barcelone l’était aussi avec Messi en électron libre, revenant souvent au niveau de Xavi et Inesta associés au milieu devant Busquets, Villa étant à gauche. Barcelone avait comme toujours le ballon dans les pieds, allant jusqu'à 77% de possession avant la mi-temps. Un jeu de passe enivrant que le Real n’a que modérément contesté au début, préférant une défense parfois à 5 avec Di Maria qui suivait Alves sur son aile à la trace. Car Mourinho a finalement tout tenté pour contrecarrer la marche triomphale catalane. Mais laisser la balle au Barça lorsqu’il est dans un grand soir s’avère punitif. Ainsi, Xavi était à la conclusion d’une fluide construction en reprenant de volée, devant Casillas, un service parfait d’Iniesta (10e). Puis, au terme d’une minute ininterrompue de jeu à une touche de balle, Villa, seul sur l’aile gauche, trouvait d’un centre tendu devant le but Pedro (18e, 2-0).
Autre solution testée, le pressing tout terrain, expérimentée en début de deuxième période avec Lass Diarra qui avait remplacé Ozil pour calquer le schéma madrilène sur celui de son adversaire. Pour un constat identique : Deux buts rapides. Les deux sur des offrandes de Messi pour Villa à chaque fois à la limite du hors-jeu (3-0, 58e). Juste avant, Xavi avait « gâché » une offrande de l’actuel Ballon d’Or en ne redressant pas suffisamment sa frappe.

Une démonstration "fantastica"

La seule réponse des madrilènes fut physique, dans le moment sens du terme. Apathiques sur le terrain, ils perdaient leur sang froid. Ronaldo poussait Guardiola, le grand gagnant de la soirée, qui s'est toujours imposé dans le clasico depuis qu'il entraîne les Blaugrana, en première période parce que le coach catalan ne lui avait pas donné la balle sortie en touche (36e). S'en suivit un ton agressif dans les deux camps puis presque dans l'instant Ronado s'écroulait dans la surface lors d'un contact avec Valdes. Mais l'arbitre ne bronchait pas, jugeant que le Portugais avait amplifié sa chute et qu'il avait poussé le ballon pour provoquer ce contact (39e). Fermant l'unique période de légère domination madrilène de 3 minutes...
En fin de partie, Ramos allumait la cheville gauche de Messi par pure méchanceté. Un geste sanctionné d’une expulsion qui complétait l’addition des cartons jaunes (7 pour le Real et 5 pour le Barça). C’était après la cinquième réalisation de la soirée, signée Jeffren sur un service de Bojan (5-0, 90e+1). Un but 100% sorti du banc et de la masia, le centre de formation du Barça. Comme un symbole. Face à la très chère formation de la capitale, les petits jeunes ont offert « la manita » tant espérée (8 joueurs formés à Barcelone au coup d'envoi contre 1 au Real, Casillas). Mais davantage que le score signé en sept frappes cadrées, la manière interpelle. Les deux tiers de possession du Barça en sont l’illustration. Si cette statistique est généralement à prendre avec des pincettes, ce lundi soir, elle révélait la totale domination catalane.
Il n’aura manqué qu’un petit but du monstrueux Messi, qui l’a pourtant cherché par moments, trouvant le poteau en début de match (6e), pour que la soirée barcelonaise soit encore plus parfaite et que la défense du Real encaisse autant de buts en un match que depuis le début de la saison en Liga - six. Mais au lendemain des élections législatives dans la région durant lesquelles l’ancien président du Barça, Laporta, a été élu, les 98 000 socios s’en sont contentés en tendant haut les mains vers le ciel, au terme d’un « clasico » écrit en blaugrana et en majuscule.
Le retour à Madrid, le 17 avril 2011, sera forcément électrique avec un record à égaler pour le Barça qui visera un sixième succès de rang face à son pire ennemi. Un record détenu par le Real entre 1962 et 1965 qui ne tient plus qu'à un fil. Comme pas mal de certitudes à Madrid qui a même abandonné son fauteuil de leader de la Liga à son bourreau.




mercredi 17 novembre 2010

Tout deviendrait possible...

La France a signé une victoire de prestige à Wembley, comme en 1999, face à une terne et amoindrie Angleterre.

Les Bleus ont achevé trente huit années de cohabitation avec Adidas par une victoire. La 222e en 391 parties. Un succès avec trois buts, c’était la moindre des choses pour remercier l’équipementier aux trois bandes de tous les titres et de toutes les galères, notamment récentes, pour sa fidélité. Un beau point final, avant d’ouvrir une nouvelle ère par une virgule.
Sportivement, pour établir une comparaison, cette rencontre tombait à pic. Encore davantage lorsque l’on confrontait le nombre de sélections des deux équipes au coup d’envoi. 271 capes côté Anglais et 271 capes côté Français. Une égalité parfaite, avec tout de même 62 % des sélections détenues par deux hommes en Angleterre (80 pour Ferdinand et 89 pour Gerard) pour trois joueurs à deux sélections ou moins (deuxième pour Gibbs, première pour Henderson et Carroll). C’est le principal enseignement. L’équipe de France en configuration optimale, moins Alou Diarra et Diaby, peut-être, est bien meilleure que cette Angleterre. Mais qu’en serait-il avec Terry, Ashley Cole, Lampard, Defoe, Rooney, Bent et Hart ? Les bases de l’actuel sixième au classement FIFA. On ne le saura jamais. Ou alors durant l’Euro 2012. Qui sait, si les deux nations venaient à se croiser.
D’ailleurs, la disposition bleue à Wembley pourrait être un tournant dans la récente chronique française. Nasri et Gourcuff ont été associés au départ. Une première intéressante. Dans une situation de contrôle comme le fut la France, leurs qualités conjointes permettent de maîtriser de façon ostentatoire la balle et de proposer de beaux enchaînements avec Malouda et Benzema, surtout. En revanche, sur les rares pertes de balles, l'équilibre est assez précaire avec le seul M'Vila devant la défense. L’avant-centre parfois contesté et contestable a clos le peu de débat qui existait sur l’identité du numéro 9 par son but (le 3e en quatre matches) et sa prestation dans l'ensemble. Quant à Abidal, il a repris sa place comme si Clichy ne l’avait jamais convoitée.

Benzema confirme sa place, Nasri aussi

En ce sens, la France a présenté une copie plus que propre. Elle avait besoin d’un match référence. Elle ne l’a pas forcément réalisé intégralement mais les progrès et surtout les enseignements sont plus fournis que lors des quatre matches éliminatoires réunis.
Ainsi, l’entrée, pied au planché des Bleus a noyé des Anglais sous les trombes d’eau qui tombaient depuis la fin de l’après-midi sur Londres, n’améliorant pas l’état déjà terne de la pelouse. Si la frappe de Gourcuff se heurta à un arrêt approximatif de Foster (12e), le une-deux Benzema - Malouda conclut, du gauche et dans un angle fermé, par le Madrilène ouvrit rapidement la marque (16e), permettant à ses coéquipiers de contrôler, sans être réellement inquiétés. Car si le talent manquait dans l’équipe de Capello, l’agressivité faisait aussi défaut, surtout en première période, ce qui est sûrement plus inquiétant pour le coach italien.
La sortie des deux hommes de base des défenses n’allait pas être favorable aux Anglais. Sans Ferdinand dans un camp et Mexès de l’autre, Sakho chipait le cuir à Gerard à l’entrée de la surface (52e) et Valbuena était seul à la réception d’un centre de Sagna qu’il envoya, d’une volée du droit, dans les filets de Foster (2-0, 55e).
Même si les dernières minutes étaient en dedans et les Anglais présentaient un brin de pressing et d’envie, seul Gerard se montrait dangereux, en trouvant le haut de la transversale (63e) et en dévissant (81e), dans un premier temps.

Petit sursaut anglais en fin de match

Laurent Blanc offrait même des miettes à Alou Diarra qui purge depuis cinq semaines une suspension avec Bordeaux. Une idée contestable. Pas au niveau de l’éthique. Juste de la compétitivité, puisque le grand bordelais lâcha le marquage de Peter Crouch sur un corner, laissant le géant (2m01) marquer un 22e but en blanc, vingt secondes après son entrée en jeu, à la place de Gerard, blessé (1-2, 87e). Bothroyd, le première joueur de Cardiff (D2) à honorer une sélection anglaise, avait même la balle d’égalisation sur son crâne (90e+2), bien captée par Lloris, quatrième capitaine sous Blanc. La France a donc tremblé, la faute aux six changements notamment, à la fin d’un match qu’elle maîtrisait.
De quoi apporter un léger bémol au moment d’entrer dans une longue période sans matches. Près de trois mois durant lesquels Laurent Blanc aura à dresser un premier bilan de son action et de ses hommes, avant la réception, le 9 février, d’un Brésil défait à Doha par l’Argentine de Leo Messi sur une frappe croisée dont il a le secret, dans le temps additionnel, hier après-midi (1-0). C’est ainsi. À défaut de véritables adversaires dans son groupe, la France en est réduit à se rassurer, voire à se tester lors d’oppositions amicales. De là à ce qu'avec ce groupe, dans quelques mois, tout (re)devienne possible...

vendredi 12 novembre 2010

L'histoire est encore plus rancunière que les hommes *

Si les résultats sont de retour depuis peu, l'équipe de France a du mal à tourner la page de la Coupe du monde 2010. Logique.

Alors que l’histoire des primes refait surface, renvoyant plus de quatre mois en arrière, vers un temps que le football français pensait avoir soldé, et donc effacé à coup d’état généraux et de licenciement. Seulement, l’histoire n’est pas écrite par quelques hommes dans des bureaux souvent trop grands pour eux. Elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais. L’Histoire n’a pas vocation a être oubliée, mais plutôt conservée pour se rappeler des grands et des mauvais moments, comme une leçon collective. Alors, quelques jours avant de se souvenir de la première guerre mondiale à l’occasion du 11 novembre, trop souvent catalogué comme simple jour férié, si possible synonyme de pont les bonnes années, le football français a tout fait pour ne pas signer l’armistice avec ses erreurs passées. Alors oui, les joueurs de l’équipe de France, en tout cas certains, veulent toucher des primes alors que Patrice Evra avait publiquement annoncé le renoncement général au soir d’une élimination au premier tour d’une Coupe du monde désastreuse. Mais ce qui dérange la Fédération n’est ce retour en arrière afin que des œuvres caritatives profitent des plus de 3 millions d’euros. Si la démarche présentée par Alou Diarra est véridique, pourquoi ne pas les laisser faire ? Seulement, la FFF a un déficit de 1,5 million d’euros au 30 juin. Et la manne doit être reversée au football amateur, en partie. Le reste ? Direct dans les caisses. Ou comment rattraper des multiples erreurs sans effort.

Domenech respecte la loi, lui

Dans le même temps, le nouveau roi du poker et du pôle emploi a officiellement lancé sa campagne d’enrichissement personnel. En attaquant la 3F aux prud’hommes il a juste suivi la loi et les droits qui lui sont offerts, comme à chaque travailleur français. Lui tomber dessus, alors que l’on manifeste pour préserver en l’état le système des retraites ne manque de saveur. Mais, la somme demandée crée également le choc. 2,9 millions d’euros, c’est osé. Sauf que la Fédération a rompu un CDI de cadre à la direction technique nationale pour des motifs relevant de sa fonction de sélectionneur. Une mission sous CDD achevée au moment du licenciement. Comment plaider le renvoi pour faute grave (lecture de la lettre des joueurs, refus de saluer Parreira…) alors que les faits ne concernaient pas la fonction du contrat rompu ? Domenech va donc gagner aux prud’hommes parce que Duchaussoy, le président intérimaire (même s’il semble oublier ce dernier mot) s’est comporté comme un amateur sur ce dossier. Après le million et demi versé à Bordeaux par Escalettes, précédent président, pour préjudice suite au recrutement de Blanc, la FFF va encore perdre de l’argent bêtement. Et les joueurs ne vont pas faire des âneries tous les mois pour résorber les trous de la Fédération.

Après Abidal, Ribéry et Evra ?

Et pendant ce temps, le premier mutin en chef est de retour. Le seul à avoir évité les sanctions en se présentant avec son avocat le jour des auditions. Eric Abidal revient, donc. Juste parce que Gaël Clichy a été insuffisant sur l’aile gauche de la défense. Si Clichy avait été bon, le Barcelonnais frappeur hystérique sur les vitres du bus lors du jour historique de la grève ne serait jamais réapparu. Et les autres « caïds immatures » chers à Bachelot pourraient suivre. Patrice Evra fait acte de candidature dès qu’il le peut, confirmant qu’il ne veut pas des primes. Après le match contre l’Angleterre, sa suspension sera purgée. Avec le retour d’Abidal, il n’est pas certain qu’il aura une autre chance, mais après tout, pourquoi pas, puisque Franck Ribéry, certainement le plus ridicule en Afrique du Sud reviendra dès qu’il sera prêt physiquement. Pour la morale, espérons qu’il ne le soit jamais. Qu’il laisse Nasri, Gourcuff, Payet voire Valbuena éclore. Car si tout Homme mérite une deuxième chance, il convient de laisser un temps, pour que les plaies se dissipent.
Dans la confrérie des sanctionnés, seul Jérémy Toulalan n’a toujours pas entrevu la lumière. Trop faible en défense centrale, puis pas prêt au milieu, sa carrière internationale s’est peut-être achevée en Afrique lorsqu’il a demandé à son conseiller de réécrire le fameux communiqué, tellement le premier, rédigé par les mutins et les moutons, lui faisait honte. Le joueur ne mérite pas forcément de revenir à Clairefontaine, l’homme davantage. Le parfait opposé de Ribéry, en somme.
Alors, Laurent Blanc répète à l’envi qu’il veut solder l’épisode sud-africain. Mais il devra être patient. Que les primes soient réglées ou rendues. Que Domenech ait son dédommagement. Que les sélectionnés soient irréprochables. A partir de là, seulement, l’Histoire deviendra ancienne. Sans tomber dans l’oubli. Le 18 juin restera l’appel du Général de Gaulle. Le 20 juin, la grève des millionnaires en bus pour défendre un camarade insolent. Deux faits opposés entre un grand homme et 23 petits types. C’est aussi ça l’histoire, avec ou sans grand H.

* citation de l'auteur russe Nicolaï Karamzine dans Histoire de l'état russe.