dimanche 19 juin 2011

Les nouveaux maillots de la Ligue 1

Alors que les joueurs sont en vacances, souvent très loin, que les dirigeants planchent sur le recrutement, les équipementiers ont déjà livré les maillots pour la saison 2011-2012. En voici quelques-uns.

Lille
Marseille


LyonPSG extérieur
Rennes
Bordeaux

Caen
Auxerre

samedi 28 mai 2011

Légendaire

Le FC Barcelone a conquis, avec brio, sa quatrième Ligue des Champions, ce samedi soir, à Wembley, face à Manchester United (3-1).
LionelMessi est le meilleur joueur du monde. Ce n’est pas nouveau, certes, mais c’est juste magnifique pour le football. Ce petit jeune homme discret, jovial et travailleur ne cesse de repousser un peu plus haut le baromètre de sa légende, alors qu’il n’a que 23 ans. Pour la troisième saison de rang, il termine meilleur marqueur de la Ligue des Champions (12 buts). Et pour la troisième année consécutive, il devrait recevoir le Fifa Ballon d’Or en décembre prochain. Ce samedi, il a livré une prestation exceptionnelle. Encore une, lors d’une rencontre importante. Toujours en mouvement par ses appels fuyants, Messi, via ses accélérations et ses passes, a noyé Manchester United, comme ce fut le cas pour le Real Madrid en demi-finale. Il ne lui manque que quelques fulgurances en sélection pour épaissir, encore plus, la trace maximale qu’il est en train de poser dans l’histoire du football. La Copa America cet été sera une belle opportunité.
Surtout, Barcelone est la meilleure équipe du monde. Ce qui n’est pas davantage une nouveauté. Mais lorsque les Catalans atteignent un tel niveau de perfection dans leur jeu de passes, dans leur pressing et dans leur mouvement, ils sont juste injouables. Même pour le récent champion d’Angleterre, totalement dépassé.

Un tir cadré pour Manchester, douze pour Barcelone

Le manque de rythme dans le sport est un débat bien vaste à la réponse toujours confuse. Guardiola y a apporté sa contribution, ce samedi. En laissant dix-sept jours de repos à presque tous ses titulaires, le technicien espagnol avait pris un risque, calculé. Car ses joueurs semblaient en deçà physiquement depuis plusieurs semaines et marqués par les quatre clasicos en dix-huit jours. Alors, ils ont eu droit à un programme spécifique. À titre d’exemple, Xavi a touché plus de 80 ballons en première période, en donnant des balles de but, en plus. Il commença par servir Pedro qui manqua le cadre (16e). Villa enchaîna en frôlant la cage des vingt mètres (20e) puis en trouvant Van der Sar qui s’allongea sur sa droite (21e). Finalement, Xavi décala Pedro à la droite de la surface. Messi se chargea d’aspirer Vidic et Evra et le petit ailier espagnol plaça une frappe sèche au ras du poteau gauche de Van der Sar, immobile (27e).En fait, les Catalans n’ont semblé en difficulté que dix minutes et trente secondes.
Les dix premières minutes, d’abord, comme en 2009. Avec un pressing haut, les Mancuniens monopolisaient plutôt bien le ballon et visaient avec réussite un axe défensif blaugrana parfois
fébrile. Une stratégie ne se limitant pas à cette séquence de la partie. Et puis, il y eut ces trente secondes bien plus dérangeantes. Alors que le Barça était en plein récital, Abidal, auteur d’un match très solide, laissa une balle sortir en touche dans ses vingt mètres. S’en suivit une touche sans conviction du latéral français, préféré à Puyol à gauche, vers des barcelonais peu concernés par le cuir. Rooney, lui, l’était. Il accéléra, servit Giggs, à l’entrée de la surface et légèrement hors-jeu, qui lui remit à vingt mètres. L’Anglais arma et égalisa sur la première et même la seule occasion de Manchester (1-1, 33e). Ce qui, au fond, ne changea pas grand-chose.
Barcelone reprit son emprise sur la partie et continua à se créer des occasions. Iniesta frappa de loin (39e), puis Messi fut à dix centimètres de reprendre un centre de Villa (43e) qui essaya de retrouver son génial coéquipier qui venait d’effacer Vidic sur une accélération et une feinte magistrales.

Un Barça MVP

Même la mi-temps ne dérégla pas Barcelone. Venu de la droite pour son énième débordement, Alves tenta une frappe alors que Pedro attendait en retrait (52e). Presque dans la foulée, Iniesta servit Messi. L’Argentin accéléra, comme toujours, et d’une frappe sèche à vingt mètres surprit Van der Sar (54e). Un but magnifique, le 53e de sa saison. Et le premier en Angleterre de sa carrière. Prouvant qu’aucune statistique ne l’arrête. Comme pour les défenseurs, en fait. Il aurait même pu signer un doublé sans un réflexe de Van der Sar (63e) et une talonnade imprécise (65e). Alors, Villa a terminé le travail d’un lob de l’extérieur de la surface à la suite d’un nouveau déboulé de Messi et d’une passe en retrait de Busquets. Van der Sar ne put rien y faire. Une triste fin, à 40 ans, ne récompensant pas une carrière remarquable.
Le trio MVP (Messi-Villa-Pedro) a encore frappé. A eux trois, ils ont inscrit 98 buts cette saison. Et puis les passeurs de Wembley sont Xavi, Iniesta et Busquets, les créateurs de cette formation, tous issus de la Masia, le centre de formation. Une équipe complète, magnifique, qui restera dans l’histoire. Pour une partie d’entre eux, c’est leur troisième Ligue des Champions (2006, 2009, 2011) s’ajoutant à un Euro et une Coupe du Monde pour les Espagnols.
Pour Guardiola, c’est aussi la troisième. La deuxième en tant qu’entraîneur (2009 et 2011), accompagnant la première du club, conquise à Wembley, déjà, en 1992, lorsqu’il était le subtil milieu de l’équipe de Cruyff. Certains, dont son mentor néerlandais, lui pensent l’envie de quitter le club à l’apogée, alors qu’il a tout gagné, plusieurs fois, en trois ans. Il reste une chose à glaner tout de même. Le titre honorifique de meilleure équipe de l’histoire. De 1956 à 1960, le Real Madrid - de Di Stefano - avait enchaîné cinq C1 et l’Ajax - de Cruyff - trois de 1971 à 1973. L'équipe de Xavi et Messi est au cœur d’une dynastie magnifique doublée d’un esprit admirable. Laisser Abidal, remis de son opération pour une tumeur au foie, soulever la Coupe aux grandes oreilles en premier en est un nouveau signe.
Ferguson, avant le match, avait parlé de « finale de la décennie ». Et si le vainqueur était le club du siècle ?
Réaction
Alex Ferguson (entraîneur de Manchester United)
Le Barça était-il trop fort pour vous ?
C'était une bonne équipe avant le match. On s'est bien préparés, on a joué comme on pouvait. Mais avec leurs passes, ils vous laissent atones, ce n'est pas nouveau. Quand on a quelqu'un comme Rooney, j'attendais quelque chose de mieux en deuxième période, mais c'est comme ça. On a fait notre jeu habituel mais on n'a pas assez dominé le milieu pour l'emporter. Jouer contre le Barça n'est pas facile, mais c'est un défi, et il faut affronter les défis, pas les fuir. Nous sommes à chaque fois meilleurs, c'est une sorte de trampoline, on avait progressé déjà après le 4-0 (encaissé au Camp Nou en 1994, ndlr). On s'améliorera la saison prochaine, et c'est un défi pour tout le monde, pas seulement Manchester. Mais être vice-champions ne nous console pas ; avec notre histoire, nous voulons être les meilleurs.

Le Barça est-il plus qu'une bonne équipe ?
Les grandes équipes ont des cycles, le leur est le meilleur en Europe actuellement, il n'y a pas de doute. Combien de temps cela va-t-il durer, vont-ils pouvoir continuer avec la même philosophie, on ne le sait pas... Ils pourront trouver encore des joueurs comme Xavi et Messi, ou peut-être pas. C'est la meilleure équipe que j'aie vue, et tout le monde le reconnaît, et je l'accepte. Ce n'est pas facile de subir cette défaite, personne ne nous avait donné une telle raclée, et ils savourent leur jeu.
Pourquoi Berbatov ne figurait-il pas sur la feuille de match ?
C'était une décision difficile de choisir l'équipe, il s'agissait de se concentrer sur le milieu, où le Barça domine. Je devais choisir entre Owen et Berbatov, et j'ai pensé que si on a besoin de quelqu'un pour marquer dans les dernières minutes, Owen a de l'expérience, et je l'ai choisi». (AFP)

lundi 9 mai 2011

La bassesse à son paroxysme

Les joueurs de Bordeaux ont eu gain de cause, Jean Tigana est parti. Mais leur comportement a été honteux.

Alors qu’il entraînait Bordeaux, Laurent Blanc avait coutume de dire que l’expérience ne s’achetait pas en magasin. La dignité non plus. Car les joueurs de Bordeaux, depuis des mois, font preuve d’une immoralité incroyable. Depuis l’arrivée de Jean Tigana, une partie du vestiaire s’est progressivement éloignée de l’ancien milieu international. Dès sa prise de fonction, il avait instauré des méthodes dures pour essayer de réveiller un groupe traumatisé par une fin de saison cauchemardesque. Mais en demandant aux internationaux (Planus, Carrasso, Gourcuff et Diarra) de revenir dès le 15 juillet et non à partir du 20 comme dans les autres clubs, en intégrant des amendes temporelles pour sanctionner les retards (le joueur devait arriver en avance le lendemain), en arrêtant de fêter les anniversaires dans le vestiaire, il a froissé les ego. Surtout, en venant seul, il s’est privé d’un soutien inconditionnel dans le vestiaire. Pire, en acceptant Michel Pavon comme adjoint, il a fait l’inverse. Pavon aime le club, c’est incontestable. Mais il a entraîné les Girondins de 2003 à 2005, les plongeant au bord de la relégation, et avait la fonction de directeur sportif depuis. Il côtoie les joueurs depuis des années. Il est ami et sort avec les barons du vestiaire que sont Planus, Ramé, Chalmé, notamment.

Du coup, au lieu de rapprocher les joueurs de Tigana, Pavon a écouté leurs doléances et les a acquiescées. Isolé, le champion d’Europe 1984 s’est entêté dans la mauvaise direction, jusqu’à consommer la fracture avec un groupe qui ne voulait plus de lui. D'ailleurs, Tigana a sa part de responsabilité. Il n'a jamais clairement établie son plan de jeu. Il voulait un bloc équipe plus bas mais avait-il les joueurs pour évoluer en contre. Et puis, sur la fin, il semblait perdu. Aligner quatre grands physiques (Diarra, Sané, Savic et Ciani) dans l'axe défensif face à des techniciens comme Martin, Boudebouz ou Maurice-Belay n'est pas une inspiration divine. Comme changer trois fois de charnière centrale, quatre fois de paire de récupérateurs et deux fois de la latéral droit durant la rencontre. Pour finir avec Chalmé milieu axe gauche...

Des erreurs des deux côtés

Seulement, plutôt que d’aller voir le président Jean-Louis Triaud, pour expliquer les problèmes et ainsi essayer de les résoudre, le groupe a lâché Tigana. Plusieurs fois. A Angers en coupe de France (1-0, le 22 janvier), à Lorient (5-1, le 19 février) en championnat et enfin face à Sochaux (0-4), ce samedi, devant son propre public. Avec à chaque fois les mêmes symptômes. Une défense bien trop haute qui joue très mal le hors-jeu, un pressing inexistant, des retours en marchant. Et même des haussements de voix de la part de Ciani lorsque son entraîneur le sort à la 35e minute et que Sochaux mène déjà 4-0. En fait, tous ne sont pas à blâmer au même niveau. Plasil, malgré un désaccord de fond avec son entraîneur s’est toujours battu. Lui court, tacle, frappe. Contre Sochaux, comme un symbole, il a signé la seule frappe dangereuse, pleine de hargne, après deux contres favorables. C’était en seconde période, après avoir disjoncté dans le vestiaire à la pause contre ses coéquipiers. Il y a aussi Carrasso qui « n’en peut plus » comme il l’a dit en plein match samedi. À Lorient, il avait été expulsé en fin de partie après en avoir pris cinq à bout portant. Cette fois, les quatre buts encaissés en 20 minutes ont valu une sortie très aléatoire dans les pieds de Boudebouz. Des actes de détresse à chaque fois.

Ces deux garçons méritent clairement de ne plus jouer à Bordeaux la saison prochaine. Ils méritent beaucoup mieux. Et dire qu’ils n’ont même pas un titre de champion de France dans leur palmarès. Qu’ils sont venus lorsque le club était au sommet pour franchir un cap dans leur carrière… Les autres, les champions de France 2009 (plus Ciani) ne méritent pas plus de rester. Mais pour d’autres raisons. Ils sont très grassement payés pour taper dans un ballon. C’est démagogique, mais une semaine à l’usine de Ford à Blanquefort leur ferait le plus grand bien. Car on n’a pas le droit de galvauder à ce point l’image d’une entreprise vieille de 130 ans.

Mais ils ont gagné, pour l’instant. Le virage sud s’est vidé à la 35e minute après avoir scandé « ridicule » alors que le reste du public applaudissait les enchaînements des Sochaliens et les ratés successifs de Modeste. Déjà contre Auxerre, après le fiasco lorientais, le public avait sorti des banderoles (pour voir les joueurs transpirer, rendez-vous sur les quais) et une grève avait été programmée en début de match. Face à Arles, des « on se fait chier » avaient été scandés. Mais ils ont gagné, Tigana est parti. Et ce n’est pas totalement de leur faute en plus. Non, il a fallu que sa fille se fasse agresser verbalement par des « supporters » pour que le coach jette l’éponge. Le putsch programmé au moment où Tigana venait d’être conforté dans son rôle pour la saison prochaine par l’actionnaire n’a, en lui même, pas suffi. Même pour ça, les joueurs n’ont pas de talent.

Tout à reconstruire

Désormais, ils sont en première ligne. Il reste quatre matches et plus rien à jouer. Certains voudront partir, mais qui voudra d’eux. Alou Diarra a fait une saison indigne de son rang. Sur ses prestations, il ne devrait pas être en équipe de France. Mais il en est le capitaine et Paris le veut au moment où Nicolas de Tavernost, le président de M6, vient de le recadrer pour la deuxième fois (dans Sud Ouest : « ce n’est pas moi qui ai pris un carton rouge », renvoyant aux six matches de suspension). Car oui, pour Diarra, Bordeaux est à sa place et n’a pas l’effectif pour viser le podium. Mieux, la défaite contre Sochaux est "normale". Pourtant, face aux cinq premiers, ils ne comptent qu’une défaite (à Marseille), six nuls (Lille deux fois, Rennes deux fois, à Lyon, Marseille) et deux victoires (Lyon, à Paris). Pas mal pour une équipe si moyenne.

Trémoulinas, annoncé à Dortmund, a enchaîne les erreurs défensives. Ciani a parfois approché le néant (à Marseille et lors de chaque naufrage prémédité notamment). Et les autres, ils veulent rester. Presque tous ont prolongé avec des conditions avantageuses leur contrat il y a un an. Parmi eux, Chalmé et Planus ont clamé leur envie de finir leur carrière en Gironde. Seulement, Chalmé n’est que l’ombre d’un footballeur professionnel. Il est constamment en retard, n’apporte presque rien offensivement. Planus est souvent blessé et aurait été l’un des meneurs de la fronde anti-Tigana jusqu’à simuler des douleurs au dos pour ne pas aider son coach face à Sochaux. Si c’est vrai, c’est grave. Un des nombreux arguments qui pourraient faire fuir bon nombre de techniciens. Car le futur entraîneur va s’engager dans un chantier béant. Monsieur Fernandez, Garcia, Gillot ou Courbis, bon courage.

jeudi 28 avril 2011

Messi et les autres

Barcelone a fait un grand vers la finale de la Ligue des Champion, le 27 mai à Wembley, ce mercredi en battant le Real Madrid (0-2) au terme d'une partie irrespirable.

Heureusement, Lionel Messi existe. En inscrivant ses 51e et 52e buts de la saison, il a rendu un peu de lustre à une demi finale aller de Ligue des Champions honteuse. Le Real Madrid a, une nouvelle fois, refusé le jeu. On s’y attendait et même si laisser Benzema, Higuain, Adebayor et Kaka sur le banc est un non sens, surtout à domicile, surtout pour sacrifier Ozil en faux numéro neuf, Mourinho a décidé d’être frileux, et c’est son droit. En revanche, qu’un tel déversement de haine s’abatte sur et autour du terrain est la plus belle contre publicité pour le football.
Mourinho a placé le curseur trop loin. Il a oublié qu’il était au Real. Il pensait que sa stratégie éprouvée à Chelsea et à Milan allait se greffer à Madrid, sans heurt. Seulement, ce club est le recordman de titres en C1 et, pour revenir à l’époque actuelle, il est l’un des plus riches au Monde. Devant le Barça, même. Et puis l’an dernier il a joué à San Siro (3-1) avant de subir au Camp Nou (1-0). Là, avec au mieux un 0-0, il aurait dû attaquer en Catalogne. Les buts comptent double à l’extérieur, certes, mais le Barça lui en a collé cinq il y a six mois.

Le Real peut faire autre chose

Avec le succès arraché en Coupe du Roi, mercredi dernier en prolongation (1-0), le Real avait immiscé le doute dans le camp catalan, rendant même Guardiola agressif en conférence de presse. Et puis, avec les forfaits de Maxwell, Adriano, Bojan, Iniesta et Abidal, Barcelone était amoindrie. C’était une chance unique. A condition de jouer et faire douter cette équipe qui avait décidé de bloquer les couloirs et de se montrer prudente pour ne pas s’exposer aux contres des Madrilènes, leur seule arme.
Mais surtout, l’agressivité a été trop loin. La pelouse de Bernabeu était électrique. Vicente Del Bosque, le sélectionneur de l’Espagne doit se demander ce matin comment Ramos, Alonso, Arbeloa, Casillas, Xavi, Piqué, Pedro, Busquets and co vont pouvoir se retrouver dans le même hôtel. Tout ce qui fut construit pendant des années pour résorber l’antagonisme entre Madrilènes et Catalans est parti en éclat en l’espace de trois rencontres.
Et ce ne sont pas les déclarations d’après match de Mourinho qui vont arranger les choses. Soit il a disjoncté, soit, et c’est pire, sa sortie est calculée. Car, après tout, rejeter la faute sur l’arbitre et sur les tricheries des Barcelonais lui permet de ne pas évoquer sa tactique et son absence totale de plan de jeu offensif. En fait, Pepe en écrasant avec violence ses crampons sur la jambe d’Alves a sauvé son entraîneur, en quelque sorte.
Le milieu portugais aurait du être exclu eu mois trois fois en finale de Coupe du Roi, hier, si son curseur violence était en deçà, son carton rouge directe n’est vraiment pas un scandale. Le match était en train de dégénérer et le geste est aussi inutile que dangereux. Alors bien sûr, avec cette polémique, la probable qualification du Barça sera entachée.
Seulement, ce mercredi, pendant que tout foutait le camp sur la planète football ; que le plus match de l’année devenait une purge irrespirable ; que Marseille au jeu si pauvre dépassait le beau joueur lillois au sommet de la Ligue 1, un joueur a fait brillé les yeux de millions d’enfants et même d’adultes.
Leo Messi est double ballon d’or, à 23 ans. Mais surtout, c’est un homme sain. Il n’est pas tombé dans les provocations adverses. Il n’en a pas rajouté. Il a juste inscrit un doublé en étant au départ des deux actions à chaque fois en infériorité numérique. Ce n’est pas l’absence de Pepe qui a laissé centrer Afellay, c’est la glissade de Marcelo et c’est Ramos qui a laissé filer Messi au premier poteau pour reprendre le centre. Et ce n’est pas non plus l’absence de Pepe qui a permis à Messi de passer en revue toute la défense du Real. Rien ne dit que le Barça se serait imposé 2-0 en égalité numérique. Mais rien ne le contredit. La meilleure équipe a gagné. Ce n’est pas toujours le cas et c’est tant mieux pour le suspense. Mais certains soirs, ça fait vraiment du bien, pour oublier.

vendredi 8 avril 2011

Vivement les demies

Le Real Madrid, Barcelone, Manchester United et Schalke 04 devraient se retrouver en demi-finale de la Ligue des Champions. A moins que les quarts retours n’inversent des tendances lourdes la semaine prochaine.

A peine les matches allers des quarts de finale de la Ligue des Champions achevés qu’il nous tarde les demi-finales. Car, franchement, les équipes auraient pu au moins penser aux spectateurs qui ont acheté leur place pour les matches retours il y a plusieurs jours déjà. Parce que niveau suspense haletant, on a connu mieux. Pire, tout est joué, ou presque, pour les optimistes. Le choc « fratricide » Real Madrid – FC Barcelone aura bien lieu, sauf cataclysme. Les quatrième et cinquième classicos de la saison (un record) auront donc un accent européen. Avec quatre oppositions en 18 jours, ce sera surtout l’occasion pour José Mourinho de sauver sa première saison en terre madrilène. Le Championnat étant hors de portée (malgré le classico retour le 16 mai) et la coupe du Roi, une récompense mineure, même face à Barcelone en finale (le 20 avril, à Valence). Alors il reste la Coupe aux grandes oreilles. Et écarter le Barça en demies, ça aurait de la "gueule".

Car, franchement, qui miserait, ne serait-ce qu’un cents sur une demi-finale Tottenham - Shakhtar Donetsk. Les deux formations ont explosé devant les grands d’Espagne, certainement les deux meilleures équipes du continent actuellement. Tottenham a même facilité la tâche au Real Madrid craintif après son revers à Bernabeu face à Gijon (0-1) et amoindri par l’absence de Benzema et les retours avancés de Di Maria, Ronaldo et Marcelo. Mais le géant Crouch, en l’espace de cinq minutes, a commis deux fautes inutiles et spectaculaires afin de laisser ses camarades à dix, dès la 15e minute, sans attaquant. Alors, forcément le plan de Redknapp a moins bien marché. Il a essayé de maintenir sa stratégie en place, avec Van der Vaart plus haut, mais il a eu des problèmes. 4-0, le score est un peu lourd. Comme le 5-1 distribué par la Barça aux Ukrainiens, sans que Messi et Villa ne s’illustrent. D’ailleurs, les deux attaquants paraissent un peu fatigués et la défense est inquiétante. Vivement que Puyol revienne car l’association Busquets – Piqué suffit contre Donetsk, mais face au Real, c’est discutable, surtout qu’Abidal ne devrait pas rejoué cette saison, laissant à Adriano ou Maxwell le côté gauche.

Schalke crée la grosse surprise

Dans l’autre partie du tableau, on feint de croire, ou d’espérer à un reste, un zeste même, de suspense. Bien qu’amorphe chez lui, Chelsea pourrait bien se réveiller à Old Trafford et ainsi dominer Manchester United, cette équipe peu brillante mais terriblement et froidement efficace. Pour cela, il faudra que Fernando Torres sorte d’une léthargie qui dure depuis presque un an. Entre une blessure avant la coupe du monde, un mondial raté (0 but, remplaçant en finale), une phase aller hachée par les pépins physiques à Liverpool et un transfert surprise fin janvier à Londres qui n’est pas encore digéré. Ni par lui (54 millions d’euros, 0 but), ni par le club.

Le cadeau personnel de Roman Abramovitch a déréglé une formation qui n’avait pas besoin de cela. L’arrivée du grand blond (plutôt châtain, d’ailleurs depuis quelques semaines) a obligé Carlo Ancelotti à réorganiser toute son équipe. Or, Chelsea n’a pas les joueurs pour évoluer en 4-4-2. Lampard est mal à l’aise à la récupération, Malouda, dans une forme précaire, est trop bas à gauche et surtout, Torres ne semble pas compatible aux jeux de Drogba et Anelka. D’autant que les deux francophones, auteurs d’une saison fade, paraissent peu enclins à aider el « niño » à s’intégrer. De fait, avec un Rooney retrouvé depuis quelques semaines et auteur du seul but de ce quart aller, un Giggs encore et toujours capable de coups d’éclats, un Hernandez grandissant et un axe central (peut-être le meilleur au monde) Ferdinand-Vidic enfin reconstitué, Manchester paraît filer tout droit vers les demies, en attendant un possible triplé, comme en 1999.

Il faudra alors se débarrasser de Schalke 04. Si Jean-Michel Aulas s’était étonné de la densité physique des Allemands en phase de poule, un soir de déculotté (3-0, le 24 novembre), il a dû s’apercevoir d’un certain talent, aussi, durant la correction reçue par l’Inter Milan à San Siro (2-5). Le problème pour Leonardo, c’est qu’il s’agit de sa deuxième en quatre jours. Après la gifle infligée par Milan en Serie A (3-0), signifiant la perte du scudetto par l’Inter, voilà les Interistes en passe de dire adieu à leur autre trophée, la Ligue des Champions. Entamé à la fin décembre, le règne de Leonardo a peut-être déjà touché à sa fin en voulant proposer un jeu beaucoup trop offensif.

mardi 29 mars 2011

Pas plus de certitudes

La France a interrompu sa série de six succès par un match nul peu brillant face à la Croatie, ce mardi au stade de France.

C’est officiel, un maillot ne fait pas tout. En bleu ou en marinière, le sentiment global ne change guère en l’espace de cinq jours et 180 minutes de jeu.
Sans aller jusqu’au voyage au bout de l’ennui de vendredi dernier au Luxembourg (2-0), ce France - Croatie a revêtu bien des caractéristiques du match amical a effet limité.
À se demander s’il ne serait pas mieux de laisser les joueurs au repos, à Clairefontaine, à travailler et à vivre ensemble. Après le succès face à une Angleterre décimée (1-2) et un Brésil peu concerné et en infériorité numérique durant une mi-temps (1-0), la France n’a pu s’extirper des filets de la Croatie, 8e mondiale mais battue par la Géorgie samedi dernier (1-0). Elle a même vu sortir Benzema en se tenant la cuisse et Rami sur une civière, l’épaule gauche en souffrance.
Pourtant, le profil croate était prometteur. Et il l’a été, par moments. Cette équipe a des joueurs de ballon comme Modric, Kranjcar, Srna, Ratikic. Mais après avoir bien débuté la partie, elle est tombée dans le faux rythme général de ce match, jusqu’à souffrir en seconde période face au bon pressing français. Le seul bon point de la soirée, avec la défense centrale, une nouvelle fois rassurante, à part une frayeur de Mexès dépossédé du ballon par Perisic, obligeant Lloris à un bel arrêt réflexe de la main droite (42e).

Ribéry sifflé, Gourcuff aussi

Mis à part cela, les Bleus sont devenus experts pour soigner l’insomnie. Encore plus efficace qu’un documentaire d’Arte sur la seconde guerre mondiale en allemand non sous-titré. Le ballon roule de pied en pied sans que des mouvements intéressants ne se dessinent réellement. Les courses et les appels sont prévisibles et les prises de risque limitées. D’ailleurs, le costume de meneur de jeu est encore trop ample pour Samir Nasri. Malgré quelques gestes de classe, il n’a pas pesé dans le jeu en 178 minutes. Un repositionnement à droite, comme à Arsenal, pourrait lui être profitable, le temps d’émerger en sélection. Et ce, alors que Ménez a été l’élément offensif le plus intéressant en première période, à droite justement. Il a même offert à Benzema un but presque tout fait, d’un centre à ras du sol, comme face au Brésil. Mais l’avant-centre du Real a beaucoup trop enlevé sa reprise, à cause d’un rebond et d’un mauvais positionnement de sa part, surtout (36e). A part ce raté, il a montré qu'il était en jambes, mais pour le deuxième match il n'a pas marqué.
En fait, le seul joueur offensif ayant créé un peu de folie fut Franck Ribéry. Il se doutait qu’il allait être sifflé et l'avait prédit. Se doutait-il qu’une majorité du stade de France allait lui signifier sa réprobation. Mais l’autre partie des spectateurs, principalement issue du kop des supporters, l’a applaudi et a même scandé son nom lors de ses envolées balle au pied. Ses prestations régleront certainement une partie du débat, même si le plus dur est fait avec ce retour au Stade de France.
Des prestations qui pourraient être principalement à gauche. Là où il veut jouer. Là où il est le plus performant. Et là, donc, où il devient le concurrent de Florent Malouda, une nouvelle fois inexistant durant une heure. En tout cas, ce mardi, Ribéry a montré plus (trop ?) d’envie mais n’a pas été décisif, ratant à chaque fois son dernier geste. Et puis Gourcuff aussi a été largement sifflé par le public du stade de France à son entrée en jeu, comme à sa sortie face au Brésil. Comme quoi, personne n’est à l’abri. Ni le caïd de Knysna, ni le gendre idéal.

Le retour des deux récupérateurs

D’ailleurs, l’absence de Gourcuff fut la seule surprise du onze de départ. Blanc lui a préféré Matuidi à coté de Diarra, une nouvelle fois capitaine. Le retour des deux milieux exclusivement récupérateurs, durant tout le match, comme sous l’ère Domenech ou plus récemment en Bosnie (0-2) et face à la Roumanie (2-0) avec Diarra et M'vila les deux fois.
Dominés durant les 20 premières minutes, les Bleus ont terminé plus fort que les Croates et se sont créés deux occasions franches en fin de match. Rami, d’une frappe soudaine des 30 mètres, a trouvé le poteau de Pletikosa (76e) et Rémy, bien servi par Ribéry et oublié par la défense croate, a trop poussé son ballon devant le gardien (85e).
Le chantier n’a pas énormément progressé en deux matches, sauf derrière. La tournée à l’Est, début juin, alors que tous les joueurs seront lessivés par une longue saison, risque de ne pas le faire davantage avancer. Toutefois, cette équipe en est à sept rencontres sans défaite - dont six sans encaisser de but - mais n’a pas marqué pour la première fois depuis le début de cette série qui ne comptait, d’ailleurs, que des victoires avant ce nul face à la Croatie. Après, c’est la sempiternelle question du verre est à moitié vide ou moitié plein.

vendredi 25 mars 2011

Rien à retenir

La sixième victoire consécutive des Bleus a été décrochée au terme d'une partie insipide au Luxembourg (0-2). Mais l'essentiel est assuré avec une première place qui est plus que jamais en leur possession.

Seule une "non'victoire" aurait été catastrophique. Donc, l’équipe de France n’a pas vraiment déçu. Elle a même assuré l’essentiel. En s’imposant 2-0, comme à l’aller, face au Luxembourg elle a fait un nouveau pas vers une qualification directe pour l’Euro 2012. Elle a aussi ajouté une sixième victoire à sa série en cours. Que de bonnes nouvelles au terme d’une soirée tellement ennuyeuse. Car il faut bien le reconnaître, les Bleus ont livré une prestation d’une langueur mortelle. D’une lenteur accablante et d’une imagination défaillante, le quintette offensif qui faisait frémir presque tout le monde a considérablement déçu. La preuve que ce n’est pas en empilant les créateurs que l’on crée, justement. Gourcuff transparent, sauvant son match par un but (son quatrième en Bleu, le troisième en cinq matchs), Malouda peu concerné, Nasri partout sauf en soutien de Benzema et Ribéry d’une faiblesse technique incroyable durant 65 minutes, avant, comme par miracle, de se réveiller lorsqu’il passa à gauche. Il fut même à l’origine du but de Gourcuff en éliminant pour la seule fois de la soirée un luxembourgeois dans la zone décisive. Même si le centre n’était pas destiné au Lyonnais, et que c'est Hoffmann qui l'a involontairement servi, c’est toujours intéressant à noter. Il est difficile de savoir si Ribéry a délibérément déjoué à droite pour prouver qu’il ne peut évoluer qu’à gauche ou s’il n’a réellement plus de repère sur le côté droit et qu’il convient de l’imaginer comme la doublure ou le concurrent de Florent Malouda et ainsi laisser Rémy, Valbuena ou Ménez s’installer sur l’aile déserte. Voire Nasri, habitué à ce côté à Arsenal et cinquième capitaine de l’ère Blanc, face au Luxembourg. Le Gunner a profité de cette première pour délivrer, sur coup franc, la passe décisive sur l’ouverture du score, signée de la tête par Mexès. Le grand blond qui s’impose match après match comme le taulier de l’arrière garde tricolore avec Rami à ses côtés, même si ce test fut léger, tant les luxembourgeois se désintéressaient de toute construction offensive, annihilant trop rapidement leur très bon travail de pressing. Mais leur plan était de ne pas prendre une raclée et écouter le public les ovationner à la fin conforte la thèse. Comme voir Benzema isolé au sein du double coffre fort du Grand-Duché, encore plus étanche que ceux de la banque d’affaire Clearstream.

Le chantier offensif n'avance pas

Dans ce genre de rencontre, il faut rapidement marquer pour ensuite dérouler jusqu’à un score flirtant avec le set de tennis. Comme à l’aller, les Bleus ont patiné mais ont réussi à lézarder le mur luxembourgeois en première période, sur un coup de pied arrêté. Comme l’aller ils n’ont pas su enchaîner. Le chantier offensif est toujours ouvert. Si Benzema est seul au monde en pointe, son entourage proche sur le terrain n’est pas défini. C'est certainement pour cela que Blanc n'a pas effectué de changement. Il a essayé de faire naître des automatismes qui sont clairement absents. Il pourrait vouloir continuer à travailler avec ces hommes-là dès mardi face à la Croatie, à moins que d'autres options ne soient envisagées avec Rémy à droite, Ménez à gauche et Gameiro dans l'axe par exemple. Et dire que toute la semaine, Ribéry et Evra ont occupé toute l’attention, promettant d’être des solutions et non des problèmes, pour sortir des prestations dignes de jeunes novices impressionnés par le stade Barthel et ses 8 000 âmes. Pour Abidal, dont les joueurs ont exprimé leur soutien à l'échauffement en portant des tee-shirts « Abi on pense à toi, courage », le retour d’Evra n’est clairement pas un problème. Celui de Ribéry pourrait le devenir rapidement si le débat du positionnement de l’ailier ressurgissait comme sous l'époque Domenech. Le premier petit problème émerge donc pour le sélectionneur. Mais il a le temps pour réfléchir et trancher. Il a au moins jusqu’au 4 juin et le déplacement au Bélarus qui sera décisif pour valider la première place de ce groupe D. Et surtout, il a les victoires avec lui, le meilleur allié. A confirmer dès mardi en amical au Stade de France. Avec la manière si possible, cette fois.

jeudi 24 mars 2011

Et si on passait à autre chose?

La France livre son premier match officiel en 2011 au Luxembourg, ce vendredi à 21 heures. Si un succès est probable, les retours de Ribéry et Evra concentrent les attentions.

C’est un retour à la réalité bien rêche. Le passage de l’autoroute dorée des matches de gala à la sinueuse route de campagne (de qualification pour l’Euro 2012). D’une victoire de prestige en amical face au Brésil (1-0) à un déplacement au Luxembourg il s’est passé six semaines. Six semaines paisibles pour Laurent Blanc. Et ce n’est pas ce match qui devrait changer la situation. Ni même le prochain, au Belarus, le 4 juin. La France a acquis des certitudes ces derniers mois dans le jeu et dans les hommes. Des certitudes suffisantes pour traverser ces deux côtes sans craindre de caler et ainsi envisager une qualification sereine dans ce groupe de la vie facile. Forts de six succès consécutifs, avec un seul but encaissé en Angleterre, les Tricolores se rendent chez le voisin luxembourgeois tranquilles, donc. Et ce n'est pas le seul revers pour quatorze victoires, le 8 février 1914(5-4 en match amical avec à un quadruplé de Jean Massard) qui devrait bouleverser l'optimisme général.

Des retours utiles?

Alors c’est au sein même du groupe que seront guettées les possibles difficultés. Louée pour son état d’esprit irréprochable depuis l’arrivée de Laurent Blanc, la sélection française va devoir prouver que le retour des mutins en chef est normal. Que le capitaine et le vice-capitaine de la dernière coupe du monde, respectivement suspendus 5 et 3 matches après le fiasco sud-africain, n’altèrent pas ce vent de fraicheur aperçu à Clairefontaine. Que Blanc a eu raison de rappeler Evra et Ribéry contre l’avis de sa ministre de tutelle, Chantal Jouanno, qui n’avait fait que donner une opinion que ne semble guère respecter Franck Ribéry, puisqu’il a jugé, plein d’orgueil, que Blanc est le « sélectionneur donc c'est lui commande. » Ce qui est vrai, bien sûr.
Alors, contre l’avis d’une ministre mais aussi de la majorité des Français lui et Evra ont redécouvert Clairefontaine. Ils devraient même redécouvrir les joies d’une titularisation sous la tunique bleue, face au Luxembourg. Pour connaître la réaction du public, il faudra attendre la partie amicale contre la Croatie le 29 mars au Stade de France. Ces deux fantômes de retour devront se fondre dans un collectif désormais commandé par Mexès, Rami, Nasri et Benzema. Que des joueurs n’ayant pas connu le bus sud-africain. Les autres cadres issus de Knysna, en revanche, sont en souffrance. Florent Malouda et Alou Diarra sont devenus quelconques à Chelsea et Bordeaux et Yoann Gourcuff l’est resté à Lyon, sans remettre en cause sa sélection, pour l’instant. Seul Hugo Lloris confirme, comme toujours. De quoi en faire un capitaine potentiel.

Enfin clore le chapitre Knysna

C’est peut-être même davantage la fermeture du trop long chapitre de l’après-mondial qui va se jouer. Il paraît que Ribéry et Gourcuff se sont expliqués avec un membre du staff comme arbitre et que tout est apaisé. Il paraît qu’ils pourraient même jouer ensemble, comme fin 2008 quand une complémentarité technique semblait émerger. Il paraît qu’Evra est une solution, alors qu’Abidal ne reviendra pas avant le mois d’août et non un problème. Il paraît que Benzema est devenu un buteur exceptionnel en l’espace de 12 rencontres achevées par autant de buts avec le Real Madrid. Il paraît que la France, 18e nation mondiale peut infliger une raclée oh combien plus géante que celle du match aller (2-0) à la 114e nation au classement FIFA, le Luxembourg.
Il paraît surtout que Blanc ne s’exprimera pas sur M6, car son ancien patron à Bordeaux, Nicolas de Tavernost, refuse qu’il y ait cet inutile panneau publicitaire derrière lui. Et donc, alors qu’aucune règle n’oblige la présence dudit panneau, le président de la FFF, Fernand Duchaussoy, lui a interdit, ainsi qu’aux joueurs, de répondre aux questions de la chaîne qui retransmet le match. Restera aux téléspectateurs de changer de chaîne - s’ils ont le câble - et d’attendre la conférence de presse avec les panneaux derrière, forcément. Un beau symbole… Qui a dit que tout était résolu ?

mardi 22 mars 2011

Carlier douche Ribéry et les Marseillais

Ce mardi 22 mars, Guy Carlier a analysé à sa façon la conférence de presse de Franck Ribéry. Dur Carlier? A vous de vous faire un avis. Pas pour moi.

Ribéry et l'amorti de poitrine... de pute par Europe1fr

Le chroniqueur d'Europe 1, passionné de football, qui a déjà repris de volée le comportement des footballeurs récemment. Car l'avantage avec les footballeurs, c'est qu'ils ne sont pas à une marque d'indécence près. Une indécence marseillaise, cette fois, vendredi dernier lors de Rennes - Marseille (0-2), un peu passée inaperçue mais croquée par Guy Carlier lors de son billet d'humeur, le 15 mars, à 7h50 sur Europe 1 (à partir d'1 minute sur l'OM).

Tsunami sur l’OM par Europe1fr

Un thème apprécié par la station de la rue François 1er puisque Mathieu Noël l'a aussi évoqué dans sa chronique "temps de cerveau disponible" dans la même matinale de Guillaume Cahour, le 15 mars.

Ce soir, on vous met le feu ! par Europe1fr

mercredi 16 mars 2011

Lyon coule, la France se noie

Malgré une bonne entame de match, Lyon n'a jamais réellement existé face au Real Madrid, impressionnant en seconde période.
Le football français est à quai dès la fin des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, comme en 2007, 2008 et 2009. Trois saisons où l’OL était le seul représentant hexagonal à l’entrée de la phase à élimination directe. Et encore, le Paris Saint-Germain peut sauver l’honneur de la patrie sur la scène continentale en arrachant sa qualification pour les quarts de finale de l’Europa League, ce jeudi, au Parc des Princes, face à Benfica (2-1 à l’aller).
Une compétition plus en rapport avec le niveau des équipes françaises, si jamais elles souhaitaient toutes la jouer à fond pour qu’un jour, qui sait, la France inscrive son nom au palmarès de la C3.
Mais revenons à la grande coupe d’Europe. Après les manques de l’OM face à un fade et diminué Manchester United, la veille, il ne restait que Lyon, dernier demi-finaliste de la Ligue des Champions et auteur de l’exploit de sortir le Real Madrid il y a tout juste un an. Mais les miracles, c’est comme la foudre, ils ne frappent pas toujours au même endroit. Lors de ces huitièmes de finale, c’est à Munich que le miracle s’est établi pour sauver le tenant du titre, l’Inter Milan, d’une élimination presque assurée.

Le pressing asphyxiant du Real

Pourtant Lyon est bien entré dans la partie, a inquiété par moments une défense du Real Madrid fébrile (Pepe et Carvalho avertis dans les 30 premières minutes) mais a connu un peu trop de déchet technique en phase offensive. Surtout, les Lyonnais ont donné aux Madrilènes trop de liberté pour mener des contres dangereux. Même si Ronaldo était diminué, cela ne pardonne pas car les Merengue se retournent et jaillissent à une vitesse folle, ce qui n’est pas nouveau. Alors Lloris sortit toute la panoplie des arrêts décisifs : dans les pieds d’Ozil (4e), au premier poteau sur une tentative de Marcelo (5e) et devant sa lucarne gauche sur une volée de Benzema (42e). Le portier lyonnais qui toucha aussi la frappe de Marcelo, mais insuffisamment pour empêcher le latéral gauche d’ouvrir la marque au terme d’un festival sur son côté, bien aidé par un une-deux avec Ronaldo avant de déposer Cris puis Lovren de deux crochets magnifiques (37e). Une action rappelant typiquement les envolées de son compatriote Dani Alves, le latéral droit du Barça. Et dire que pour les grands matches, Mourinho préfère au Brésilien le plus prudent Arbeloa. Question d’équilibre et de mentalité.
Déjà éliminés au coup d’envoi, les Lyonnais étaient désormais obligés de marquer une fois pour aller en prolongation et deux fois pour se qualifier. Du coup, ils changèrent de visage après la pause. Exit le 4-2-3-1 avec Gourcuff à la baguette, Lisandro esseulé au milieu des déménageurs madrilènes et Delgado et Briand sur les côtés. Gomis remplaça ce dernier pour faire évoluer les Rhodaniens en 4-3-3 avec Lisandro à gauche. Mais cette réorganisation plutôt offensive ne changea rien. Le Real, bien discipliné, accentua sa domination et bloqua le cœur du jeu avec les très présents Alonso, Khedira et Ozil. Les Lyonnais, perdus et étouffés, enchaînaient les erreurs de relance, dans l’axe qui plus est.

Cris et Lovren ont explosé

Et Benzema dans tout ça ? Il a été bon, à l’image de ses dernières sorties. Il pesait sur l’axe défensif par son activité jusqu’à clore le peu de suspense restant sur une ouverture de Marcelo, alors que Lovren fut obnubilé par Ozil et Cris à la ramasse. Il resta au Français à conclure du pied droit, entre les jambes de Lloris - comme à l’aller -, à la 66e minute - soit une minute après son but à Gerland. En réponse, Claude Puel tenta le tout pour le tout en passant en 4-4-2 avec l’entrée de Pied à la place de Gourcuff, qui s’est éteint au fil de la partie, jusqu’à devenir transparent.
Cette mutation eut le même effet que le changement précédent. Il fit s’enfoncer un peu plus les Lyonnais. Preuve que tout était joué, Mourinho rappela Ronaldo sur le banc mais en faisant entrer un avant-centre, Adebayor. La démonstration continua par le stakhanoviste Di Maria, parti dans le dos d’une défense à l’agonie, pour lober Lloris d’une pichenette (76e).
Lyon n’a pas pu (su ?) se mettre au niveau du Real Madrid, phénoménal de facilité en seconde période. Ainsi, les Espagnols annihilassent la malédiction qui les frappait face à Lyon. Après sept tentatives, ils ont enfin gagné, avec la manière en sus. Surtout, après six éliminations de rang en huitièmes de finale, ils reviennent parmi les cadors continentaux.
Il y a un an, l’OL avait résisté à la furie madrilène en première mi-temps avant d’aller chercher sa qualification grâce à Pjanic (1-0 à l'aller, 1-1 en Espagne). A l’époque, avant le match, Sergio Ramos avait pronostiqué un succès merengue 3 à 0. Cette année, ni Mourinho, ni personne ne s’était aventuré sur le terrain de l’orgueil. Mais Sergio Ramos est un visionnaire. Il avait raison, avec douze mois d’avance.