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mardi 29 mars 2011

Pas plus de certitudes

La France a interrompu sa série de six succès par un match nul peu brillant face à la Croatie, ce mardi au stade de France.

C’est officiel, un maillot ne fait pas tout. En bleu ou en marinière, le sentiment global ne change guère en l’espace de cinq jours et 180 minutes de jeu.
Sans aller jusqu’au voyage au bout de l’ennui de vendredi dernier au Luxembourg (2-0), ce France - Croatie a revêtu bien des caractéristiques du match amical a effet limité.
À se demander s’il ne serait pas mieux de laisser les joueurs au repos, à Clairefontaine, à travailler et à vivre ensemble. Après le succès face à une Angleterre décimée (1-2) et un Brésil peu concerné et en infériorité numérique durant une mi-temps (1-0), la France n’a pu s’extirper des filets de la Croatie, 8e mondiale mais battue par la Géorgie samedi dernier (1-0). Elle a même vu sortir Benzema en se tenant la cuisse et Rami sur une civière, l’épaule gauche en souffrance.
Pourtant, le profil croate était prometteur. Et il l’a été, par moments. Cette équipe a des joueurs de ballon comme Modric, Kranjcar, Srna, Ratikic. Mais après avoir bien débuté la partie, elle est tombée dans le faux rythme général de ce match, jusqu’à souffrir en seconde période face au bon pressing français. Le seul bon point de la soirée, avec la défense centrale, une nouvelle fois rassurante, à part une frayeur de Mexès dépossédé du ballon par Perisic, obligeant Lloris à un bel arrêt réflexe de la main droite (42e).

Ribéry sifflé, Gourcuff aussi

Mis à part cela, les Bleus sont devenus experts pour soigner l’insomnie. Encore plus efficace qu’un documentaire d’Arte sur la seconde guerre mondiale en allemand non sous-titré. Le ballon roule de pied en pied sans que des mouvements intéressants ne se dessinent réellement. Les courses et les appels sont prévisibles et les prises de risque limitées. D’ailleurs, le costume de meneur de jeu est encore trop ample pour Samir Nasri. Malgré quelques gestes de classe, il n’a pas pesé dans le jeu en 178 minutes. Un repositionnement à droite, comme à Arsenal, pourrait lui être profitable, le temps d’émerger en sélection. Et ce, alors que Ménez a été l’élément offensif le plus intéressant en première période, à droite justement. Il a même offert à Benzema un but presque tout fait, d’un centre à ras du sol, comme face au Brésil. Mais l’avant-centre du Real a beaucoup trop enlevé sa reprise, à cause d’un rebond et d’un mauvais positionnement de sa part, surtout (36e). A part ce raté, il a montré qu'il était en jambes, mais pour le deuxième match il n'a pas marqué.
En fait, le seul joueur offensif ayant créé un peu de folie fut Franck Ribéry. Il se doutait qu’il allait être sifflé et l'avait prédit. Se doutait-il qu’une majorité du stade de France allait lui signifier sa réprobation. Mais l’autre partie des spectateurs, principalement issue du kop des supporters, l’a applaudi et a même scandé son nom lors de ses envolées balle au pied. Ses prestations régleront certainement une partie du débat, même si le plus dur est fait avec ce retour au Stade de France.
Des prestations qui pourraient être principalement à gauche. Là où il veut jouer. Là où il est le plus performant. Et là, donc, où il devient le concurrent de Florent Malouda, une nouvelle fois inexistant durant une heure. En tout cas, ce mardi, Ribéry a montré plus (trop ?) d’envie mais n’a pas été décisif, ratant à chaque fois son dernier geste. Et puis Gourcuff aussi a été largement sifflé par le public du stade de France à son entrée en jeu, comme à sa sortie face au Brésil. Comme quoi, personne n’est à l’abri. Ni le caïd de Knysna, ni le gendre idéal.

Le retour des deux récupérateurs

D’ailleurs, l’absence de Gourcuff fut la seule surprise du onze de départ. Blanc lui a préféré Matuidi à coté de Diarra, une nouvelle fois capitaine. Le retour des deux milieux exclusivement récupérateurs, durant tout le match, comme sous l’ère Domenech ou plus récemment en Bosnie (0-2) et face à la Roumanie (2-0) avec Diarra et M'vila les deux fois.
Dominés durant les 20 premières minutes, les Bleus ont terminé plus fort que les Croates et se sont créés deux occasions franches en fin de match. Rami, d’une frappe soudaine des 30 mètres, a trouvé le poteau de Pletikosa (76e) et Rémy, bien servi par Ribéry et oublié par la défense croate, a trop poussé son ballon devant le gardien (85e).
Le chantier n’a pas énormément progressé en deux matches, sauf derrière. La tournée à l’Est, début juin, alors que tous les joueurs seront lessivés par une longue saison, risque de ne pas le faire davantage avancer. Toutefois, cette équipe en est à sept rencontres sans défaite - dont six sans encaisser de but - mais n’a pas marqué pour la première fois depuis le début de cette série qui ne comptait, d’ailleurs, que des victoires avant ce nul face à la Croatie. Après, c’est la sempiternelle question du verre est à moitié vide ou moitié plein.

mercredi 9 février 2011

L'histoire continue

La France a engrangé une bonne dose de confiance pour la suite de l'année 2011 en battant le Brésil, réduit à 10 en fin de première période.

Comme un fil ininterrompu, Laurent Blanc avait appelé les hommes forts de l’automne 2010 pour débuter l’année 2011 de l’équipe de France. L’état de forme étant relégué à un critère transitoire, sauf pour le rebelle de Saint-Etienne, Payet. Comme un fil ininterrompu, neuf des onze titulaires du succès du 1è novemlbre 2010 à Wembley face à l’Angleterre (1-2) étaient au coup d’envoi face au Brésil, ce mercredi. Les absents, Valbuena et Nasri, étant blessés et remplacés par Ménez et Diarra. Comme un fil ininterrompu, Alou Diarra était capitaine. Ce qu'il est automatiquement quand il est titulaire, même s’il la fonction n’est pas officiellement la sienne, cela y ressemble.
Tant de certitudes nouvelles, après des années de floues, venant se heurter à deux certitudes d’un passé plus ou moins récent ayant trouvé des confirmations, ce mercredi, au Stade de France. D’abord, la France est bien la bête noire du Brésil. Pour la sixième fois consécutive, elle ne s’est pas inclinée face aux quintuples champions du monde. Des Brésiliens frustrés depuis le 26 août 1992 qui, en plus, n’ont toujours pas inscrit le moindre but au Stade de France, en trois tentatives face aux Bleus. Heureusement, un soir de match d’ouverture de Coupe du monde 1998, le Brésil avait battu l’Ecosse (2-1, le 10 juin) dans l’enceinte dionysienne. Sans quoi une malédiction aurait certainement été évoquée par les hommes de Mano Menezes. Et toute nouvelle proposition de joute amicale rejetée sur le champ.
Autre fait qui s'encre, Karim Benzema est bien le meilleur attaquant français. Ce qui veut tout et rien dire à la fois, tant Gameiro, Rémy ou Hoarau ne sont pas des ballons d’or en puissance. Et tant mieux pour eux, si le futur vient infirmer cette affirmation. En sept parties depuis l’intronisation de Laurent Blanc à la tête de l’équipe de France, le joueur du Real Madrid a inscrit quatre des dix buts des Tricolores. Face au Brésil, il fut l’unique vecteur de danger dans une deuxième période dominée par les Bleus, à défaut d’avoir été survolée. Logiquement, il a marqué sur un service parfait de Ménez.

Un rouge qui tue le match

Mais en réalité, le match aura duré 40 minutes. Et de s’apercevoir qu’il était autorisé de s’essuyer ses crampons sur le torse de son adversaire en finale de coupe du monde (De Jong sur Xabi Alonso en 2010) mais pas en match amical. L’arbitrage anglais illustré par M.Webb en Afrique du Sud doit être à ce point plus clément que l’allemand, représenté par M. Stark, ce mercredi. Ou alors, l’un des deux s’est trompé. A moins que ce ne soit les deux… Hernanes fut ainsi exclu pour ce geste, tout sauf excusable, sur Karim Benzema.
Jusqu’à ce fait majeur, les Bleus jouèrent en mode mineur. Comme des enfants, aurait dit le capitaine de l’ère Knysna, Patrice Evra, malgré une entame intéressante, distinguée par une frappe de Benzema, bien servi par Gourcuff. Mais ce dernier n’est pas sorti de son profond puits. Ou par intermittence. Juste pour humer l’air de Saint-Denis et entendre les sifflets à sa sortie. Malgré une activité louable, il a subi dans un cœur du jeu dépassé pendant 40 minutes. Ses compères, M’Vila et Diarra, dans des formes passables, au mieux, ont aussi été en souffrance, multipliant les pertes de balle. Le plus rassurant se situa certainement derrière avec une paire Rami - Mexès complémentaire et autoritaire face aux trublions Robinho et Pato.

Le Brésil encore tendre

Pour le reste, le premier acte fut dominé par les Brésiliens, trop éteints par le carton rouge. Sans être très percutants, ni même outrageusement dangereux, ils manoeuvraient avec calme la partie. Santos démontrait qu’encore aujourd’hui au Brésil les termes latéral et ailier ont une origine consanguine, André Luiz qu’un défenseur est le premier attaquant, Julio César qu'un gardien brésilien peut être bon et régulier et Robinho qu’il pouvait être le capitaine crédible de ce jeune Brésil tourné vers 2014 et le mondial qu’il organisera. Ainsi, six joueurs ne dépassaient pas les 25 ans au coup d’envoi (quatre pour la France) alors que Ganso et Neymar, les prodiges de Santos, sont actuellement avec le Brésil pour la Copa America des moins de 20 ans…
Mais tout cela n’a pas d’importance. Le seul souvenir de ce 14e France - Brésil restera ce but victorieux de Karim Benzema dans un stade de France plein. Même l’état de la pelouse, indigne pour des footeux mais normale après le passage des rugbymen de la France victorieux de l’Ecosse.
Surtout, comme un fil ininterrompu, cette équipe de France en reconstruction sait gagner face aux nations de son rang, même sans démontrer une assurance extraordinaire. Certes les succès contre une Angleterre décimée et le Brésil étaient en amical. Et alors ? Dans le passé, l’Espagne était ralliée pour briller lors de ces rencontres sans enjeux et craquer dans les matches décisifs. Actuellement, elle est en tête du classement FIFA avec les derniers Championnat d’Europe et Coupe du monde dans sa vitrine. Il y a des modèles moins enthousiasmants. Film du match.-
9e : Énorme occasion pour Benzema suite à une déviation de Gourcuff. Il place un bon tir à ras de terre croisé qui passe à quelques centimètres du poteau droit de César.
13e : Pato hérite d'un bon ballon aux abords de la surface. Il s'emmène le ballon du pied droit jusqu'aux 16 m avant d'enrouler une frappe en cherchant la lucarne opposée. Mais le ballon s'envole de peu au dessus de la transversale.
36e : Rami manque une intervention de la tête, profitant à Robinho, seul aux 16 mètres, qui manque le cadre de très peu.
40e : Hernanes est expulsé directement pour avoir laissé traîner ses crampons sur la poitrine de Benzema.
48e : Centre de Malouda pour Benzema au point de penalty. Le Madrilène réussit son contrôle de la poitrine avant d'enchaîner sur une reprise du gauche mais Thiago Silva se jette et contre le ballon du dos.
54e : Ménez s'infiltre entre trois adversaires sur le côté droit. Le Romain fait la différence et offre un caviar à Benzema qui n'a plus qu'à pousser le ballon au fond des filets du gauche, seul aux six mètres. 1-0
58e : Superbe intervention réflexe de Julio César sur une tête à bout portant de Benzema. Sagna centre de son aile droite, Gourcuff est au duel aérien avec Thiago Silva mais c'est Benzema qui est à l'affût et qui catapulte du crâne le ballon qui traîne.
61e : Benzema est intenable et oblige une nouvelle fois Julio César à s’employer sur une frappe puissante à ras de terre.
90e : Belle intervention de Lloris dans les pieds de Hulk qui avait échappé à la vigilance de la charnière centrale en partant à la limite du hors jeu.


Réactions.-
Laurent Blanc
(sélectionneur de l'équipe de France):
Qu'avez-vous pensé de cette rencontre ?
Quand tu gagnes, tu es satisfait. Le fait d'avoir joué à onze contre dix a été plus facile pour nous. Après, dans le contenu, j'ai aimé ce que j'ai vu. Il y avait une intention de jeu, on a voulu rivaliser avec les Brésiliens, notamment dans la possession du ballon. Je retiens beaucoup de positif.

L'équipe de France a battu l'Angleterre et le Brésil. Cela a quelle valeur pour vous ?
Pour notre objectif, la qualification à l'Euro 2012, ces deux victoires ne rapportent rien. Mais ces deux matches doivent nous permettre de capitaliser de la confiance pour les joueurs et le collectif. La suite, ce sont des matches de qualification et il faudra qu'on s'en serve énormément.

Que retenez-vous de la prestation de Karim Benzema ?
Il a marqué un but qui nous a fait gagner. Et il aurait pu en marquer plus. Chaque fois qu'il touche le ballon, il est dangereux, très dangereux même. Karim a réalisé un grand match ce soir.

Philippe Mexès a été élu homme du match. Comment l'avez-vous trouvé ?
Forcément quand la victoire est au bout, les productions individuelles sont meilleures. Le bloc défensif a été solide. La défense a réalisé un grand match. Adil (Rami) aussi a été bon. Et Hugo (Lloris) a réussi la parade qu'il fallait.

Jérémy Ménez a été actif et plus efficace que d'habitude. Est-ce aussi votre avis ?
Il a été décisif sur le but. Il est capable de grandes choses et on le sait. Je l'ai senti un peu timoré en début de match. Je tiens à dire que ce n'était pas sa seconde chance, contrairement à ce qui a été dit ou écrit. C'est un garçon de talent, il joue dans un grand club et il a un potentiel énorme. Mais il doit s'améliorer.

Quant à Yoann Gourcuff, il est sorti sous les sifflets. Ils étaient justes ou sévères ?
Sa prestation m'a plu, il a été au diapason de l'équipe. Il s'est rendu disponible, a montré de l'envie mais il a raté des choses. Le niveau qui est le sien à la base ne va pas revenir d'un coup de baguette magique. Il doit faire plus. Il travaille.» (L'Equipe.fr)

Mano Menezes (sélectionneur de l'équipe du Brésil):
Votre équipe vient de perdre contre la France après s'être inclinée face à l'Argentine (0-1). Etes-vous inquiet ?
Les défaites sont toujours difficiles à vivre mais il faut séparer chaque match. Là, nous avons été privés d'un joueur pour une grande partie de le rencontre. Il était alors compliqué de trouver ses marques après ça. Mais les joueurs ont su réagir et nous avons eu deux ou trois occasions pour égaliser. Cependant, il nous manque un peu d'habitude. Nous n'avons pas beaucoup de temps pour préparer ces matches. Pour les grandes compétitions, comme la Copa America, j'aurais plus de temps pour choisir mes joueurs et alors nous verrons.

Pensez-vous que l'expulsion de Hernanes a faussé la partie ?
Cette expulsion a influencé les choses, c'est certain. Dans un premier temps, la Seleçao a bien joué. Nous avons récupéré pas mal de ballons et lancé plusieurs offensives. En seconde période, il a fallu se sacrifier. C'était une erreur mais ça arrive. Nous aurions dû gérer la partie avec plus de calme.

Cette défaire remet-elle en cause votre stratégie, qui est de faire confiance à de très jeunes joueurs ?
Non, je n'ai pas de doute quant à la stratégie employée. Nous sommes dans une phase de risques. Des joueurs comme Kaka ou Ronaldinho pourraient résoudre certains problèmes, mais ce n'est pas ce que je recherche. Nous sommes en train de travailler pour le futur et je veux voir ces joueurs là. Certains ont commis des erreurs, mais nous n'allons pas abandonner après ce genre de matches. C'est bon pour leur expérience et cela va leur forger un esprit plus fort.» (L'Equipe.fr)

Karim Benzema (buteur de l'équipe de France):
"On est très content. De la manière aussi parce qu’on a fait un très beau match. Je pense que tout le monde est satisfait sur le terrain et également les supporters qui sont venus voir un très beau match de football. C’est toujours un grand plaisir (ndlr : de marquer face au Brésil). C’est une grande équipe du football. Je suis super content comme tous les joueurs de l’équipe de France." (TF1)

dimanche 5 septembre 2010

Que vaut la France ?

La France traverse une grave crise de résultat depuis des mois et la défaite face à la Bielorussie ne fait qu'aggraver le constat. Laurent Blanc avec quatre victoires en six mois poursuit son annus horribilis.

La question peut paraître simpliste. Que vaut l’équipe de France ? Mais déjà, il convient de définir quelle équipe de France ? Entre celle appelée par Laurent Blanc et qui n’est même pas capable de résister à la Biélorussie, celle souhaitée par ce même sélectionneur avec Ribéry, Nasri, Gourcuff et Evra en renforts ou celle imaginée par l’opinion publique, privée de mutins pour une longue durée, l’équation devient ardue.
Alors, parlons de ce qu’il nous a été autorisé de contempler au stade de France. Une équipe de France dans une configuration presque optimale. En tous cas, défensivement. Et c’est là que le constat est le plus inquiétant. Bakary Sagna parait être la seule solution à droite. Face à ses fades prestations à répétitions, il convient d’imaginer des alternatives même saugrenues de prime abord. Pourquoi pas un Christophe Jallet ou un Anthony Reveillère, rarement appelé. La remarque vaut aussi pour Gaël Clichy d’une détresse défensive sur le but biélorusse et d'une qualité de centre donnant à Benoit Trémoulinas des allures de caid (dans le bon sens du terme). Justement, le mutin en chef, depuis Manchester, a dû être rassuré quant à son avenir en bleu pour 2011. Il faudrait qu’un jour une licence tamponnée par Arsenal n’ouvre pas les portes de l’équipe de France directement. Ou allons au bout de la logique avec un 11 : Lloris - Sagna, Koscielny, Squillaci, Clichy - L.Diarra, Diaby, Nasri - Ribéry, Benzema, Malouda. Devant, ce n’est pas assez Gunner ? Mais le jeune Sunu arrive, patience.

Un chateau de sable

En évoquant la patience, il faut pondérer les premières impressions entrevues au stade de France dans les deux sens. La communication est en marche, Laurent Blanc parle, parle, parle, parle et… parle. Comme les cinq conférences de presse données en une semaine. Record battu. Oui, la nouvelle génération des Bleus chante La Marseillaise avec enthousiasme, n’a pas de casques sur les oreilles, signe des autographes et répond poliment aux questions de la presse, Zidane et Barthez sont les nouveaux psys. Mais sur le terrain, un air de déjà vu frappe. L’entraîneur n’est plus le même, une partie des joueurs a changé mais le fond de jeu reste irrémédiablement proche du néant.
Laurent Blanc reconstruit sur du sable, il en avait conscience. Nous aussi. Mais ce sable semble mouvant. A force de s’enfoncer dans la plus grande catastrophe du foot français des trente dernières années, au moins, la peur d’être définitivement englué apparaît. Et c’est bien connu, se débattre ne fait qu’accélérer l’enfoncement. Alors, il faut peut-être faire le deuil définitif d’une France victorieuse et repartir de zéro. Vraiment zéro, comme le nombre de victoire française en trois mois et demi égalant le négatif record de 1937. Chiche.

mercredi 11 août 2010

Première à Blanc

Laurent Blanc commence sa seconde histoire avec l'équipe de France par une défaite en Norvège (0-2). Les enseignements sont restreints.

L’attente était immense et les conclusions absentes. La première de Laurent Blanc ne restera pas dans les annales du football, un mois après la finale de la Coupe du monde. Juste, rejoint-il Platini et Houiller dans le cercle fermé des sélectionneurs ayant perdu leur première rencontre, lors des vingt-cinq dernières années. Seulement les deux compères, qui avaient barré la porte de la maison France à Didier Deschamps il y a deux ans, avaient dû se coltiner le Brésil (0-2, le 26 août 1992) pour l’actuel DTN et la Yougoslavie (2-3, 19 novembre 1988) pour le président de l’UEFA. L’excuse est plus consistante que de tomber en Norvège, au stade Ullevaal, un 11 août face à une équipe correcte, au plus. Mais Laurent Blanc pourra toujours arguer qu’il a récupéré une sélection et non pas une équipe. Et surtout une sélection sans joueurs, à sa demande. Avec huit neo-bleus au cours du match dont six au coup d’envoi, les automatismes étaient forcément quelconques, notamment au sein d'une défense chancelante. Mais la punition est passée et la Coupe du monde sud-africaine soldée, dans l'esprit du nouveau patron du moins. Par contre, Blanc poursuit la série des défaites engendrée lors du Mondial. Hier, une troisième est venue s'associer aux piètres souvenirs du Méxique (0-2) et de l'Afrique du Sud (1-3).

Huit nouveaux et deux schémas

Le Cévenol avait exprimé l’idée de tester deux schémas différents au cours de la partie. Il a suivi sa pensée, utilisant les deux organisations tactiques de son ère bordelaise. Le 4-4-2 d’abord, avec Nasri à la pointe et M’Vila au bas de son fameux losange. Hoarau étant utilisé "à la Chamakh". Ainsi, la France fut solide et appliquée sans être féerique. Le jeu passait principalement sur les ailes et Nasri, dans les habits de Gourcuff a montré qu'il pourra tenir les rênes du jeu pendant les deux prochaines rencontres, au moins, avant d'entrer en concurrence avec le Breton. Comme avec Bordeaux, la domination était sienne, mais comme avec le Bordeaux du premier semestre 2010, l’attaque manqua de consistance. Alors, la fameuse génération 1987 (Ben Afa et Menez ont rejoint Nasri à la mi-temps, puis Benzema quelques minutes après) a pris le pouvoir en même temps que le 4-2-3-1. Et le sempiternel problème avec ces joueurs est que l’on gagne en folie ce que l’on perd en solidité. Alors oui, sur un pétard du gauche, le Marseillais de moins en moins paria sur la Cannebière a ouvert le score (47e) et proposé de belles séquences, comme il sait le faire quand il le veut. Au fond, HBA a plutôt gagné des points, comme M’Vila, pendant que Menez a montré de l’envie. En revanche Lassana Diarra, présent hier soir au prix d’une drépanocytose déclarée à Tignes en mai dernier, pourrait connaître une sanction ne provenant ni d’une commission ni d’une fédération. Avec plusieurs pertes de balles et passes aux Norvégiens le train Blanc pourrait partir sans lui, quand N'Zogbia et Sisokho se sont montrés solides.
Pour connaître les réels gagnants et perdants il faudra être encore patient. Certains mutins remplaceront des nouveaux qui auront eu un survêtement, voire des minutes. Mais qu'ils le sachent, dans cinq mois, la tenue officielle de la sélection tricolore va changer. Il ne leur restera qu'à travailler pour retrouver le Bleu dans des habits légitimes. D'autres survivront à la prochaine sélection.
Dans deux semaines, donc, Laurent Blanc donnera sa première vraie liste. Et cette fois-ci les excuses ne tiendront pas, face à une opposition chétive (la Bielorussie, le 3 septembre) et une modérée (la Bosnie-Herzegovine, le 7 septembre). Et les regards seront plus aiguisés.

jeudi 7 janvier 2010

Et maintenant on fait quoi?

Jean-Pierre Escalettes est en tournée promotionnel. Le sujet? L'après Domenech, alors qu'une coupe du monde se profile. L'art du contre pied fédéral se poursuit.

Jean-Pierre Escalettes a beau être à Saint-Domingues, en vacances chez ses enfants, il est omniprésent dans les médias. La moindre demande d’interview est acceptée. Mieux, en une après-midi, les trois plus grandes radios généralistes RMC, Europe 1 et RTL, ont appelé le boss du foot français. Résultat, trois entretiens pour apprendre qu’Escalettes est en accord avec Jacquet, « 4 ans ça suffit » pour un sélectionneur, oubliant un peu facilement qu’il est le responsable, avec Noël Le Graet, dernier avocat de Raymond Domenech, de la présence contestée du sélectionneur. Aimé Jacquet lui rendant l'appareil en qualifiant ses sorties d' "Escalettes en patron". Du coup, il ose donner des noms, ou plutôt répondre par l’affirmative à tous les patronymes proposés. Blanc, Deschmaps, Boghosian ou Tigana le duel est lancé. Quand Wenger et Roux sont ajoutés dans un second temps. Jacquet donnant son avis : «Être sélectionneur, ça n'a rien à voir avec être entraîneur de club. La fonction doit être «occupée par un entraîneur sur la fin, qui termine une belle carrière»
Seule chose sure, le sélectionneur post-Domenech sera français, la seule certitude, avec peut-être le fait que Domenech ne devrait pas se succéder à lui-même. Un rôle à la DTN attendant déjà l’actuel sélectionneur. Se priver d’un tel talent serait ballot !
Pour le poste suprême rendez-vous en mai, pour ne pas gêner un possible employeur, en clair Bordeaux. Car Blanc est LE candidat, mais c’est aussi le plus difficile à convaincre. Car en 2004 il avait été rejeté au profil de Raymond Domenech, et ça le meilleur entraîneur français en 2009 ne l’a pas oublié. Au moment où les bancs de ses deux derniers clubs pourraient se libérer, Manchester United et l’Inter, c’est un handicap pour la FFF. D’autant qu’une nouvelle saison à Bordeaux n’est pas si illusoire. Il a les arguments pour conserver Gourcuff une saison de plus, comme tous les autres cadres, mi à part Chamakh. Si le projet de grand stade est enclenché, même s’il n’en profitera pas, il pourrait poursuivre la construction d’un grand d’Europe sur la face Atlantique. Si Blanc qui a signifié que « ça se refuse » mettait un rateau à Escalettes, Deschamps pointerait son nez. Mais entre ses ennemis au sein de la FFF et un échec possible avec l’OM d’ici à mai prochain, il pourrait avoir des difficultés. Jean Tigana, comme d’habitude il est candidat, il sera reçu et … remercié pour le déplacement. Reste Alain Boghossian, à l’expérience nulle, mis à part un poste auprès de l’équipe de France junior de … Golf et deux ans avec Raymond Domenech. A moins qu’un candidat de la DN ne pointe son nez, Mombaerts, Mankowski… Bref, si Blanc à l’image parfaite dans l’opinion décline l’offre, un sacré casse tête s’ouvrirait pour le conseil fédéral. Mais aucune inquiétude, ils nous ont prouvés par le passé, leur sens de la prise de décision et leur connaissance du football…

dimanche 6 décembre 2009

Et si Gourcuff n’était pas un 10 ?

Yoann Gourcuff, pour son retour, a occupé une place inhabituelle de milieu relayeur. Un poste qui pourrait être une solution à long terme.

Après trois semaines d’absence, Yoann Gourcuff a fait son retour dans le groupe de Laurent Blanc. Sans surprise, avec une semaine d’entraînement collectif dans les jambes, ce dernier a inclut son atout majeur dans son équipe dès le départ. Mais oh surprise, dès le coup d’envoi c’était Jaroslav Plasil qui accompagnait Marouane Chamakh dans le rond central. Une simple stratégie puisque le tchèque passait à Gourcuff qui lançait la première offensive Girondine ? Et bien non. Plus le temps passait et plus il se confirmait que Yoann Gourcuff était utilisé comme milieu relayeur, à la droite d’Alou Diarra. Parfois un peu devant, parfois sur la même ligne. Pendant ce temps Jaroslav Plasil faisait admirer sa technique, son sens du harcèlement sur le porteur du ballon et ses déplacements en diagonale. Un rayonnement qui trouvait son apogée lorsqu’il coupa le centre de Trémoulinas pour inscrire l’unique but de la rencontre. Il aurait même pu doubler la mise avant la mi-temps au terme d’une très belle action collective qu’il initia et qu’il aurait pu conclure. Il fallait même un retour in extremis de Ceara pour l’éviter de se présenter devant Edel, après une belle ouverture de Sertic. Bref, Plasil confirmait ce qu’il avait fait depuis deux rencontres (contre la Juventus (2-0) et Nancy (3-0) avec une passe décisive à chaque match), dans le costume habituel de Gourcuff.
Pendant ce temps, le meneur des bleus s’attelait à un travail plus obscur, en duel avec Jeremy Clément et Claude Makelele à la récupération, il bloquait le couloir droit laissé vacant par Gouffran et jouait plus simple. Les quelques gestes techniques, qu’il affectionne tant, finissant par un large déchet.
Après 70 minutes à ce poste, il remontait derrière Chamakh, lorsque Laurent Blanc fit entrer Traoré pour épauler Diarra, replaçant Plasil à droite. Il aurait pu tuer le match si sa reprise aux six mètres n’était pas partie dans la tribune. Le principal concerné, après le match confiait ne pas être gêné par ce poste : « En bas comme en haut, il faut avoir beaucoup de volume de jeu. Il faut être toujours disponible pour le porteur de balle. Je n’ai pas ressenti beaucoup de différence au niveau du volume de jeu. Il faut être plus attentif au ballon car il ne faut pas le perdre. Il y a peu de place pour la créativité mais il y en a plus pour les relais et pour jouer avec nos coéquipiers. »

Un rôle différent
Alors bien sûr, se priver de Gourcuff en meneur peut paraitre aberrant lorsque l’on connait les qualités du garçon. Seulement depuis deux saisons maintenant qu’il est aux girondins, Yoann Gourcuff excelle derrière deux attaquants mais souffre derrière le seul Chamakh. Pour ne revenir que quelques semaines en arrière, lors de la double confrontation contre le Bayern Munich, malgré un but au retour (2-0) et un penalty manqué à l’aller (2-1), il n’avait pas réellement pesé sur le jeu. En effet, il est trop haut sur le terrain pour être au sommet de son art. Face au manque de poids offensif en soutient de Chamakh, il a tendance à jouer comme un second attaquant, se coupant de son milieu et s’embourbant dans le rideau défensif adverse. Or dans un 4-2-3-1 le rôle que lui a confié Blanc, contre Paris, lui permet d’être au cœur du jeu, de décrocher près de ses défenseurs pour relancer le jeu, de créer le surnombre en venant s’intercaler dans la ligne des milieux offensifs. Bref, comme Fernando, qui occupe habituellement ce poste mais qui était suspendu, avec sa palette technique, inégalable en L1, en sus.
Une stratégie qui pourrait (devrait ?) faire réfléchir le sélectionneur national. En effet, en bleu Gourcuff souffre dans le 4-2-3-1 Domenechien. Seulement le mal est plus profond qu’en Gironde puisque le jeune meneur est bloqué entre Henry et Anelka sur les côtés, quand ce n’est pas Ribery, qui dézonent jusqu’à marcher sur les pieds du Breton. Et comme avec Lassana Diarra et Jérémy Toulalan qui restent bien sagement derrière lui, il ne peut guère reculer d’un cran, sous peine de placer les bleus en sous nombre devant, il est inhibé, perdu. Il n’a même pas le droit de tirer les coups de pieds arrêtés, puisqu’Henry s’est découvert un talent caché et une passion pour les corners à 32 ans, un rôle qu’a récupéré Gourcuff hier soir à Bordeaux, malgré le bon intermède de Plasil.

Une option pour les bleus ?
Alors peut-on imaginé Gourcuff s’installer durablement à ce poste à Bordeaux ou en équipe de France ? La réponse est non. A Bordeaux il est la star et récupérera son rôle derrière deux attaquants, où il excelle, face aux formations de second plan de la Ligue 1. Et en Ligue des champions ou face aux formations européennes de L1, il y a Fernando au profil également technique mais un brin plus défensif et plus physique qui pourrait lui être préféré, même s’il ne serait pas étonnant de voir Blanc replacer son joyau à ce poste, peut être même dès dimanche à Lyon. Voire dans un 4-3-3 devant Diarra et à côté de Plasil. En équipe de France, Raymond Domenech ne sacrifiera pas ses deux milieux de terrains défensifs, sur une même ligne. Même en infériorité numérique (France - Italie (0-2), Euro 2008, Serbie - France (1-1), qualification au mondial), il a gardé ses deux défensifs. Même face aux Iles Féroé (1-0) ou pire face à la Lituanie (1-0) lorsque le score était vierge à vingt minutes de la fin il n’a pas changé, alors pourquoi maintenant. Pourtant, à l’image de l’Italie avec Pirlo, de l’Espagne avec Xavi, de l’Angleterre avec Lampard et/ou Gerrard ou de l’Allemagne avec Ballack une paire Diarra (voire Lassana Diarra ou Toulalan) – Gourcuff aurait l’avantage de la force physique et du talent technique. En position de huit (son numéro en club et en sélection), il pourrait ainsi alimenter un quatuor Henry (à gauche), Ribéry (à droite), Anelka (en soutient) et Benzema ou Gignac (en pointe). Mais cinq joueurs offensifs dans une équipe de France made in Domenech ce n’est jamais arrivé, sous le prétexte d’un équilibre qui ne saute pas aux yeux. Et c’est connu, on ne change pas une équipe qui gagne si peu et qui joue si mal... en tout cas chez Domenech.

mardi 11 août 2009

A quoi joue Wenger ?

Selon Canal +, Arsenal aurait renoncé à s’attacher les services de Marouane Chamakh.

Alors qu’une rumeur faisait état d’une offre en préparation du côté d’Arsenal pour recruter l’attaquant Marouane Chamakh, le dossier semble s’être clôt. Après une offre réelle de 7 millions d’euros qui s’est heurtée à une contre proposition de 18 millions d’euros de la part des dirigeants Girondins. Entre temps, les deux camps, par presse et agents interposés s’étaient rapprochés. Arsenal semblait disposer à offrir 9 millions d’€ alors que 12 millions auraient fait le bonheur de Jean-Louis Triaud. Et puis patatras, tout semble fini. Seulement une question émerge de ce feuilleton. Wenger a-t-il vraiment souhaité recruter l’international marocain ?

En 2000, le manager français avait fait étalage de sa force de persuasion pour faire signer Sylvain Wiltord, en provenance des Girondins de Bordeaux. Un bras de fer de trois semaines qui avait débouché sur le départ de Wiltord, le dernier jour du mercato. Les bordelais forcés de transférer l’attaquant français, ont conservé une bien mauvaise image d’Arsène Wenger. L’homme qui jouie et joue sur le territoire français de sa réputation de grand technicien et formateur hors norme, lui qui n’a rien gagné depuis 2005 et qui a dérobé bons nombres de joueurs mineurs de leurs clubs.

Outre le cas Wiltord, le passé a prouvé que ce dont Arsène souhaite, Arsène dispose. Les cas Gallas, Silvestre ou Archavine sont des exemples parmi une liste impressionnante. Alors Wenger a-t-il seulement « monté la tête du petit », comme le déclarait il y a une semaine, Jean-Louis Triaud. Ce dernier, de concert avec Laurent Blanc, n’a cessé de répéter que si Arsenal voulait Chamakh, il l’aurait. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, il ne le veut pas. Ou alors, il s’agit d’un nouveau coup psychologique de Wenger. Laisser pourrir la situation pour attirer le garçon le 31 août à un prix moindre, comme ce fut le cas pour Wiltord.
En conséquence, quelles options restent à Chamakh. Il peut rejoindre un autre club anglais. Si Sunderland, vexé par les propos de Triaud (« Qu’est ce que Marouane irait foutre à Sunderland », ndlr) n’est plus intéressé, Blackburn pointe son nez et West Ham arrive dans la danse. Néanmoins, il est peu probable que Blanc accepte de voir partir son attaquant pour un club « qui ne le mérite pas » selon ses propres termes.
De fait, Marouane Chamakh devrait porter la tunique au scapulaire encore une saison. Et après ? Il s’agira du grand départ, vers le club de son choix, qui le mérite ou pas. En fin de contrat il pourra se monnayer au plus offrant, sans que Bordeaux ne touche la moindre retombé. Car le natif de Tonneins, l’a précisé, « je ne prolongerais pas ». Déçu du comportement de ses dirigeants qui ont attendu juillet pour le revaloriser et qui désormais le bloque. Avec 80 000 euros par mois, soit le quart du salaire de Gourcuff, il a refusé une prolongation avec 240 000 euros mensuels à la clé.

Chamakh parti pour rester
Laurent Blanc est en passe de conserver son attaquant, peu motivé face à Lens, malgré son but. A partir du 1er septembre, sa mission consistera à remotiver un homme particulièrement émotif. En 2005, en pleine ascension, il souhaitait rejoindre Lyon. Le veto présidentiel avait freiné sa progression, passant de 10 réalisations avant l'épisode, à 7 puis 5 et 4 lors des trois exercices suivants.
A cet instant, une question peu agréable sur Laurent Blanc se pose. Ne joue t-il pas sa carte personnelle ? En effet, il pourrait quitter Bordeaux en juillet prochain, afin de prendre les reines de l’équipe de France. Il est le grand favori à la succession de Domenech et il avoue être intéressé. Alors que Bordeaux perde un attaquant sans retombée financière pour le remplacer n’est pas son premier souci. Lui souhaite être performant cette saison avec Chamakh. M6 ne souhaite pas voir Chamakh quitter le port de la lune sans argent. Qui aura le dernier mot ?

dimanche 5 juillet 2009

Le chevalier Blanc

Récent champion de France avec Bordeaux pour sa deuxième saison d’entraîneur, Laurent Blanc regagne des sommets qu’il a côtoyé comme joueur. Portrait.

Joueur déjà, Laurent Blanc avait la culture de la gagne. La réussite sur les terrains de ce meneur de jeu, reconverti défenseur central, est l'apanage du courage et de l'envie. En effet rien ne laissé présager en 1983, à ses débuts à Montpellier, qu'il remporterait les plus beaux trophées mondiaux. Seulement, pour réaliser sa carrière de joueur celui qui est devenu le "président" du football français à toujours mêlé travail et intelligence.
Maradona et Guy Roux
Ainsi, il a grandi sur la Paillade avant de tenter l'aventure Napolitaine en 1991 au coté e Maradona. Une aventure qui ne durera qu'une saison. La faute aux exigences défensives transalpines, mais aussi au jeu trop "risqué" du Français. Un simple contre temps dans la progression de Blanc.
Retour sur ses terres, mais chez l'ennemi Gardois, Nimes. Une saison pour repartir de l'avant et gravir une marche. En 1993 il rejoint le prestigieux Saint-Etienne. Mais les Verts sont dans une époque grise, flirtant davantage avec le bas du tableau. Une chute qu'ils connaîtront en 1995. Un malheur pour les verts, mais un tournant pour Blanc, qui met fin à trois années d'errances. La rencontre de Guy Roux lui permet de prendre une nouvelle dimension. En dix mois, il offre le premier doublé coupe-championnat à l'AJ Auxerre et gagne son ticket pour la Catalogne. Défenseur élégant, il plaît à Yohann Cruyff et aux dirigeants de Barcelone.
Mais comme cinq années plus tôt, son exil n'est pas concluant. Entre blessures et prestations en demi teinte, il ne s'impose pas et revient une nouvelle fois dans le sud. À Marseille, après un transfert qui en 2006 reviendra sur le devant de la scène dans le procès des transferts suspects de l'OM. Deux belles saisons pour le défenseur qui s'impose comme un des meilleurs joueurs du championnat, tout en connaissant l'apogée de l'histoire du football en Français en 1998. Sacré champion du monde, malgré son absence en finale pour cause de suspension.
Laurent Blanc souffre de ses deux échecs hors de France. Libre en 1999, à 33 ans, il quitte la formation de Rolland Courbis et s'engage pour l'Inter Milan. L'occasion pour lui de triompher du scepticisme qu'il imposait en Italie. Au final, il ne glane aucun titre avec la formation de Lippi puis Tardelli, mais se réconforte avec un Euro en sélection, occasion qu'il choisit pour se clore sa carrière internationale.
Le modèle Ferguson
Proche de la fin et sans contrat, Laurent Blanc va tenter un dernier pari que certains jugeront risqué. Il rejoint Manchester United. Agé de 35 ans, il s'engage pour une saison sans trophée avant de repartir pour un nouvel exercice. Un choix judicieux lui permettant de remporter le championnat d'Angleterre, mais surtout de prendre un peu de recul, en ne jouant que 19 rencontres, pour prendre exemple sur Sir Alex Ferguson, avec qui il conserve d’excellents rapports.
En effet, il tire un trait sur sa carrière de joueur en 2003 pour enfiler le costume d'entraîneur.
Une carrière qu'il aurait pu débuter au plus haut, avec l'équipe de France. Favori à la succession de Jacques Santini, il lui fut préféré Raymond Domenech.
Il profite de ce contre temps pour passer ses diplômes d'entraîneur mais aussi pour obtenir un diplôme universitaire de manager général de club sportif professionnel à Limoges. Malgré cela, aucun club ne lui offre la possibilité de débuter sa nouvelle vie. Il fut pressenti à Toulouse, Nantes ou Marseille, sans proposition, par manque d'expérience. C'est finalement Bordeaux qui lui fera confiance en juin 2007 dans un rôle de manager-entraîneur. Une confiance qu'il ne cesse de rendre à Jean-Louis Triaud, offrant aux Girondins trois titres cette saison, dont le championnat de France. Preuve de sa fidélité, il a prolongé son contrat jusqu'en 2011, avec des clauses de départs pour 2010. Avant de devenir le choix incontestable pour les Bleus?

dimanche 31 mai 2009

2009, milesime Blanc

Bordeaux en remportant son sixième titre de Champion de France, a mis fin à l'hégémonie Lyonnaise, mais à surtout braqué les projecteurs du football sur les bords de la Garonne.

La belle endormie s'est éveillée. Après dix ans à subir sans grande réaction les dominations Monegasque (2000), Nantaise (2001) et Lyonnaise (2002 à 2008), Bordeaux renoue avec le succès. Dix saisons marquées par une coupe de la ligue (2002) et deux places de dauphins (2006 et 2008). Un maigre butin qui a pris de l'épaisseur en neuf mois. Un accouchement difficile pour le groupe de Laurent Blanc qui en juillet dernier avait demandé à ses "garçons" de remporter des trophées pour marquer leur histoire commune, car seul les trophées marquent le mémoire. Encore une fois le "président" du football français fut entendu. Sur les quatre compétitions nationales, Bordeaux s'en est adjugé trois, au mérite et au prestige croissant. Guingamp a profité de la miette coupe de France. Dès le premier match officiel, les Girondins remportaient le trophées des champions, devant Lyon. Après une saison correcte marquée par les échecs européens, Bordeaux est partie à l'assaut de son destin. Le 6 mars fut le tournant de l'exercice des Aquitains. Giflés par la bande à Gignac, au Stadium (3-0), les Bordelais à douze matchs de la fin de la saison se sont promis de ne plus vivre pareille mésaventure. Résultat, une coupe de la Ligue glanée au Stade de France devant d'innofensifs Vannetais (4-0) et surtout onze victoires de rang en championnat. Une série unique dans l'histoire du football français, qu'il conviendra de poursuivre en Août prochain. Car 2009 n'en est qu'à sa moitié et Yoann Gourcuff qui reste en Gironde aura avec ses coéquipiers (et peut-être Chamakh qui après deux mois parsemés de au revoir, a annoncé une probable prolongation, au sortir d'une nuit bien arrosées) l'ambition de rééditer pareille performance.
Un axe P-L-M-B
Surtout que Bordeaux, ville distante du ballon rond, s'est découvert un amour pour ses Girondins, en témoigne les 90 000 supporters présent samedi soir sur l'esplanade des Quinconces. Bordeaux est une place forte du football Français grâce à la révolution culturelle initiée voilà deux ans maintenant par Laurent Blanc. La mairie hostile à tout engagement pour les Girondins depuis le départ de Jacques Chaban-Delmas du palais Rohan en 1995, évoque la construction d'un nouveau stade en partenariat public-privé, à Bordeaux Lac, pour un coût de 150 à 180 millions d'euros. Laurent Blanc ne cesse de réclamer, irritant parfois le frileux actionnaire, M6, il veut des moyens et de la ferveur populaire. Le plus magnifié dans l'action de Blanc se situe peut être hors du terrain. Il est passe de rajouter une lettre à l'axe PLM (Paris, Lyon, Marseille) décrété par Frédéric Thiriez, en juillet dernier, comme étant les clubs les plus importants de la ligue 1, qu'il convient de voir en haut du championnat. De fait, maintenant c'est dit, toute la France est prévenue, Bordeaux aime le foot et encore plus leurs Girondins.

En bonus, la chanson officieuse des Girondins de Bordeaux. Pour la petite histoire, Pourvu que ça dure la belle aventure de Patrick Sébastien résonna de façon quotidienne, dans les murs du Haillan durant de nombreux mois par l'intermédiaire de l'ambianceur Souleymane Diawara. Seulement, un jour pris de désespoir Marouane Chamakh et Mathieu Valverde, les oreilles traumatisées par une aventure qui commençait à les désespérer, prirent le CD et le brisèrent. Mais Souleymane Diawara, Souley pour les intimes, a réalisé plusieurs copies de ce qui est devenue l'hymne de l'effectif 08/09 des Girondins. Au fond, on ne peut que leur souhaiter que ça dure la belle aventure sur les bords de la Garonne... dès le 3 juillet prochain.