dimanche 11 juillet 2010

Une Espagne royale

116 minutes auront été nécessaires à l'Espagne pour prendre le dessus sur de virils néerlandais qui échouent en finale comme en 1974 et 1978.

L’Espagne y est. Elle complète le grand huit du football mondial. La huitième nation à remporter une Coupe du monde. Une anomalie réparée, en un sens. Comme il aurait été anormal que l’Espagne ne triomphe pas lors de cette finale, sa première, entre deux nations royales, représentées en tribune officielle par les têtes couronnées, à côté de Nelson Mandela, venu faire une apparition.
Certes, la Roja n’a pas offert son plus beau visage en deux ans de règne presque ininterrompu, à l’exception de deux revers face aux Etats-Unis et laf Suisse. D’ailleurs ces deux accrocs auront été concédés en Afrique du Sud. Le premier lors de la demi-finale de la Coupe des confédérations et le second lors du premier match de poule de ce Mondial. Car l’Espagne est le premier champion du monde à avoir ouvert son tournoi par une défaite. C’est aussi la plus faible attaque parmi les dix-neuf vainqueurs. Un paradoxe en comparaison de son potentiel offensif. Oui mais cette Espagne, belle à regarder jouer, se regarde un peu trop elle-même. Elle aime posséder le ballon, faire courir ses adversaires dans la largeur, sans nécessairement se procurer des occasions nettes. Alors elle n’a décoché que huit flèches en sept rencontres, dont cinq par le seul Villa. Mais elle n’a encaissé que deux buts, et aucun lors de la phase à élimination directe. Comme un symbole. Cette Espagne de Xavi, Iniesta, Villa ou Torres et un coffre inviolable. Puyol et Piqué ne laissent pas passer grand-chose, et lorsque ça passe, « San Iker » veille. A l’image de toute son équipe, Casillas est monté en puissance au fil du mois de compétition. Contesté au départ pour sa terne saison avec le Real Madrid et la sérieuse concurrence de Valdès et Reine, accablé par sa sortie ratée devant Derdiyok, ayant amené le but de Gelson Fernandes, lors de la partie inaugurale, puis héroïque en quart de finale en repoussant le penalty de Cardozo. Et en finale, il a mérité d’être le premier espagnol de l’histoire à soulever le trophée. En bon capitaine, il a remporté ses deux duels devant Robben, les deux seules actions Néerlandaises. Du bout du pied droit, en ayant plongé à gauche, puis en se jetant dans les pieds d’un chauve, pas divin en finale cette année (il a aussi perdu la finale de la Ligue des champions avec le Bayern Munich face à l’Inter Milan, 2-0), ralenti par un Puyol à l’intervention peu licite mais non sanctionnée.
Monsieur Webb passe à côté
D’ailleurs au rayon des imprécisions arbitrales, Monsieur Webb a brillé. En oubliant plusieurs expulsions, avant de céder au détriment de Heitinga, pas le plus violent des néerlandais, qui en accrochant Iniesta parti au but, annihilait une occasion de but. Comme Van Bommel et De Jong avaient mis en danger l’intégrité physique d’Iniesta et Xabi Aonso en grand danger, très grand même. Deux gestes incroyablement violents et sanctionnés de simples avertissements. Monsieur Webb ne voulut pas fausser la finale, il l’a laissée pourrir, jusqu’à un stade incroyable. Car ce match ne restera pas dans l’histoire pour son jeu. Peu d’occasions, à l’exceptions de deux têtes - une par mi-temps - de Sergio Ramos. Fabregas en début de prolongation perdit son duel face à Stekelenburg, quand Iniesta le refusa en ajoutant un dribble de trop dans la surface. Les deux hommes qui furent les protagonistes principaux sur un but aux aspects doré, à quatre minutes de la fin. Cesc trouvant Iniesta, en position régulière, qui d’une reprise du pied droit délivra une équipe dont l’image de perdante aux tirs aux buts s’installait progressivement. Comme le jeu qui était présent, enfin, dans la prolongation.
L'avenir s'annonce radieux
C’est un fabuleux doublé Euro – Mondial que seul l’Allemagne en 1974 avait réalisé, la France l’ayant fait dans l’autre sens, en 2000. Et cette équipe est jeune. Voir Navas (24 ans) entrer dans cette finale avec une telle désinvolture, Pedro (22 ans), allumer le jeu de son équipe en demi-finale, Fabregas (23 ans), apporter son talent à chacune de ses entrées, Sergio Ramos (23 ans), s’imposer comme une référence à son poste et sur les balles aériennes, Piqué (23 ans), être intraitable au duel, Busquets (21 ans), une véritable sentinelle sachant construire. Sans oublier Silva (24 ans), mais aussi les encore jeunes Iniesta (26 ans) et Torres (26 ans). Tous, dans quatre ans, au Brésil, seront au sommet de leur carrière et de leur niveau. Comme de nombreux néerlandais, sans doute, sauf Van Bronckhorst, dont la carrière s’est achevée par une finale perdue. Ce soir, Madrid est rouge, Barcelone est rouge, Bilbao est rouge, toute l’Espagne, si régionaliste et divisée, est rouge. Rouge de bonheur. Comme le Monde d’avoir un si beau lauréat. Et elle pourrait le rester un long moment.

mercredi 7 juillet 2010

Une finale chaude

Les Pays-Bas et l'Espagne se sont logiquement qualifiées pour une finale inédite.

Pays-Bas - Espagne en finale, dimanche, c’est tout un symbole. Celui d’un football offensif et technique. D'un football chaud, en somme, entre deux couleurs tout aussi chaude, l'Orange et le Rouge. C’est également une première. Normal, l’Espagne n’a jamais humé l’air d’une finale de coupe du Monde. Comme elle n’avait jamais respiré celui d’une demi-finale, ce qui ne l’a guère perturber. Et surtout, un nouveau vainqueur viendra s’ajouter, les Pays-Bas ayant cédé à deux reprises en finale (1974 contre l’Allemagne, 2-1 et 1978 contre l’Argentine, 3-1 a.p).
L’Uruguay aura fait un beau Mondial, largement au-delà de ses espérances. Mais après avoir porté le costume de l’invité surprise dans le dernier carré, elle aura légitimé sa présence. Certes, individuellement, elle est inférieure aux Orange. Mais une égalisation à 3-3 était réalisable. En tout cas, elle aura eu le don de donner cette impression. Car les Pays-Bas ne sont pas impressionnants. Défensivement, c’est fébrile. Collectivement, c’est friable. En revanche, offensivement, c’est fulgurant. Les trois gros ego Sneijder, Van Persie et Robben sont aussi complémentaires sur le terrain qu’insupportables dans leurs attitudes. Mais Sneijder, match après match prend l’ampleur d’un ballon d’or. Du premier ballon d’or FIFA.

Puyol, hors-norme
Puyol qui marque sur un corner frappé par Xavi, voilà le symbole d’une Roja qui déteint vraiment vers le Blaugrana. Sept joueurs au coup d’envoi étant barcelonais. Et la titularisation de Pedro fut l’éclair de génie de Del Bosque, autant que de sortir Torres fut un éclair de lucidité. Celui qui était surnommé « Pedrito » il y a quelques mois encore a donné une vraie vitesse au jeu de son équipe. Juste, a-t-il oublié le rentrant Torres sur un deux contre un qui aurait définitivement plié le match (81e), comme Villa quelques minutes plus tôt fut repris et ne put servir Xavi (75e). Face à l’ultra possession et la nette domination espagnole, l’Allemagne semblait perdue, sans solutions. Kroos vit sa reprise repoussée par Casillas. Et puis c’est tout. Trop peu, surtout dans une demi-finale de coupe du Monde. Le souvenir de la finale de l'Euro 2008 revenait forcément, la physionomie du match s'y approchant. Et le score étant identique. L’absence de Müller a pesé, sans doute. Mais Ozil a déçu, comme en quart. Khedira a couru, beaucoup même, trop peut être. En face, les espagnols ont fait des passes et chercher à dribbler leur vis à vis, beaucoup même, trop peut être. Mais c’est agréable à regarder et à jouer à les observer. Xavi clame régulièrement qu’il préfère perdre en jouant bien que gagner en jouant mal. La Roja s’est qualifiée en jouant bien, et bien mieux que lors des tours précédents. Une certaine montée en puissance se dégage. L’inverse des Pays-Bas. A savoir s’ils leurs courbes vont se croiser dimanche ?

dimanche 4 juillet 2010

1, 2, 3, viva Europa

La Coupe du Monde est lancée. Et bien lancée même. Après 22 jours à ronronner, à offrir le pire, souvent, et le bon, parfois, les quarts de finale ont marqué le début. Si la technique ne s’est pas élevée de manière exceptionnelle, l’intensité et le suspense ont envahi les pelouses d’Afrique du Sud. Quatre rencontres pour quatre histoires différentes. Des histoires avec un h pas encore majeur, mais presque. Du retour des Pays-Bas, la vaillance de l’Uruguay, la démonstration de l’Allemagne et le mental de l’Espagne, les quatre rescapés de la quête d’un graal conquis jadis par deux d’entre eux (Uruguay et Allemagne) ont émerveillé.
Les Pays-Bas ne sont pas les plus talentueux. Ni de leur histoire, ni même du Mondial. Au petit trop en phase de groupe, en marchant en huitième de finales (Slovaquie, 2-1), leur première période ne marqua aucun sursaut de la machine orange. Le Brésil déroulait, menait et aurait même pu clore le quart. Seulement Stekelenburg a maintenu son équipe sur terre et Sneijder l’a envoyé au ciel par un centre dévié par Felipe Melo puis par une tête victorieuse sur un corner. Comme quoi, depuis 1998, la Seleçao n’a pas gommé cette anomalie. Sur la route à une première étoile, sans Van Der Wiel et De Jong se présentera, mardi, un invité surprise à la table du « Big Four » mondial.

Le Ghana à la porte de l'Histoire

L’Uruguay est en demi-finale, logique. Comme en 1930 (vainqueur), comme en 1950 (vainqueur), comme en 1970 (demi-finaliste) mais pas comme en 1990, le seul accroc à une logique historique, presque implacable. Rendez-vous en 2030, donc. Mais au-delà de l’histoire, la Celeste a su profiter d’un groupe sans tête d’affiche qu’elle a survolé, d’un tableau ouvert qu’elle a su bonifié et d’un joueur d’exception qu’elle a su cajoler. Diego Forlan est de ces joueurs qui transfigurent le visage d’une équipe. Sans lui, c’est une formation solide, de caractère et rugueuse. Avec lui, un brin de talent, de génie même, s’immisce. Son coup-franc face au Ghana est un régal et la parfaite expression de son importance. Le Ghana a eu des occasions, a même eu une offrande par la main volontaire de Suarez au bout de la prolongation pour entrer dans l’histoire de l’Afrique comme le premier pays du continent à atteindre les demi-finales. Ça s’est joué à une transversale éjectant le penalty de Gyan vers une séance de tir au but que Muslera, le gardien de la Celeste, aura gagné. Partant du bon côté sur toutes les frappes, il en détourna deux. Enorme et suffisant, surtout, pour donner raison à Suarez de s’être sacrifié, et privé de demi-finale voire de finale, en sortant de la main ce qui aurait été le but de la qualification ghanéenne dans le temps additionnel de la prolongation. L'Uruguay est la dernière barrière à une Europe revigorée, occupant 75% du tableau et si proche de décrocher une première coupe du Monde hors de son continent.

Espagne - Allemagne : spirales différentes

Des quatre sud-américains dandinant en quarts, le Paraguay aurait pu accompagner son voisin Uruguayen pour une doublette des plus singulière et historique. Cardozo eut la balle décisive face à Casillas sur un penalty, comme Valdez qui se vit refuser un but pour un hors-jeu inexistant. Trop face à l’Espagne. Même une Espagne chancelante depuis le début de la compétition. Surtout que Torres, sortie après sortie, montre des signes de ressemblance avec Anelka, l’arrogance et les insultes en moins. Point d’appui sans appui dans ses mouvements et créateur d’espaces sans profondeur dans ses appels, il ne pèse pas et oblige Villa à un exil à bâbord où il rame pour se créer des brèches. Comme au tour précédent (contre le Portugal, 1-0), la différence est venue par le pied droit de Villa, après la sortie de Torres. Pour sortir l’Allemagne, Del Bosque devra peut-être sacrifier le « niño » au profit de Pedro ou Silva, voire Fabregas. Même si avec un Xavi maitre à jouer et à bien jouer et un Iniesta éblouissant, les arguments des champions d’Europe en titre sont consistants. En revanche, Puyol possible absent, c’est peut-être un détail pour certains, mais en terre ibérique ça veut dire beaucoup. Pour contrôler Klose, Ozil et Muller son expérience, son sens du placement et du vice seraient déterminants.
Car l’Allemagne vole. Tous leurs matches semblent si faciles qu’il revient à se demander si l’Allemagne est si forte ou si l’Angleterre et l’Argentine étaient sur côtés. Des Argentins sans solutions. Défensivement dépassés et offensivement sans imagination. Le grand Diego est tombé de haut. A force de voir sa formation maitriser ses parties, l'image de Maradona sélectionneur de l'équipe championne du Monde était devenue réaliste. Mais Low au talent sur le terrain oh combien plus anecdotique est un entraîneur oh combien plus complet. La gifle est rude, sévère même. Mais l'Argentine avec Messi terminant son tournoi sans avoir inscrit le moindre but et qui, en perdant son rêve titre Mondial, a lâché son Ballon d’Or FF. A un Allemand peut-être.
En tout cas, le trophée reviendra à un champion du Monde. Il se trouve parmi une liste des favoris qui se rétréci à chaque tour (Xavi, Iniesta, Villa, Lahm, Müller, Schweinsteiger, Forlan, Sneijder, Robben), comme les prétendants à lever une coupe en Mondovision, le 11 juillet.

vendredi 18 juin 2010

Ou sont les favoris ?

Cette deuxième journée de phase de poules est étrange, comme ce Mondial hivernal dans son ensemble. Les grosses nations patinent, après le Brésil, l'Italie ou l'Espagne lors des premiers matches, c'est au tour de l'Angleterre et de l'Allemagne de coincer. Si le lieu commun veut qu’il vaille mieux être prêt à partir des huitièmes de finale, les faiblesses constatées inquiètent. La France n’y est vraiment pas, n’y revenons pas. En revanche l’Angleterre subjugue. Après avoir survolé les qualifications (neuf victoires en dix matches) plein de certitudes le peuple de la rose doute. Pourtant il a le sélectionneur, Fabio Capello, au talent reconnu et au palmarès garni. Il a les cadres Rooney, Lampard, Terry et Gerrard - tous décevants. Alors il n’a pas de gardien, ce n’est pas nouveau, mais à ce stade ce n’est pas rédhibitoire. C’est dans le jeu que le bas blesse. A tel point qu’une élimination au premier tour commence à prendre corps. Après les Etats-Unis (1-1), l’Algérie lui a posé des problèmes. Une Algérie solide, équilibrée et parfois joueuse. Tout ce jouera lors de la dernière journée. Peu probable vue la supposée supériorité de british qui devront battre la Slovénie pour éviter toute désillusion. Il conviendra de livrer une autre prestation. Pour l’Algérie, la qualification est aussi simple. Dominer les USA et viva l’Algérie. Des Américains renversants contre la Slovénie. Menés 2-0 ils sont revenus et auraient même pu l’emporter.
Autre favori en souffrance, l’Allemagne. Mais son cas est différent. Suite à une entrée en matière tonitruante contre l’Australie (4-0), le sort, en sa faveur, s’est retourné. Une expulsion sévère de Klose en première période, un but de Jovanovic quelques minutes plus tard. Une barre transversale de Khedira, un penalty de Podolski repoussé. Alors, certes la Serbie a glané son premier succès en coupe du Monde, mais l’Allemagne n’est pas en danger, pas encore. Seulement une nouvelle contre-performance face au Ghana pourrait être fatale. Et un jour sans collectif est toujours possible. C’est à ce cas de figure que les Allemands et les Anglais ne se sont pas protégés. L’Argentine si.
Mais dans l’histoire de la coupe du Monde les exemples de nations démarrant au petit trop pour finir la coupe entre les mains sont légions. Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.



Le lièvre et la tortue de Jean de La Fontaine :

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?

Autopsie d'une déroute

Le réveil fut difficile, la tête à l'envers, les membres du corps courbaturés. Mais la réalité est là. Comme en 2008, la France est en situation d'échec.

Sauf miracle la France ne reniflera pas l’enivrant parfum des matches à éliminations directes. Même si le revers face au Mexique renvoi presque directement les joueurs en vacances. En partant du principe qu’ils n’y sont pas depuis quelques semaines déjà. Comme toujours ou presque les Bleus oscillent entre le dernier carré ou une chute sur le carreau, des la phase de poule. La gifle administrée par le Mexique est d’autant plus douloureuse, marquante, que la façon intrigue plus que le résultat. En football, c’est bien connu ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Hier soir, le meilleur a gagné. Le meilleur en termes de combativité, de solidarité et même en termes de qualité intrinsèque.

1. Des joueurs consternants
Comment peut-on seulement imaginer que tous ces joueurs qui peuplent l’Équipe de France appartiennent à des grands clubs ? Car la première faillite est footballistique. Govou n’est pas au niveau, il l’a reconnu lui-même. Il n’est pas le premier à blâmer. Il a fait ce qu’il a pu. Soit rien, ou si peu. Gallas et Abidal sont des pales défenseurs axiaux, constamment battus de la tête par des joueurs à la taille moyenne comme Giovanni ou Franco, constamment pris de vitesse, incapable de s’aligner correctement pour jouer le hors-jeu. Evra harangue à l’envi ses coéquipiers, pleure lors de l’hymne national mais n’est qu’un piètre défenseur, régulièrement effacé avec facilité par ses vis-à-vis. Sur la faute d’Abidal sur Barrera ayant amené le penalty, il se fait passer avant de couper son effort. Un décalage entre les actes et les efforts consentis. Diaby, poussé par les cadres somme un élément essentiel, n’est qu’un novice en bleu et, lorsque le bateau tangue trop, il est un des premiers à tomber à l’eau. Les cadres justement. Les fameux révolutionnaires Ribéry et Anelka sont tout simplement honteux. Il n’est pas possible de se comporter ainsi avec le maillot de son pays sur les épaules. Anelka, et ce n’est pas nouveau, n’est pas patriote. Il ne veut pas payer ses impôts en France, n’est pas attaché à l’équipe de France. Mais qu’il reste à Londres. Jimmy Briand ou Kevin Gameiro auraient livré des matches oh combien plus digne. Il joue avant-centre, mais veut évoluer comme neuf et demi dans un schéma ou le poste n’existe pas ? Qu’il ne vienne vraiment pas. Comme Franck Ribéry. Après tous les problèmes sportifs (blessures à répétition) et extra sportifs (entendu dans une affaire de proxénétisme), la moindre des choses aurait été d’être discret. De jouer là où on lui demande avec qui on lui demande. Au lieu de cela, il pleurniche pour occuper le côté gauche - même dans l’axe il a constamment dévié vers la gauche -, il ne veut pas de Gourcuff qui selon lui n’est pas légitime. Alors oui, le Breton est bien élevé, réservé, intelligent, sait analyser le football, plaît à la gente féminine, tant de caractéristiques étrangères au joueur du Bayern.

2. Un sélectionneur affligeant
Raymond Domenech a fait des erreurs, il l’a (enfin) concédé après la déroute mexicaine, sans préciser lesquelles. La première fut certainement d’écouter les caïds du vestiaire. Il a sacrifié le seul Gourcuff après l’Uruguay. La logique aurait été d’écarter Govou, Anelka voire Ribéry dans le même temps. Mais Gourcuff est rejeté par une partie du groupe. Il pensait avoir réglé un problème. Il a perdu le peu de légitimité qu’il lui restait. Aimé Jacquet, pour le bien du groupe s’était passé de Cantona. Pour le bien du groupe Domenech s’est passé de Benzema et Nasri, qui n’auraient, sans doute, rien changé. Mais il fallait aller jusqu’au bout de la chasse aux ego. Il ne l’a pas fait. Et après une petite semaine idyllique à Tignes la guerre à redémarré de plus belle.
Le toujours sélectionneur pour quelques jours n’a jamais insufflé de ligne directrice en termes de jeu. Comme l’a expliqué Malouda, « les joueurs sont libres offensivement ». Et comme les coups de pieds arrêtés ça ne se travaille pas. Pourquoi organiser toutes ces séances à huis clos ? Car, et c’est sans doute le pire, Domenech a isolé son équipe du peuple français. Au lieu de donner du rêve contre l’amour que tant de personnes étaient prête à leur donner, il a vendu du secret. Comme si des enfants à La Réunion allaient répéter quel tactique il travaillait, alors que tous les journalistes sur place suivaient tout de même la mise en place, comme des agents du FBI, en haut d’arbres ou cachés dans des endroits improbables. Le Danemark ne va peut être pas passer le premier tout, mais au moins elle aura fait rêver la population locale en s’entraînant presque constamment devant le public. La France l’a fait, une fois, comme l’oblige le règlement de la FIFA. Quand à sa communication. Passons. Le chapitre est bien trop lourd.

3. Une Fédération d’amateurs
Jean-Pierre Escalettes vient du monde amateur, c’est un fait. Mais quelle terrible image donne-t-il de la base. En s’entêtant à garder Domenech, en sautant partout après la qualification honteuse face à l’Irlande alors que, même s’il s’obstine à dire qu’il n’a pas vu la main, des écrans sont installés dans la tribune présidentielle, en enchainant les déclarations contradictoires, en choisissant le futur sélectionneur seul, dès le mois de janvier et en rendant public son choix il a éblouit les Girondins mais surtout le football français et son image dans le monde de son incompétence. Quand à son bras droit, Noël Le Graet, sa saison parle pour lui. Le club qu’il préside, Guingamp, vient d’être relégué en national. Comme le football français dirigé par un homme qu’il a défendu avec hargne. Tous les pontes du conseil fédéral vont se cacher derrière l’obtention de l’Euro 2016. Mais Jacques Lambert en est le principal investigateur de ce succès, avec Platini certainement. Même Nicolas Sarkozy a plus de mérite qu’Escalettes et ses sous-fifres.

4. Un Mondial à finir et cap sur la suite
Il reste un match et une chance, même petite, de se qualifier pour un massacre face à l’Argentine en huitième de finale. Mais au moins il convient d’être digne, enfin. Alors Domenech pour son jubilé doit couper des têtes. Il n’en subira aucune conséquence et pourrait même faciliter le travail colossal de son successeur, Laurent Blanc. Il doit sortir de l’équipe Govou, Anelka et Ribéry. Et comme l'équipe des remplaçants bat régulièrement les titulaires lors des oppositions, le dommage ne s'annonce pas important. Il doit surtout offrir un dernier match en bleu correct à Thierry Henry. Ne pas le faire entrer face au Mexique en n’ayant effectué que deux changements et un manque cruel de savoir vivre, en plus d'un handicap sportif. En 2006 il avait sorti Zidane à deux minutes du terme du match contre la Corée du Sud. A ce moment, il s’agissait peut-être du dernier match de la carrière du meilleur joueur de l’histoire du football français. Au moins il peut éviter un pareil mépris à Henry. En lui redonnant, en prime, le brassard de capitaine. Car Henry n’est pas au sommet de son art. Mais il est le meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France (51 buts) et a toujours défendu le maillot bleu avec volonté. Ce qui est rare en cette triste période. Après si la qualification vient en surprise tant mieux et continuons avec les les joueurs à l'état d'esprit positif. Sinon, place au grand grand nettoyage pour Laurent Blanc qui devra exclure les ego encombrant, sous peine de vivre deux années dans le costume de Domenech.

jeudi 17 juin 2010

L’enterrement est proche

Les Bleus sont proches de l'élimination après un revers cinglant mais logique face au Mexique (2-0).

Et la France tomba. De pas bien haut certes. Mais la chute fut douloureuse, surtout quand on tombe sans la volonté de l'éviter dans un trou dont la profondeur s'accentue continuellement. Un trou qui n’attend que le caveau accompagnant des obsèques en catimini, à la fin d’un premier tour déjà désastreux. Comme à l’Euro 2008. Comme à la Coupe du Monde 2002. Le Mexique et l’Uruguay n’ont besoin que d’un point chacun pour se qualifier. Même un succès minimal de l’Uruguay obligerait la France à battre l’Afrique du Sud 4-0, sans Toulalan, suspendu après deux avertissements en autant de rencontres. Compliqué pour une équipe qui n’a marqué qu’une fois sur 563 minutes reparties en trois compétitions officielles.

Gourcuff victime

Domenech avait choisi une certaine continuité. La seule victime du médiocre France - Uruguay (0-0) étant Yoann Gourcuff. Le meneur de jeu Girondins payant à lui seul les décrochages continus d’Anelka, la passivité offensive de Govou et l’absence totale de sens collectif de Ribéry.
Govou n’est pas contester en interne. Normal, Ribéry, le nouveau petit caïd, autoproclamé roi d’un château hanté de tout talent et trop heureux que quelqu’un ai pris possession de ce satané côté droit qu’on lui confie depuis quatre ans, soit deux de trop, au moins, à son goût. Gourcuff, lui, est contesté. Ce n’est pas nouveau. Mais que Domenech le lâche, si. D’autant que la triplette inoffensive ayant survécu a continué dans le même registre.
Confier les clés du jeu à Ribéry ne change rien à son implication collective. Il joue pour lui et non pour l’équipe de France. Et lorsqu’il cherche un coéquipier, près d’une fois sur deux le ballon n’arrive pas (24 passes réussis sur 45). Même à la course il fut le plus lent sur le terrain à la vitesse de pointe. Domenech a juste craqué à la mi-temps face au manque criard de volonté d’Anelka de se comporter comme un avant-centre. Gignac l’a remplacé. Pas Henry. Et Gignac n’a rien changé. Pas plus que Valbuena qui a succédé à Govou sur l’aile droite. C’était après que Hernandez, à la limite du hors-jeu, ne se joue de Lloris, gardien abandonné par une défense à la dérive (0-1, 64e). Mais c’était avant qu’Abidal, ne tacle Barrera dans la surface, annihilant une action de but sans recevoir de carton rouge. Alors que Khune, le gardien sud-africain fut exclu 24 heures plus tôt dans des circonstances comparables. Forcément ce penalty renvoyait deux ans plus tôt, quand le même Abidal fauchait Toni et que Pirlo ouvrait la porte de sortie aux Bleus en trompant Coupet (0-2).

Comme en 2008

Le 17 juin 2008 fut la fin d'un désastreux Euro. Le 17 juin 2010 l'éclatante mais terrible confirmation que rien n'a changé. Aucun esprit d'équipe n'a émergé en deux années. Blanco, le vétéran mexicain connu pour son coup du crapeau lors du Mondial en France, après dix bon mètres d’élan trompa Lloris sur sa droite (79e). 2-0, logique. Et même clément car la France n'a même pas eu un petit sentiment de révolte.
Statistiquement, la France a eu le ballon (53%), a réussi davantage de passes (68% contre 66%), a eu plus de corners (sept contre un), mais n’a pas joué. Le jeu en mouvement, fait de passes courtes, était mexicain et les actions allaient avec. Comme les intentions quand Aguirre a fait entrer deux attaquants en seconde période, buteurs en plus, alors que la France n'en faisait que deux, postes pour postes. Comme un symbole, ce limpide succès est historique. Le premier de l'histoire de la Tricolor contre la France. Le match contre l'Afrique du Sud pourrait (va?) revetir un autre symbole : l'enterrement un brin précoce de l'ère Domenech en équipe de France et de quelques joueurs (Gallas, Henry, Anelka, Govou) avec lui, face à la nation contre qui l'aventure de 1998 avait débuté. Une si lointaine époque où la France gagnait et allait faire rever un peuple entier. Aujourd'hui la France du football n'est plus qu'un cadavre qui attend une dernière poussé, même infime, pour tomber à la renverse.



Le film du match :
9’ : Vela part dans le dos de Sagna pour ensuite frapper lourdement à l'entrée gauche de la surface. Son tir passe légèrement au-dessus de la transversale.
27’ : Belle parade de Lloris sur un nouveau tir de Salcido qui avait échappé à Sagna sur le côté gauche. La frappe en angle fermé du latéral mexicain est boxée par le portier lyonnais.
54’ : Malouda crochète Marquez pour s'ouvrir le chemin du but mais son tir flottant est bien détourné par Perez en corner.
64’ : Lancé dans le dos de la défense française et à la limite du hors-jeu, Hernandez dribble Lloris sur sa sortie et marque tranquillement dans le but vide. 1-0
79’ : Penalty sifflé en faveur du Mexique, Abidal accroche Barrera. Blanco transforme d'un tir précis sur la droite de Lloris pourtant parti du bon côté. 2-0

Réactions :
Raymond Domenech (L'équipe.fr)
«Aviez-vous senti venir cette défaite pendant la semaine ou bien tombez-vous de l'armoire ?
Je ne fais jamais de projection sur les possibilités, sur le résultat. Avec le staff, on essaie toujours de mettre les joueurs dans les meilleures conditions. Après, il y a ce qui se passe sur le terrain... Quand on perd un match avec l'équipe de France, on est toujours déçu. Quand on sait que la qualification ne dépend plus de nous directement, c'est encore plus décevant. C'est pour ça qu'on est triste ce soir.
Quelles chances de vous qualifier vous reste-il ?
Ça ne dépend pas de nous. A partir de là... C'est plus par orgueil et pour la fierté qu'on se doit de jouer ce dernier match. On se doit de montrer quelque chose.
Craignez-vous que l'Uruguay et le Mexique s'entendent pour faire un nul ?
Ce n'est pas mon problème, je n'en m'en préoccupe pas. Je ne fais pas de supputations sur ce qu'ils vont faire.
Comment votre équipe en est-elle arrivée à cette situation ?
Pour le moment, je n'ai pas d'explication à ça. J'ai un état d'esprit, une déception, une grosse tristesse. On a deux ou trois jours pour reprendre sur d'autres bases mais avant de reconstruire, il faut faire l'état des lieux. Il nous reste une infime chance. Il faut au moins la jouer. Pour le moment, la Coupe du monde n'est pas terminée. On ne fera les bilans qu'après.
A titre personnel, avez-vous quelque chose à vous reprochez ce soir ?
Certainement, oui.
Quoi ?
Ça m'appartient»

Javier Aguirre (sélectionneur du Mexique):
« Ça a été un match très équilibré, dans lequel le premier qui allait marquer devait gagner. Ça a été une victoire très difficile, très dure pour nous. Les Français nous ont pressés dès le début du match et la première période a été très difficile pour nous. Ça a été plus facile en deuxième période. Ça fait trois mois que nous sommes ensemble, l'équipe est bien rodée, et avec le potentiel offensif qui est le nôtre, on essaie toujours de bousculer l'adversaire. Il nous reste maintenant 90 minutes, contre l'Uruguay, pour atteindre notre premier objectif, la qualification pour les 8es de finale.»

Javier Hernandez (auteur du premier but du Mexique):
«Je suis surtout content de cette victoire, plus que pour mon but ou pour le titre de meilleur joueur du match. On voulait donner de la joie à notre pays ce soir. Mais cette victoire est un premier pas, il nous reste un long chemin à faire. Pour l'instant, on ne pense pas au match contre l'Uruguay, on veut profiter de cet instant». (AFP)

L'argentine vole

L’Argentine est en forme, c’est sur. Comme toujours ou presque elle est présente dès le début du tournoi. En plus, Messi est au sommet en équipe nationale. Enfin dises les critiques, mais pour un gamin (23 ans le 24 juin) son bilan de 47 sélections pour 13 buts est plus que correct. Et en ce début de Mondial, il ne brille pas directement mais fait briller les autres. Ces deux matches s’approchent de la perfection. Face à la Corée du Sud il a mis un désordre incessant et installé un danger permanent dans l’arrière garde coréenne. A ses cotés, Higuain a pris feu, légitimant la comparaison de Ronaldo entre les buts et le ketchup. Après un match terne devant le but face au Nigéria, il y est allé de son triplé. Le troisième joueur argentin a réalisé une pareille performance en Coupe du Monde a repris la main face à Milito. Ce dernier au rôle indispensable sur le banc puisque Maradona se tourne toujours vers lui, en premier, à chaque but inscrit par l’Argentine.
Pas encore qualifié mais proche du second tour tout de même, l’Albiceleste tient une partie de l’avenir du groupe B entre ses mains. Car seule une impasse argentine lors de la dernière journée laisse une chance crédible aux Grecs qui ont signé leur première victoire en Coupe du Monde face au Nigéria (2-1). Sinon la Corée aurait besoin d’un match nul face au Nigéria pour poursuivre. Des Nigérians qui sont toujours en course. Sa courte défaite face à l’Argentine pouvant être décisive si les trois équipes (Corée, Grèce et Nigéria) se trouvaient à égalité avec trois unités.

mercredi 16 juin 2010

Rouge de honte

L'Espagne a raté son entrée face à la Suisse contrairement au Chili contre le Honduras. Pour l'Afrique du Sud, la qualification pourrait devenir illusoire demain soir.

Honduras et Espagne, même combat. Le 21 juin, les deux sélections seront à la lutte pour marquer leurs premiers points et éviter une élimination totale ou partielle du Mondial.
L’Espagne est au point techniquement, tactiquement. Le jeu fait de passes multiples est toujours présent (593 passes contre 279 pour la Suisse). Celui la même qui leur a permis de ne perdre qu’un match en trois ans. Oui mais la vitesse, l’agressivité, la fraîcheur et peut-être même l’envie ne transpirent pas de la sélection de Vicente Del Bosque. Si jamais un champion d’Europe n’a jamais glané un titre mondial dans la foulée, il y a peut être des raisons. Et notamment mentale. Car cette équipe a tout gagné, chez les jeunes d’abord puis chez les grands. Et pis encore pour les Barcelonais. Champions d’Europe, d’Espagne, du Monde et même de Catalogne, l’appétit s’en trouve forcement restreint.
Le jeu a trop penché à gauche jusqu’à l’entrée de Navas. Silva venant régulièrement dans la zone d’Iniesta qui restait sur son aile. Alors la Suisse a marqué en contre sur sa première offensive par Gelson Fernandes grâce à une sortie hasardeuse du capitaine certainement un peu plus contesté encore, Iker Casillas, de quoi rendre les supporters stéphanois perplexes après sa saison en club. Et Derdiyok après un double crochet sur l’axe central espagnol trouva le poteau gauche de Casillas (74e). Alors, Xabi Alonso a touché la transversale (70e), Benaglio a multiplié les arrêts mais jamais l’Espagne n’a enflammé la rencontre. La Suisse, un peu comme certains adversaires du Barça, a proposé un bloc défensif bas, un pressing contrôlé et non sur tout terrain laissant la possession à la Roja avec 63 % pour huit frappes cadrées. Cette tactique nécessite de ne pas craquer rapidement, sans quoi la démonstration offensive des cracks Xavi, Iniesta, Villa devient totale et le fessée douloureuse. Ce revers est-il un simple accroc ou un France - Sénégal 2002 revisité ? Trop tôt pour se prononcer. En revanche, cette défaite surprise bouleverse les plans de la Roja. Fatigués avant même le début de la compétition, les cadres vont devoir lutter sur les deux autres matchs de groupe, quand un succès ouvrait en grand les portes d’une qualification dès le prochain match. Et surtout, le Brésil pourrait se profiler en huitième de finale, si l’Espagne finissait à la deuxième place de son groupe. D’autant que le Chili a disposé assez facilement du Honduras. Si la victoire est maigre, elle ne reflète que peu l’écart entre les deux sélections. Le Honduras s’est battu, a résisté mais n’a que peu inquiété un Chili supérieur et plaisant. Une des bonnes surprises de ce début de compétition.

L'Uruguay cartonne

Pour ce qui est de l’Afrique du Sud, le poids de l’histoire, une certaine honte à long terme même, se rapproche. Une élimination dès le premier tour pour le pays organisateur. Une première. Une entrée dans l’histoire. La mauvaise histoire, celle qu’au niveau sociétal et politique elle a trop longtemps occupée. Il aura fallu une heure pour que les Bafana Bafana sortent d’une torpeur douillette. D’autant que l’Uruguay en mode offensif avec trois attaquants ne ratait son rendez-vous décisif. Le vainqueur aurait un pied en huitième de finale. Tabarez le savait. En plaçant Forlan au cœur du jeu il s’était donné les moyens de craqueler la défense locale. Et c’est Forlan, comme un symbole qui ouvra la marque d’une frappe flottante. Mais alors que l’espoir renaissait à Pretoria, l’arbitre de la rencontre Massimo Bussacca installa la double peine au centre des polémiques. Une sanction contre Khune, le portier sud-africain. Et dire que certains pronostiquaient un arbitre « maison » pour les joueurs de Parreira. Penalty, rouge, sortie du meneur de jeu Pienaar et but de Forlan. En quelques secondes, c’est beaucoup et c’est surtout le moment où tout s’est arrêté. Le suspense, l’intensité et même les vuvuzelas se sont tues. Le but d’Alvaro Perreira au bout du temps additionnel, étant même de trop pour des Bafana sérieux mais trop limités. Dans le camp Français, ce résultat est plutôt positif. Un nul contre le Mexique et un succès face à l’Afrique du Sud et vive les huitièmes. Même un revers demain, si l’Uruguay et le Mexique ne ressortent pas RFA - Autriche de 1982 des cartons et le seul succès avec un écart important serait suffisant.

Tout doucement, la Grèce sombre

Le titre de plus faible équipe du Mondial revient, pour la moment, à la Grèce. Quand ça veut pas...

Tout le monde a joué un match dans cette coupe du Monde en Afrique du Sud. Un Mondial qui a débuté tout doucement, donnant l’envie de changer l’atmosphère, l’attitude. Après seize rencontres et vingt-cinq buts, si l’Allemagne en étrillant l’Australie (4-0) ou l’Argentine en étant sérieuse face au Nigéria (1-0) ont séduit, peu d’équipes ont impressionné. En revanche, la Coupe du Monde d’en bas est disputée. Si le poncif veut qu’il n’y ait plus de petites équipes, certaines ne sont pas très grande encore. Dans une liste non exhaustive se trouve la Nouvelle-Zélande, la Grèce, le Honduras, L’Algérie, la Corée du Nord, la France, non tout de même pas, encore du moins. Et l’oscar de la plus faible sélection, de la trompette de la compétition, bref le vuvuzela - comme tout le monde en parle, tout le temps, partout, et quand il n’est pas évoqué, il est sonorisé - est… la Grèce.
Un choix purement sportif. Si économiquement le pays est au bord du gouffre, le football vient comme un prolongement naturel et cruel à la fois. La génération championne d’Europe 2004 est toujours là. Et c’est bien le principal problème d’Otto Rehhagel, un sélectionneur en sursis, adoré jusque là, mais en passe de rejoindre Angela Merkel dans le clan des Allemands priés de ne pas se rendre à Athènes. Sans successeurs, les surprenant champions d’Europe sont en bout de course, donnant une piètre image de la sélection hellène. Lors de l’Euro 2008, déjà, la Grèce avait conclu la compétition avec trois défaites et une place honorifique de plus faible équipe pour un point de moins que la France.

Question de génération

Pendant que la Corée du Nord a offert une image courageuse, volontaire et rigoureuse contre le Brésil (2-1), que le Honduras a défendu avec détermination et chance face au Chili (1-0), que l’Algérie, inquiétante avant l’épreuve, a rassuré avant de craquer davantage nerveusement que "footballistiquement" face à la Slovénie (1-0) et que même la Nouvelle-Zélande a décroché son premier point en Coupe du Monde, avec veine certes, mais en ne lâchant pas face à la Slovaquie (1-1). Toutes ces sélections, à défaut d’être talentueuses, ont composé avec leurs moyens. Pour la Grèce c’est plus discutable. Car, comme l'a dit Bibie en 1985 "curieusement les aiguilles tournent, mais ce ne sont pas celles du temps qui passe, presque en silence quand on débute en scène. C'est pas vraiment la solitude, mais c'est la certitude d'un sentiment indépendant de son attitude". C'est une question de niveau, le championnat accueille de plus en plus d'étrangers effaçant le sentiment de progrès montré par le Panathinaikos en huitième de finale de l'Europa League en ayant sorti la Roma (6-4, sur les deux matches)ou l'Olympiakos en huitième de finale de la Champions League cette saison. Et comme les jeunes comme Ninis sont encore tendres.
Il leur reste deux parties devant le Nigéria puis l’Argentine pour faire tout simplement une autre histoire dans un(e coupe du) monde différent...

mardi 15 juin 2010

Brésil, entrée en douceur

Le Brésil prend la tête du groupe G mais sans convaincre. Sa première place sera difficile à aller chercher devant le Portugal et la Cote d'Ivoire qui se sont neutralisés. La Slovaquie a raté le coche face à la Nouvelle Zélande.

La seleçao a commencé son Mondial au petit trop, loin d’élever son coefficient de "spectacularité" jusqu’ici supposé faible. Après une première période proche de l’indécence où l’envie était clairement douteuse, le Brésil s’est repris et, en effectuant le service minimum, a décroché une victoire méritée. Comment aurait-il pu en être autrement ? La Corée du Nord est une nation aussi méconnue pour son football que pour son goût à la démocratie. Fermée sur elle-même durant la préparation, rendant le bunker de Knysna accueillant, la sélection menée par Kim Jong-hun a offert un visage courageux et parfois joueur. A l’image de leur star Jong Tae-se, en larme durant son hymne national, les nord-coréen n’ont rien lâché. La récompense que fut le but de Yun-nam suite à une belle action en fut le reflet. Proche d’un 32e de finale entre un club de Ligue 1 et un club de CFA 2, le résultat s’est soldé comme la majorité de ses matchs, comme un Marseille -Trélissac cette saison. Sans enthousiasmer le public, le gros, avec un sérieux minimum, s’est débarrassé du petit, parfois trop timide. Mais Kaka et Luis Fabiano ont déçu. Le meneur du Real avec 1 tir, aucun ballon récupéré et quatre centres, tous manqués, a confirmé son manque cruel de forme et certainement inquiété Dunga. Comme Luis Fabiano avec un tir non cadré, deux hors-jeu et huit passes réussies sur quinze. En revanche, Maicon dans la lignée de sa fin de saison a délivré son équipe par une frappe dans un angle fermé dont il a le secret (55e). Après une reprise décisive de 25 mètres avec l’Inter contre la Juventus (le 16 avril 2010, 1-0) il a une nouvelle fois démontré que sa place de latéral droit titulaire, poussant Dani Alves sur le banc, est méritée. Surtout il a mis fin à un doute naissant. Après 55 minutes de torpeur, le jeu brésilien s’est mis en place, à peu près. L’ouverture millimétrée et décisive de Robinho pour Elano laissée même craindre à un carnage à venir (2-0, 72e). Mais de carnage il n’y eut et la Corée à même pris un peu de hauteur en revenant puis en faisant douter quelques secondes supplémentaires le Brésil d’une entrée en matière épouvantable. Alors que l'équipe type était alignée comme le prouvait la numérotation de 1 à 11 des titulaires, au coeur d'une période où le numéro ne veut plus rien dire, c'est rafraîchissant. Rien que pour cela, merci Dunga.

La Côte d'Ivoire au niveau

La Côte d’Ivoire et la Portugal avant le coup d’envoi savait le malheur qui incomberait au vaincu. Alors entre prudence et crainte de l’adversaire, les deux formations se sont neutralisées. Un match de championnat entre deux équipes qui doutent mais dont le potentiel est là, en somme. Car ce premier tour est un mini championnat, vraiment mini où la moindre erreur est fatale. La Côte d’Ivoire sans Drogba au coup d’envoi et le Portugal avec Ronaldo - qui a touché un poteau -mais sans certitudes, appréhendaient ce début de tournoi. Les Ivoiriens démontrant une réelle maitrise tactique dans l’art de bien défendre, sans aucun affolement avec une ligne de 4 défenseurs avec Zokora - habituel milieu - dans l’axe et trois milieux récupérateurs, dont Eboué, plus habitué au poste de latéral voire milieu droit. Le Portugal n’a jamais trouvé le moyen de mettre en difficulté ce bloc se projetant vite vers l’avant. Même Cristiano Ronaldo n’a pas réellement pesé sur la partie, bien contrôlé par le bloc ivoirien.
Finalement, le vainqueur aux points pourrait être lusitanien, via le camarade lusitanophone et quintuple champion du Monde brésilien qui jouera sa qualification lors du prochain match face à la Côte d’Ivoire, avant certainement d’offrir du temps de jeu à son banc face au Portugal.
Enfin, est-ce la Slovaquie qui est extrêmement faible ou la Nouvelle-Zélande pas si nulle mais avec ce partage des points pour le match le moins enthousiasmant (sur le papier) de ce tournoi, l’Italie et le Paraguay dont le match a débouché sur un score identique hier soir - offrant une égalité parfaite au classement - sont (presque) en huitième de finale, avec le seul ordre encore à établir.