Marseille

PSG extérieur

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LionelMessi est le meilleur joueur du monde. Ce n’est pas nouveau, certes, mais c’est juste magnifique pour le football. Ce petit jeune homme discret, jovial et travailleur ne cesse de repousser un peu plus haut le baromètre de sa légende, alors qu’il n’a que 23 ans. Pour la troisième saison de rang, il termine meilleur marqueur de la Ligue des Champions (12 buts). Et pour la troisième année consécutive, il devrait recevoir le Fifa Ballon d’Or en décembre prochain. Ce samedi, il a livré une prestation exceptionnelle. Encore une, lors d’une rencontre importante. Toujours en mouvement par ses appels fuyants, Messi, via ses accélérations et ses passes, a noyé Manchester United, comme ce fut le cas pour le Real Madrid en demi-finale. Il ne lui manque que quelques fulgurances en sélection pour épaissir, encore plus, la trace maximale qu’il est en train de poser dans l’histoire du football. La Copa America cet été sera une belle opportunité.
fébrile. Une stratégie ne se limitant pas à cette séquence de la partie. Et puis, il y eut ces trente secondes bien plus dérangeantes. Alors que le Barça était en plein récital, Abidal, auteur d’un match très solide, laissa une balle sortir en touche dans ses vingt mètres. S’en suivit une touche sans conviction du latéral français, préféré à Puyol à gauche, vers des barcelonais peu concernés par le cuir. Rooney, lui, l’était. Il accéléra, servit Giggs, à l’entrée de la surface et légèrement hors-jeu, qui lui remit à vingt mètres. L’Anglais arma et égalisa sur la première et même la seule occasion de Manchester (1-1, 33e). Ce qui, au fond, ne changea pas grand-chose.

Les joueurs de Bordeaux ont eu gain de cause, Jean Tigana est parti. Mais leur comportement a été honteux.
Alors qu’il entraînait Bordeaux, Laurent Blanc avait coutume de dire que l’expérience ne s’achetait pas en magasin. La dignité non plus. Car les joueurs de Bordeaux, depuis des mois, font preuve d’une immoralité incroyable. Depuis l’arrivée de Jean Tigana, une partie du vestiaire s’est progressivement éloignée de l’ancien milieu international. Dès sa prise de fonction, il avait instauré des méthodes dures pour essayer de réveiller un groupe traumatisé par une fin de saison cauchemardesque. Mais en demandant aux internationaux (Planus, Carrasso, Gourcuff et Diarra) de revenir dès le 15 juillet et non à partir du 20 comme dans les autres clubs, en intégrant des amendes temporelles pour sanctionner les retards (le joueur devait arriver en avance le lendemain), en arrêtant de fêter les anniversaires dans le vestiaire, il a froissé les ego. Surtout, en venant seul, il s’est privé d’un soutien inconditionnel dans le vestiaire. Pire, en acceptant Michel Pavon comme adjoint, il a fait l’inverse. Pavon aime le club, c’est incontestable. Mais il a entraîné les Girondins de 2003 à 2005, les plongeant au bord de la relégation, et avait la fonction de directeur sportif depuis. Il côtoie les joueurs depuis des années. Il est ami et sort avec les barons du vestiaire que sont Planus, Ramé, Chalmé, notamment.
Du coup, au lieu de rapprocher les joueurs de Tigana, Pavon a écouté leurs doléances et les a acquiescées. Isolé, le champion d’Europe 1984 s’est entêté dans la mauvaise direction, jusqu’à consommer la fracture avec un groupe qui ne voulait plus de lui. D'ailleurs, Tigana a sa part de responsabilité. Il n'a jamais clairement établie son plan de jeu. Il voulait un bloc équipe plus bas mais avait-il les joueurs pour évoluer en contre. Et puis, sur la fin, il semblait perdu. Aligner quatre grands physiques (Diarra, Sané, Savic et Ciani) dans l'axe défensif face à des techniciens comme Martin, Boudebouz ou Maurice-Belay n'est pas une inspiration divine. Comme changer trois fois de charnière centrale, quatre fois de paire de récupérateurs et deux fois de la latéral droit durant la rencontre. Pour finir avec Chalmé milieu axe gauche...
Des erreurs des deux côtés
Seulement, plutôt que d’aller voir le président Jean-Louis Triaud, pour expliquer les problèmes et ainsi essayer de les résoudre, le groupe a lâché Tigana. Plusieurs fois. A Angers en coupe de France (1-0, le 22 janvier), à Lorient (5-1, le 19 février) en championnat et enfin face à Sochaux (0-4), ce samedi, devant son propre public. Avec à chaque fois les mêmes symptômes. Une défense bien trop haute qui joue très mal le hors-jeu, un pressing inexistant, des retours en marchant. Et même des haussements de voix de la part de Ciani lorsque son entraîneur le sort à la 35e minute et que Sochaux mène déjà 4-0. En fait, tous ne sont pas à blâmer au même niveau. Plasil, malgré un désaccord de fond avec son entraîneur s’est toujours battu. Lui court, tacle, frappe. Contre Sochaux, comme un symbole, il a signé la seule frappe dangereuse, pleine de hargne, après deux contres favorables. C’était en seconde période, après avoir disjoncté dans le vestiaire à la pause contre ses coéquipiers. Il y a aussi Carrasso qui « n’en peut plus » comme il l’a dit en plein match samedi. À Lorient, il avait été expulsé en fin de partie après en avoir pris cinq à bout portant. Cette fois, les quatre buts encaissés en 20 minutes ont valu une sortie très aléatoire dans les pieds de Boudebouz. Des actes de détresse à chaque fois.
Ces deux garçons méritent clairement de ne plus jouer à Bordeaux la saison prochaine. Ils méritent beaucoup mieux. Et dire qu’ils n’ont même pas un titre de champion de France dans leur palmarès. Qu’ils sont venus lorsque le club était au sommet pour franchir un cap dans leur carrière… Les autres, les champions de France 2009 (plus Ciani) ne méritent pas plus de rester. Mais pour d’autres raisons. Ils sont très grassement payés pour taper dans un ballon. C’est démagogique, mais une semaine à l’usine de Ford à Blanquefort leur ferait le plus grand bien. Car on n’a pas le droit de galvauder à ce point l’image d’une entreprise vieille de 130 ans.
Mais ils ont gagné, pour l’instant. Le virage sud s’est vidé à la 35e minute après avoir scandé « ridicule » alors que le reste du public applaudissait les enchaînements des Sochaliens et les ratés successifs de Modeste. Déjà contre Auxerre, après le fiasco lorientais, le public avait sorti des banderoles (pour voir les joueurs transpirer, rendez-vous sur les quais) et une grève avait été programmée en début de match. Face à Arles, des « on se fait chier » avaient été scandés. Mais ils ont gagné, Tigana est parti. Et ce n’est pas totalement de leur faute en plus. Non, il a fallu que sa fille se fasse agresser verbalement par des « supporters » pour que le coach jette l’éponge. Le putsch programmé au moment où Tigana venait d’être conforté dans son rôle pour la saison prochaine par l’actionnaire n’a, en lui même, pas suffi. Même pour ça, les joueurs n’ont pas de talent.
Tout à reconstruire
Désormais, ils sont en première ligne. Il reste quatre matches et plus rien à jouer. Certains voudront partir, mais qui voudra d’eux. Alou Diarra a fait une saison indigne de son rang. Sur ses prestations, il ne devrait pas être en équipe de France. Mais il en est le capitaine et Paris le veut au moment où Nicolas de Tavernost, le président de M6, vient de le recadrer pour la deuxième fois (dans Sud Ouest : « ce n’est pas moi qui ai pris un carton rouge », renvoyant aux six matches de suspension). Car oui, pour Diarra, Bordeaux est à sa place et n’a pas l’effectif pour viser le podium. Mieux, la défaite contre Sochaux est "normale". Pourtant, face aux cinq premiers, ils ne comptent qu’une défaite (à Marseille), six nuls (Lille deux fois, Rennes deux fois, à Lyon, Marseille) et deux victoires (Lyon, à Paris). Pas mal pour une équipe si moyenne.
Trémoulinas, annoncé à Dortmund, a enchaîne les erreurs défensives. Ciani a parfois approché le néant (à Marseille et lors de chaque naufrage prémédité notamment). Et les autres, ils veulent rester. Presque tous ont prolongé avec des conditions avantageuses leur contrat il y a un an. Parmi eux, Chalmé et Planus ont clamé leur envie de finir leur carrière en Gironde. Seulement, Chalmé n’est que l’ombre d’un footballeur professionnel. Il est constamment en retard, n’apporte presque rien offensivement. Planus est souvent blessé et aurait été l’un des meneurs de la fronde anti-Tigana jusqu’à simuler des douleurs au dos pour ne pas aider son coach face à Sochaux. Si c’est vrai, c’est grave. Un des nombreux arguments qui pourraient faire fuir bon nombre de techniciens. Car le futur entraîneur va s’engager dans un chantier béant. Monsieur Fernandez, Garcia, Gillot ou Courbis, bon courage.

Le Real Madrid, Barcelone, Manchester United et Schalke 04 devraient se retrouver en demi-finale de la Ligue des Champions. A moins que les quarts retours n’inversent des tendances lourdes la semaine prochaine.A peine les matches allers des quarts de finale de la Ligue des Champions achevés qu’il nous tarde les demi-finales. Car, franchement, les équipes auraient pu au moins penser aux spectateurs qui ont acheté leur place pour les matches retours il y a plusieurs jours déjà. Parce que niveau suspense haletant, on a connu mieux. Pire, tout est joué, ou presque, pour les optimistes. Le choc « fratricide » Real Madrid – FC Barcelone aura bien lieu, sauf cataclysme. Les quatrième et cinquième classicos de la saison (un record) auront donc un accent européen. Avec quatre oppositions en 18 jours, ce sera surtout l’occasion pour José Mourinho de sauver sa première saison en terre madrilène. Le Championnat étant hors de portée (malgré le classico retour le 16 mai) et la coupe du Roi, une récompense mineure, même face à Barcelone en finale (le 20 avril, à Valence). Alors il reste la Coupe aux grandes oreilles. Et écarter le Barça en demies, ça aurait de la "gueule".
Car, franchement, qui miserait, ne serait-ce qu’un cents sur une demi-finale Tottenham - Shakhtar Donetsk. Les deux formations ont explosé devant les grands d’Espagne, certainement les deux meilleures équipes du continent actuellement. Tottenham a même facilité la tâche au Real Madrid craintif après son revers à Bernabeu face à Gijon (0-1) et amoindri par l’absence de Benzema et les retours avancés de Di Maria, Ronaldo et Marcelo. Mais le géant Crouch, en l’espace de cinq minutes, a commis deux fautes inutiles et spectaculaires afin de laisser ses camarades à dix, dès la 15e minute, sans attaquant. Alors, forcément le plan de Redknapp a moins bien marché. Il a essayé de maintenir sa stratégie en place, avec Van der Vaart plus haut, mais il a eu des problèmes. 4-0, le score est un peu lourd. Comme le 5-1 distribué par la Barça aux Ukrainiens, sans que Messi et Villa ne s’illustrent. D’ailleurs, les deux attaquants paraissent un peu fatigués et la défense est inquiétante. Vivement que Puyol revienne car l’association Busquets – Piqué suffit contre Donetsk, mais face au Real, c’est discutable, surtout qu’Abidal ne devrait pas rejoué cette saison, laissant à Adriano ou Maxwell le côté gauche.
Schalke crée la grosse surprise
Dans l’autre partie du tableau, on feint de croire, ou d’espérer à un reste, un zeste même, de suspense. Bien qu’amorphe chez lui, Chelsea pourrait bien se réveiller à Old Trafford et ainsi dominer Manchester United, cette équipe peu brillante mais terriblement et froidement efficace. Pour cela, il faudra que Fernando Torres sorte d’une léthargie qui dure depuis presque un an. Entre une blessure avant la coupe du monde, un mondial raté (0 but, remplaçant en finale), une phase aller hachée par les pépins physiques à Liverpool et un transfert surprise fin janvier à Londres qui n’est pas encore digéré. Ni par lui (54 millions d’euros, 0 but), ni par le club.
Le cadeau personnel de Roman Abramovitch a déréglé une formation qui n’avait pas besoin de cela. L’arrivée du grand blond (plutôt châtain, d’ailleurs depuis quelques semaines) a obligé Carlo Ancelotti à réorganiser toute son équipe. Or, Chelsea n’a pas les joueurs pour évoluer en 4-4-2. Lampard est mal à l’aise à la récupération, Malouda, dans une forme précaire, est trop bas à gauche et surtout, Torres ne semble pas compatible aux jeux de Drogba et Anelka. D’autant que les deux francophones, auteurs d’une saison fade, paraissent peu enclins à aider el « niño » à s’intégrer. De fait, avec un Rooney retrouvé depuis quelques semaines et auteur du seul but de ce quart aller, un Giggs encore et toujours capable de coups d’éclats, un Hernandez grandissant et un axe central (peut-être le meilleur au monde) Ferdinand-Vidic enfin reconstitué, Manchester paraît filer tout droit vers les demies, en attendant un possible triplé, comme en 1999.
Il faudra alors se débarrasser de Schalke 04. Si Jean-Michel Aulas s’était étonné de la densité physique des Allemands en phase de poule, un soir de déculotté (3-0, le 24 novembre), il a dû s’apercevoir d’un certain talent, aussi, durant la correction reçue par l’Inter Milan à San Siro (2-5). Le problème pour Leonardo, c’est qu’il s’agit de sa deuxième en quatre jours. Après la gifle infligée par Milan en Serie A (3-0), signifiant la perte du scudetto par l’Inter, voilà les Interistes en passe de dire adieu à leur autre trophée, la Ligue des Champions. Entamé à la fin décembre, le règne de Leonardo a peut-être déjà touché à sa fin en voulant proposer un jeu beaucoup trop offensif.
C’est officiel, un maillot ne fait pas tout. En bleu ou en marinière, le sentiment global ne change guère en l’espace de cinq jours et 180 minutes de jeu.
Seule une "non'victoire" aurait été catastrophique. Donc, l’équipe de France n’a pas vraiment déçu. Elle a même assuré l’essentiel. En s’imposant 2-0, comme à l’aller, face au Luxembourg elle a fait un nouveau pas vers une qualification directe pour l’Euro 2012. Elle a aussi ajouté une sixième victoire à sa série en cours. Que de bonnes nouvelles au terme d’une soirée tellement ennuyeuse. Car il faut bien le reconnaître, les Bleus ont livré une prestation d’une langueur mortelle. D’une lenteur accablante et d’une imagination défaillante, le quintette offensif qui faisait frémir presque tout le monde a considérablement déçu. La preuve que ce n’est pas en empilant les créateurs que l’on crée, justement. Gourcuff transparent, sauvant son match par un but (son quatrième en Bleu, le troisième en cinq matchs), Malouda peu concerné, Nasri partout sauf en soutien de Benzema et Ribéry d’une faiblesse technique incroyable durant 65 minutes, avant, comme par miracle, de se réveiller lorsqu’il passa à gauche. Il fut même à l’origine du but de Gourcuff en éliminant pour la seule fois de la soirée un luxembourgeois dans la zone décisive. Même si le centre n’était pas destiné au Lyonnais, et que c'est Hoffmann qui l'a involontairement servi, c’est toujours intéressant à noter. Il est difficile de savoir si Ribéry a délibérément déjoué à droite pour prouver qu’il ne peut évoluer qu’à gauche ou s’il n’a réellement plus de repère sur le côté droit et qu’il convient de l’imaginer comme la doublure ou le concurrent de Florent Malouda et ainsi laisser Rémy, Valbuena ou Ménez s’installer sur l’aile déserte. Voire Nasri, habitué à ce côté à Arsenal et cinquième capitaine de l’ère Blanc, face au Luxembourg. Le Gunner a profité de cette première pour délivrer, sur coup franc, la passe décisive sur l’ouverture du score, signée de la tête par Mexès. Le grand blond qui s’impose match après match comme le taulier de l’arrière garde tricolore avec Rami à ses côtés, même si ce test fut léger, tant les luxembourgeois se désintéressaient de toute construction offensive, annihilant trop rapidement leur très bon travail de pressing. Mais leur plan était de ne pas prendre une raclée et écouter le public les ovationner à la fin conforte la thèse. Comme voir Benzema isolé au sein du double coffre fort du Grand-Duché, encore plus étanche que ceux de la banque d’affaire Clearstream. 
C’est un retour à la réalité bien rêche. Le passage de l’autoroute dorée des matches de gala à la sinueuse route de campagne (de qualification pour l’Euro 2012). D’une victoire de prestige en amical face au Brésil (1-0) à un déplacement au Luxembourg il s’est passé six semaines. Six semaines paisibles pour Laurent Blanc. Et ce n’est pas ce match qui devrait changer la situation. Ni même le prochain, au Belarus, le 4 juin. La France a acquis des certitudes ces derniers mois dans le jeu et dans les hommes. Des certitudes suffisantes pour traverser ces deux côtes sans craindre de caler et ainsi envisager une qualification sereine dans ce groupe de la vie facile. Forts de six succès consécutifs, avec un seul but encaissé en Angleterre, les Tricolores se rendent chez le voisin luxembourgeois tranquilles, donc. Et ce n'est pas le seul revers pour quatorze victoires, le 8 février 1914(5-4 en match amical avec à un quadruplé de Jean Massard) qui devrait bouleverser l'optimisme général.
Le football français est à quai dès la fin des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, comme en 2007, 2008 et 2009. Trois saisons où l’OL était le seul représentant hexagonal à l’entrée de la phase à élimination directe. Et encore, le Paris Saint-Germain peut sauver l’honneur de la patrie sur la scène continentale en arrachant sa qualification pour les quarts de finale de l’Europa League, ce jeudi, au Parc des Princes, face à Benfica (2-1 à l’aller).