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vendredi 18 juin 2010

Autopsie d'une déroute

Le réveil fut difficile, la tête à l'envers, les membres du corps courbaturés. Mais la réalité est là. Comme en 2008, la France est en situation d'échec.

Sauf miracle la France ne reniflera pas l’enivrant parfum des matches à éliminations directes. Même si le revers face au Mexique renvoi presque directement les joueurs en vacances. En partant du principe qu’ils n’y sont pas depuis quelques semaines déjà. Comme toujours ou presque les Bleus oscillent entre le dernier carré ou une chute sur le carreau, des la phase de poule. La gifle administrée par le Mexique est d’autant plus douloureuse, marquante, que la façon intrigue plus que le résultat. En football, c’est bien connu ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Hier soir, le meilleur a gagné. Le meilleur en termes de combativité, de solidarité et même en termes de qualité intrinsèque.

1. Des joueurs consternants
Comment peut-on seulement imaginer que tous ces joueurs qui peuplent l’Équipe de France appartiennent à des grands clubs ? Car la première faillite est footballistique. Govou n’est pas au niveau, il l’a reconnu lui-même. Il n’est pas le premier à blâmer. Il a fait ce qu’il a pu. Soit rien, ou si peu. Gallas et Abidal sont des pales défenseurs axiaux, constamment battus de la tête par des joueurs à la taille moyenne comme Giovanni ou Franco, constamment pris de vitesse, incapable de s’aligner correctement pour jouer le hors-jeu. Evra harangue à l’envi ses coéquipiers, pleure lors de l’hymne national mais n’est qu’un piètre défenseur, régulièrement effacé avec facilité par ses vis-à-vis. Sur la faute d’Abidal sur Barrera ayant amené le penalty, il se fait passer avant de couper son effort. Un décalage entre les actes et les efforts consentis. Diaby, poussé par les cadres somme un élément essentiel, n’est qu’un novice en bleu et, lorsque le bateau tangue trop, il est un des premiers à tomber à l’eau. Les cadres justement. Les fameux révolutionnaires Ribéry et Anelka sont tout simplement honteux. Il n’est pas possible de se comporter ainsi avec le maillot de son pays sur les épaules. Anelka, et ce n’est pas nouveau, n’est pas patriote. Il ne veut pas payer ses impôts en France, n’est pas attaché à l’équipe de France. Mais qu’il reste à Londres. Jimmy Briand ou Kevin Gameiro auraient livré des matches oh combien plus digne. Il joue avant-centre, mais veut évoluer comme neuf et demi dans un schéma ou le poste n’existe pas ? Qu’il ne vienne vraiment pas. Comme Franck Ribéry. Après tous les problèmes sportifs (blessures à répétition) et extra sportifs (entendu dans une affaire de proxénétisme), la moindre des choses aurait été d’être discret. De jouer là où on lui demande avec qui on lui demande. Au lieu de cela, il pleurniche pour occuper le côté gauche - même dans l’axe il a constamment dévié vers la gauche -, il ne veut pas de Gourcuff qui selon lui n’est pas légitime. Alors oui, le Breton est bien élevé, réservé, intelligent, sait analyser le football, plaît à la gente féminine, tant de caractéristiques étrangères au joueur du Bayern.

2. Un sélectionneur affligeant
Raymond Domenech a fait des erreurs, il l’a (enfin) concédé après la déroute mexicaine, sans préciser lesquelles. La première fut certainement d’écouter les caïds du vestiaire. Il a sacrifié le seul Gourcuff après l’Uruguay. La logique aurait été d’écarter Govou, Anelka voire Ribéry dans le même temps. Mais Gourcuff est rejeté par une partie du groupe. Il pensait avoir réglé un problème. Il a perdu le peu de légitimité qu’il lui restait. Aimé Jacquet, pour le bien du groupe s’était passé de Cantona. Pour le bien du groupe Domenech s’est passé de Benzema et Nasri, qui n’auraient, sans doute, rien changé. Mais il fallait aller jusqu’au bout de la chasse aux ego. Il ne l’a pas fait. Et après une petite semaine idyllique à Tignes la guerre à redémarré de plus belle.
Le toujours sélectionneur pour quelques jours n’a jamais insufflé de ligne directrice en termes de jeu. Comme l’a expliqué Malouda, « les joueurs sont libres offensivement ». Et comme les coups de pieds arrêtés ça ne se travaille pas. Pourquoi organiser toutes ces séances à huis clos ? Car, et c’est sans doute le pire, Domenech a isolé son équipe du peuple français. Au lieu de donner du rêve contre l’amour que tant de personnes étaient prête à leur donner, il a vendu du secret. Comme si des enfants à La Réunion allaient répéter quel tactique il travaillait, alors que tous les journalistes sur place suivaient tout de même la mise en place, comme des agents du FBI, en haut d’arbres ou cachés dans des endroits improbables. Le Danemark ne va peut être pas passer le premier tout, mais au moins elle aura fait rêver la population locale en s’entraînant presque constamment devant le public. La France l’a fait, une fois, comme l’oblige le règlement de la FIFA. Quand à sa communication. Passons. Le chapitre est bien trop lourd.

3. Une Fédération d’amateurs
Jean-Pierre Escalettes vient du monde amateur, c’est un fait. Mais quelle terrible image donne-t-il de la base. En s’entêtant à garder Domenech, en sautant partout après la qualification honteuse face à l’Irlande alors que, même s’il s’obstine à dire qu’il n’a pas vu la main, des écrans sont installés dans la tribune présidentielle, en enchainant les déclarations contradictoires, en choisissant le futur sélectionneur seul, dès le mois de janvier et en rendant public son choix il a éblouit les Girondins mais surtout le football français et son image dans le monde de son incompétence. Quand à son bras droit, Noël Le Graet, sa saison parle pour lui. Le club qu’il préside, Guingamp, vient d’être relégué en national. Comme le football français dirigé par un homme qu’il a défendu avec hargne. Tous les pontes du conseil fédéral vont se cacher derrière l’obtention de l’Euro 2016. Mais Jacques Lambert en est le principal investigateur de ce succès, avec Platini certainement. Même Nicolas Sarkozy a plus de mérite qu’Escalettes et ses sous-fifres.

4. Un Mondial à finir et cap sur la suite
Il reste un match et une chance, même petite, de se qualifier pour un massacre face à l’Argentine en huitième de finale. Mais au moins il convient d’être digne, enfin. Alors Domenech pour son jubilé doit couper des têtes. Il n’en subira aucune conséquence et pourrait même faciliter le travail colossal de son successeur, Laurent Blanc. Il doit sortir de l’équipe Govou, Anelka et Ribéry. Et comme l'équipe des remplaçants bat régulièrement les titulaires lors des oppositions, le dommage ne s'annonce pas important. Il doit surtout offrir un dernier match en bleu correct à Thierry Henry. Ne pas le faire entrer face au Mexique en n’ayant effectué que deux changements et un manque cruel de savoir vivre, en plus d'un handicap sportif. En 2006 il avait sorti Zidane à deux minutes du terme du match contre la Corée du Sud. A ce moment, il s’agissait peut-être du dernier match de la carrière du meilleur joueur de l’histoire du football français. Au moins il peut éviter un pareil mépris à Henry. En lui redonnant, en prime, le brassard de capitaine. Car Henry n’est pas au sommet de son art. Mais il est le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (51 buts) et a toujours défendu le maillot bleu avec volonté. Ce qui est rare en cette triste période. Après si la qualification vient en surprise tant mieux et continuons avec les les joueurs à l'état d'esprit positif. Sinon, place au grand grand nettoyage pour Laurent Blanc qui devra exclure les ego encombrant, sous peine de vivre deux années dans le costume de Domenech.

jeudi 7 janvier 2010

Et maintenant on fait quoi?

Jean-Pierre Escalettes est en tournée promotionnel. Le sujet? L'après Domenech, alors qu'une coupe du monde se profile. L'art du contre pied fédéral se poursuit.

Jean-Pierre Escalettes a beau être à Saint-Domingues, en vacances chez ses enfants, il est omniprésent dans les médias. La moindre demande d’interview est acceptée. Mieux, en une après-midi, les trois plus grandes radios généralistes RMC, Europe 1 et RTL, ont appelé le boss du foot français. Résultat, trois entretiens pour apprendre qu’Escalettes est en accord avec Jacquet, « 4 ans ça suffit » pour un sélectionneur, oubliant un peu facilement qu’il est le responsable, avec Noël Le Graet, dernier avocat de Raymond Domenech, de la présence contestée du sélectionneur. Aimé Jacquet lui rendant l'appareil en qualifiant ses sorties d' "Escalettes en patron". Du coup, il ose donner des noms, ou plutôt répondre par l’affirmative à tous les patronymes proposés. Blanc, Deschmaps, Boghosian ou Tigana le duel est lancé. Quand Wenger et Roux sont ajoutés dans un second temps. Jacquet donnant son avis : «Être sélectionneur, ça n'a rien à voir avec être entraîneur de club. La fonction doit être «occupée par un entraîneur sur la fin, qui termine une belle carrière»
Seule chose sure, le sélectionneur post-Domenech sera français, la seule certitude, avec peut-être le fait que Domenech ne devrait pas se succéder à lui-même. Un rôle à la DTN attendant déjà l’actuel sélectionneur. Se priver d’un tel talent serait ballot !
Pour le poste suprême rendez-vous en mai, pour ne pas gêner un possible employeur, en clair Bordeaux. Car Blanc est LE candidat, mais c’est aussi le plus difficile à convaincre. Car en 2004 il avait été rejeté au profil de Raymond Domenech, et ça le meilleur entraîneur français en 2009 ne l’a pas oublié. Au moment où les bancs de ses deux derniers clubs pourraient se libérer, Manchester United et l’Inter, c’est un handicap pour la FFF. D’autant qu’une nouvelle saison à Bordeaux n’est pas si illusoire. Il a les arguments pour conserver Gourcuff une saison de plus, comme tous les autres cadres, mi à part Chamakh. Si le projet de grand stade est enclenché, même s’il n’en profitera pas, il pourrait poursuivre la construction d’un grand d’Europe sur la face Atlantique. Si Blanc qui a signifié que « ça se refuse » mettait un rateau à Escalettes, Deschamps pointerait son nez. Mais entre ses ennemis au sein de la FFF et un échec possible avec l’OM d’ici à mai prochain, il pourrait avoir des difficultés. Jean Tigana, comme d’habitude il est candidat, il sera reçu et … remercié pour le déplacement. Reste Alain Boghossian, à l’expérience nulle, mis à part un poste auprès de l’équipe de France junior de … Golf et deux ans avec Raymond Domenech. A moins qu’un candidat de la DN ne pointe son nez, Mombaerts, Mankowski… Bref, si Blanc à l’image parfaite dans l’opinion décline l’offre, un sacré casse tête s’ouvrirait pour le conseil fédéral. Mais aucune inquiétude, ils nous ont prouvés par le passé, leur sens de la prise de décision et leur connaissance du football…

jeudi 3 décembre 2009

Un complot ?



La France ne sera pas tête de série. Un complot ou le résultat logique dû à des échecs successifs.

C’est officiel, malgré les prospections de tous les médias la France ne sera pas tête de série lors du tirage au sort de la coupe du Monde. En effet, la FIFA a choisi de retenir comme critère le seul classement à son nom. De prime abord une bonne chose pour les bleus qui occupent la 7e place. Seulement pour mettre les 32 pays qualifiés sur la même ligne, le classement retenu est celui ‘octobre 2009. Avant les barrages donc, logique puisque tous les pays n’ont pas livré de rencontres internationales en novembre. Un classement avant France - Irlande (1-0, 1-1 a.p) où les tricolores étaient 9e. Comme le premier pot contient 8 places et qu’une réservée à l’Afrique du Sud, en tant que pays organisateur, seuls les sept premiers héritent d’une place protectrice. Une place glanée par la France après l’héroïque barrage gagné mais qu’ils avaient perdu après la toute aussi héroïque phase de groupes.
En effet, songer que la FIFA a changé son règlement par rapport au mondial 2006 juste pour punir la France d’une qualification entachée d’une main au combien médiatisée n’a que peu de valeurs.

Quels adversaires?
C’est davantage la résultante d’un esprit très français de paranoïa générale. Le président de la Fédération Française n’attache d’ailleurs que peu d’intérêt à ce scénario. Il a même expliqué qu’après avoir fait des calculs il se doutait que la France ne serait pas tête de série, il n’y a donc « aucune surprise ». Voila enfin un événement qu’Escalettes a donc su anticipé. Car cette situation qui a fait la une des journaux n’est que la conséquence de résultats sportifs consternants depuis trois années. Une qualification poussive pour l’euro 2008, au terme duquel la France termine quinzième nation sur seize, avec un point. Pas de changement et cap sur une phase qualificative encore en deçà de la précédente pour terminer deuxième derrière la Serbie, sans avoir battu la Roumanie mais en ayant marqué cinq buts aux Iles Féroé « ce que personne n’a fait » dixit Domenech. Une belle preuve du potentiel exceptionnel de cette équipe. Rassurant quand on sait que désormais, les bleus ont de fortes chances d’avoir au moins une équipe supérieure à eux. En effet, toute autre équipe que l’Afrique du Sud serait favorite face à la France. Et comme Escalettes précise qu’en 2006 malgré un groupe facile (Corée du Sud, Suisse, Togo) « ça avait été très dur », puisque les bleus avaient terminé à la deuxième place. La prudence sera de mise et une qualification deviendrait au moins un exploit !
Et Raymond Domenech dans tout ça ? Dans quel état d’esprit est-il parti pour assister au tirage au sort ? « Je n’y vais pas en état d’esprit mais en avion »… sans commentaire.

Les chapeaux
Pot 1 (Têtes de série) : Brésil, Espagne, Italie, Allemagne, Argentine, Angleterre, Pays-Bas, Afrique du Sud (pays organisateur)
Pot 2 : Australie, Japon, Corée du Sud, Corée du Nord, Honduras, Mexique, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande
Pot 3 : Algérie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Ghana, Nigeria, Chili, Paraguay, Uruguay.
Pot 4 : Danemark, France, Grèce, Portugal, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suisse.


lundi 7 septembre 2009

Domenech perd le pouvoir


Contesté à l'extérieur, le sélectionneur, Raymond Domenech, l'est aussi à l'intérieur de son groupe.

Désormais c’est officiel, Raymond Domenech n’a aucune compétence pour exercer la profession de sélectionneur. La preuve par le fait que les diplômes ne font pas tous dans la vie. Car le DEPF est dans sa poche depuis longtemps. Vendredi dernier, Thierry Henry a légitimé toutes les critiques (ou presque) que subit Domenech à longueur de temps. Que ce soit les anciens (Dugarry, Lizarazu, Pires, Frey, Fernandez, Courbis…) ou les journalistes (Balbir, Riolo, Chaumier…), tous avaient raison, du moins dans l’ensemble. Raymond Domenech ne sait pas entraîner une équipe. Pis, à l’heure du tout psychologique, il ne sait pas parler à ses joueurs. Donc c’est encore plus ses compétences d’entraîneur qui sont visées. Dans Le Parisien/Aujourd’hui en France, daté du 7 septembre, est narré un conflit ayant opposé Henry à Domenech, à Clairefontaine. Le capitaine des bleus faisant passer un message clair à son patron.
Voici les propos du Barcelonais : « Coach, nous aussi on a quelque chose à vous dire. Là, je parle au nom du groupe. Nous aussi, on reste sur notre faim. On s’ennuie pendant vos entraînements. » Avant d’enchaîner sur : « Cela fait douze ans que je suis en équipe de France. Jamais je n’ai été dans cette situation. On ne sait pas comment jouer, où se situer, comment s’organiser. On ne sait pas quoi faire. On n’a aucun style, aucune idée directrice, aucune identité. Ça ne va pas. »

Pourtant, les critiques énoncées par Henry avaient déjà émergé dans le passé. Pas de plan de jeu, des joueurs perdus sur le terrain, des discours soporifiques… Seulement cette fois, il ne s'agit pas d'un consultant ou d'un joueur en disgrâce, qui chercherait à se venger.
Malgré ces propos, Henry (photo ci dessous, de dos devant Domenech, qui cherche son regard) n'a pas triché. Alors qu'une défaite aurait fragilisé encore plus le sélectionneur, il s'est démené face à la Roumanie, inscrivant même le but français.
Quel avenir ?
En cinq ans de règne, c’est la première fois que Domenech est mis à mal, en public, de l’intérieur.
Quelle conséquence va avoir cette histoire? A priori aucune. Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, a confirmé, hier soir, au micro de RTL que le sélectionneur actuel, irait au bout de son contrat.
« Je répète oui, oui, oui, il faut le dire trois fois, puisque le conseil fédéral lui a donné pour mission de nous qualifier, a déclaré le président de la Fédération Française de Football. Et je répète que même s’il faut qu’on se qualifie par les barrages, c’est la mission de Raymond Domenech et il faut qu’il aille au bout et il ira au bout ». Même après ces révélations, la FFF a préféré ne pas s'exprimer. L'éventualité d'un renvoi de Domenech, après le match en Serbie est donc mince, mais pourrait prendre de l'ampleur, si la polémique monte et qu'une campagne se met en place, comme en juillet 2008 mais avec plus d'organisation et le soutien de personnalités importantes (Platini, Houiller voire Yade...).
Néanmoins, il parait peu probable que le ticket Houiller (actuel DTN, et sélectionneur de 1992 à 1993) - Boghossian (entraîneur adjoint des bleus et confident des joueurs) imaginé par certains voit le jour rapidement.
En ces circonstances, alors que le Marakana de Belgrade se profile, il est à souhaiter que le groupe ait assez de caractère pour se prendre en charge, comme lors de la coupe du Monde 2006. Seulement Barthez, Zidane, Vieira, Thuram et Sagnol ne sont plus là. Et malgré le talent des Gourcuff, Ribéry, Benzema, Diarra, Evra… il est à craindre qu’une autogestion soit difficile. À moins que le frondeur, Thierry Henry, riche d’une grande expérience et d’une culture foot sans égal ne reprenne le flambeau. C’est la seule issue qui pourrait éviter une explosion de l’équipe de France.